Bourse carbone : ArcelorMittal, pollueur très bien payé


Mardi 26 Mai 2009 - 16:16
Rue89


Grâce à un lobbying efficace, le groupe dispose d'excédents de « droits à polluer » estimés à 1,2 milliard d'euros.


Bourse carbone : ArcelorMittal, pollueur très bien payé
C'est le monde à l'envers. Alors que les émissions de dioxyde de carbone d'ArcelorMittal sont en hausse depuis 2005, le système européen d'échange de quotas d'émissions, censé pénaliser les gros pollueurs, aurait rapporté plus de 1,2 milliard d'euros en cash et en titres au numéro un mondial de l'acier ces quatre dernières années.

A l'origine de ce hold-up environnemental qui carbonise le principe du « pollueur-payeur », il y a le lancement, le 1er janvier 2005, de l »ETS (Emission Trading Scheme), censée être l'« arme fatale » de Bruxelles pour endiguer le réchauffement climatique.

Avec ce système, les quelque 12 000 sites industriels (électricité, sidérurgie, ciment, papier, verre) responsables d'environ 40% des émissions totales des Vingt-Sept peuvent acheter et vendre des « droits à polluer », selon qu'ils dépassent ou non leur quota annuel d'émissions attribué par les pouvoirs publics.

L'idée centrale est que les entreprises qui peuvent réduire leurs émissions à bas coût le feront. Et vendront leurs permis excédentaires à celles pour lesquelles des coupes franches dans les émissions sont beaucoup plus onéreuses. La « main invisible » du marché se charge d'orchestrer le tout pour un maximum d'efficience. Voilà pour la théorie.

Grâce au lobbying, des multinationales ont des permis « en trop »

En pratique, le lobbying intensif de certaines multinationales, sur fond de menaces de délocalisation, leur a permis d'obtenir gratuitement des permis surnuméraires dont elles n'ont absolument pas besoin. Des permis qu'elles peuvent ensuite revendre sur le marché ou garder sous le coude pour polluer à l'il dans le futur.

Et à ce petit jeu d'influences, l'industrie sidérurgique -ArcelorMittal en tête- est championne d'Europe toutes catégories.

D'après les données récemment publiées par la Commission européenne, le numéro un mondial de l'acier a rejeté 64,7 millions de tonnes de CO2 dans l'Union européenne en 2008, alors qu'il a reçu des permis d'émission pour 85,3 millions de tonnes. Cet excédent de 20,5 millions de permis, ou 32%, fait du géant indien le premier bénéficiaire de l'ETS.

Dans le top 10 des sites industriels présentant les plus gros surplus, ArcelorMittal aligne pas ...


           

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