Attentat Champs-Elysées: le parcours de l'assaillant au coeur de l'enquête


Vendredi 21 Avril 2017 - 15:20
AFP


L'enquête sur l'attentat des Champs-Elysées se concentrait vendredi, à l'avant-veille du premier tour de l'élection présidentielle, sur le parcours de l'assaillant dont trois proches étaient entendus en garde à vue.


Un policier a été tué jeudi soir dans la fusillade, portant à 239 le nombre de morts dans des attentats jihadistes en France depuis 2015. L'agresseur a ensuite été tué après avoir blessé deux autres policiers - dont un grièvement -, ainsi qu'une Allemande, a précisé une source policière.

François Hollande s'est rendu au chevet du policier le plus sérieusement atteint puis à la préfecture de police, après avoir présidé vendredi matin un Conseil de défense, promettant de sécuriser la présidentielle.

Plusieurs candidats ont annulé leurs déplacements prévus mais se sont exprimés sur le sujet. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a reproché au candidat de la droite François Fillon et à celle du Front national Marine Le Pen d'avoir choisi "l'outrance et la division", accusant notamment cette dernière de chercher à "exploiter sans vergogne la peur et l'émotion à des fins exclusivement politiciennes".

Le président américain Donald Trump a en tout cas estimé, dans un tweet, que l'attentat aurait "un gros effet sur l'élection présidentielle" car "le peuple français n'acceptera pas cela très longtemps".

- Relâché par la justice -

L'attaque, vers 21H00, a été aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui l'a attribuée au combattant "Abu Yussef le Belge".

Or, selon des sources proches de l'enquête, l'assaillant est un Français de 39 ans, Karim Cheurfi, qui faisait l'objet d'une enquête antiterroriste.

Cela pose donc la question de savoir si l'EI s'est trompé de nom. D'autant qu'un avis de recherche belge, visant un homme portant le même prénom que celui de la revendication du groupe jihadiste, a été transmis jeudi "aux services français". Cet homme s'est présenté vendredi matin dans un commissariat d'Anvers, selon le ministère français de l'Intérieur.

Karim Cheurfi, qui avait manifesté son intention de tuer des policiers, avait été arrêté le 23 février puis relâché le lendemain, la justice estimant ne pas disposer d'assez d'éléments, selon des sources proches de l'enquête.

Il avait déjà été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire notamment sur un policier en Seine-et-Marne.

Une perquisition a été menée jeudi soir à Chelles, dans ce département de région parisienne, au domicile de sa mère où vivait Karim Cheurfi, qui semble, selon les premiers éléments de l'enquête, avoir agi seul.

- 'Comme s'il venait de Mars'-

Salim, un ami de la famille, le décrit à l'AFP comme un type qui "a un grain" et "a passé une bonne partie de sa vie en prison". Pour un voisin, qui dit le connaître depuis vingt ans, "ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude étaient en décalage, comme s'il venait de Mars".

Jeudi, un mot manuscrit défendant "Daech", le groupe EI, a été retrouvé près de son corps. Karim Cheurfi était arrivé en voiture, où les enquêteurs ont retrouvé un fusil à pompe, deux gros couteaux et un Coran.

Le quartier a été bouclé et soigneusement ratissé par un fort déploiement policier.

Vendredi matin, sur les Champs-Elysées, avenue très touristique de la capitale, l'anxiété restait palpable. "On n'est en sécurité nulle part", remarque Delphine Sousa, 55 ans, qui travaille dans le quartier. "On est un peu effrayés. Mais le réceptionniste de l'hôtel nous a dit que tout allait bien, que tout était réglé", dit Yue Wu, une touriste chinoise de 24 ans.

La présidentielle se déroule sous le régime de l'état d'urgence, instauré après les attentats de novembre 2015. "Rien ne doit entraver" ce "rendez-vous démocratique", a déclaré M. Cazeneuve.

Les derniers attentats meurtriers en France remontent à l'été, à Nice (86 morts) et Saint-Etienne-du-Rouvray où un prêtre a été égorgé. Un policier et sa compagne ont été tués en juin en région parisienne, devenant le symbole des forces de l'ordre particulièrement visées par les jihadistes.

Un nouvel attentat a été déjoué mardi selon les autorités avec l'arrestation à Marseille de deux hommes soupçonnés de préparer "une action violente" en pleine période électorale.


           

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