Alep: La ville de Paris envoie un convoi humanitaire


Samedi 17 Décembre 2016 - 10:58
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Paris - La ville de Paris a envoyé, jeudi, un convoi humanitaire à destination d'Alep en Syrie pour acheminer de l'aide médicale aux structures sanitaires existantes dans la ville assiégée par les forces du régime de Bachar al-Assad.


En coopération avec l'Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux (UOSSM), la mairie de Paris a mobilisé deux camions qui vont rejoindre le convoi humanitaire européen qui traversa l'ensemble du continent pour atteindre la deuxième grande ville de Syrie en passant par la Turquie.

La ville de Paris est en "soutien complet" aux associations qui œuvrent pour le bien-être des réfugiés syriens en Europe et les Syriens qui restent dans leur pays, mobilisant près d'un million d'euros pour ce convoi, a rappelé Anne Hidalgo, maire de Paris, dans son discours au parvis de l'Hôtel de Ville.

Face à la "situation inacceptable" à Alep qui laisse les citoyens du monde entier "émus" et "scandalisés", Hidalgo a plaidé pour un cessez-le-feu stable "qui doit permettre l'entrée des denrées alimentaires, mais aussi d'apporter des médicaments".

Chadi Homedan, médecin franco-syrien et membre de l'UOSSM, a rappelé de son côté que ce convoi n'est ni le premier ni le dernier à partir de la France. Le convoi, doté d'un double objectif, cherche non seulement à "apporter du soutien aux structures sanitaires existantes" mais reflète également le "sursaut" dans l'opinion publique européenne face à la situation de blocage dont sont victimes les 100 000 habitants d'Alep-Est.

"On aurait dû se réveiller plus tôt", a déploré pour sa part Sophia Aram, chroniqueuse chez France Inter, rappelant que le conflit perdure depuis plus de 5 ans en Syrie.

Zakaria Abdelkafi, photographe syrien et habitant d'Alep, est aussi intervenu aux côtés des élus locaux et des personnalités médiatiques pour rappeler que le régime syrien "interdisait et continue d'interdire l'accès de l'aide humanitaire".

Raphaël Glucksmann, essayiste français, a dénoncé de son côté, un "désastre politique et humanitaire" duquel la communauté internationale ne pourra pas "sortir indemne". "Nous ne pouvons pas assister à l'éradication d'un peuple en direct (...) Nous savons et nous laissons faire", a-t-il martelé, tout en lançant un appel aux candidats à l'élection présidentielle de 2017 en France à assister à la manifestation qui se tiendra lundi prochain à Paris, en soutien à Alep.

Yannick Jadot, député européen et candidat d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) à la Présidentielle, également présent sur le parvis de l'Hôtel de Ville, a, quant à lui, critiqué l'intervention russe en Syrie, tout en appelant les chefs d'Etat européens à prendre des mesures de sanction contre "l'oligarchie" du président russe Vladimir Poutine.

"On est tenté par la fatalité et la banalité de l'horreur et du mal. Mais il existe des moyens de pression pour faire cesser l'horreur", a soutenu Jadot, dénonçant la responsabilité "immense" de Poutine et la "complaisance" de certains hommes politiques français et internationaux vis-à-vis de ce dernier.

- "Nous souhaitons que la Turquie facilite l'entrée des camions"

S'exprimant à Anadolu à la suite du départ des camions du parvis, Homedan a dit espérer, au nom de l'UOSSM, que la Turquie, "qui exprime sa solidarité au peuple syrien depuis le début de la crise", "facilite l'entrée des camions et leur sortie vers la Syrie".

Annonçant que l'UOSSM dispose déjà des bureaux et coopère avec des douaniers en Turquie, Homedan a estimé que les camions pourraient atteindre la Syrie "dans les prochains jours".

- Les milices iraniens présents en Syrie "pour exercer une boucherie"

Les membres du Conseil national de la résistance iranienne, également présents à l'événement, ont appelé de leur côté la communauté internationale à "empêcher l'ingérence iranienne" en Syrie.

"Nous sommes là pour dénoncer l'ingérence et la participation criminelle du régime des mollahs en Iran dans le conflit syrien, tout particulièrement la présence des gardiens de la révolution, et des milices mercenaires de ces gardiens qui sont sous leur commandement", a déclaré Afchine Alavi, porte-parole du Conseil à Anadolu.

Ces milices sont "là précisément pour exercer une boucherie à Alep", a-t-il martelé,"C'est eux qui ont entravé notamment hier soir la sortie de la population après l'accord qui a été signé et font tout pour essayer d'empêcher qu'il y ait une solution à cette crise en Syrie".

En tant que résistance iranienne, le Conseil appelle l'ensemble de la communauté internationale à "empêcher et dénoncer cette ingérence et à barrer la route aux gardiens de la révolution et à leurs milices en Syrie", a renchéri Alavi.


           

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