Bruxelles: le pire évité dans une "attaque terroriste" commise par un Marocain


Mercredi 21 Juin 2017 - 14:03
AFP


L'homme abattu mardi soir par des soldats dans une gare de Bruxelles était un Marocain de 36 ans, et le bagage qu'il a fait exploser contenait "des clous et des bonbonnes de gaz", qui auraient pu faire de nombreuse victimes, a annoncé le parquet fédéral belge.


"Cela aurait pu être bien pire", a déclaré un porte-parole du parquet mercredi, au lendemain de cet acte survenu en pleine vague d'attaques jihadistes ces derniers mois en Europe, en particulier au Royaume-Uni et en France.

Il y avait "au moins une dizaine de passagers" autour de lui quand il a essayé de faire exploser sa valise, a précisé le porte-parole.

Le parquet, qui a qualifié les faits de "tentative d'assassinat terroriste", a aussi donné des précisions sur l'identité de l'homme abattu après avoir déclenché une explosion et crié "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) en se précipitant sur un militaire.

"La personne a été identifiée comme O.Z.", a précisé le porte-parole du parquet. "Il est né en janvier 1981 et est de nationalité marocaine", a-t-il ajouté, soulignant qu'il n'était "pas connu pour des faits de terrorisme".

- Molenbeek -

Il a également indiqué qu'il était originaire de Molenbeek, commune populaire de l'agglomération bruxelloise, internationalement connue pour avoir hébergé plusieurs auteurs d'actes terroristes en Europe liés à l'organisation Etat islamique (EI).

Selon le parquet, son domicile "a fait l'objet d'une perquisition renforcée" dans cette commune, dont étaient originaires notamment l'organisateur présumé des attentats de Paris de novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud, et les frères Abdeslam, dont l'un, Brahim, s'est fait exploser à Paris.

"Un attentat terroriste a été évité à la Gare Centrale", a déclaré de son côté le Premier ministre Charles Michel, à l'issue d'un Conseil national de sécurité avec des représentants des services de sécurité du pays.

"Nous ne nous laissons pas intimider par les terroristes", a-t-il dit, confirmant que l'évaluation du niveau de la menace terroriste dans le pays demeurait inchangé, à 3 ("menace possible et vraisemblable") sur une échelle de 4,.

"Pour les événements qui supposent la présence de nombreuses personnes, nous allons prendre ds mesures complementaires", a-t-il toutefois ajouté, en réponse à une question de la presse sur un concert du groupe rock britannique Coldplay prévu mercredi soir à Bruxelles.

Le parquet a précisé le déroulé des faits survenus mardi soir dans la gare de Bruxelles-Central.

L'auteur avait d'abord provoquait une première "explosion partielle", ne faisant aucun blessé, et "sa valise a immédiatement pris feu". Il avait "alors abandonné son bagage en flammes et est descendu sur le quai à la poursuite d’un chef de gare".

"Entre-temps, le sac a explosé une deuxième fois de façon plus violente, il contenait des clous et des bonbonnes de gaz", a poursuivi le parquet.

Il a ensuite été abattu, après être remonté dans le hall, quand il "s'est précipité sur un militaire en criant +Allah Akbar+". "Le militaire a immédiatement ouvert le feu en touchant l’individu à plusieurs reprises" et l'individu, qui "ne portait pas de ceinture explosive", "est décédé sur place, des suites de ses blessures".

- Panique -

La gare où a eu lieu l'explosion est à nouveau desservie depuis mercredi matin vers 08h15 (06H15 GMT), ont indiqué les autorités belges.

Elle avait été bouclée mardi soir par les forces de l'ordre et évacuée, ce qui a provoqué un "réel mouvement de panique", selon un porte-parole d'Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge.

"Des gens traversaient des voies", a raconté le porte-parole. Tout le trafic ferroviaire a été interrompu. Des photos sur les réseaux sociaux ont montré une gerbe de feu de plusieurs mètres dans les couloirs de la gare, apparemment peu fréquentés.

Cet acte est intervenu au lendemain d'une attaque à Paris, où un islamiste avait tenté lundi après-midi de percuter avec sa voiture un fourgon de gendarmerie sur les Champs-Elysées, non loin de l'endroit où un policier avait été tué par un jihadiste il y a deux mois. Il est décédé dans l'accident qu'il a provoqué.

Le Royaume-Uni est également confronté à une vague d'attentats jihadistes, avec trois attaques en trois mois revendiquées par le groupe Etat Islamique, qui ont fait un total de 35 morts.

Bruxelles avait été touchée le 22 mars 2016 par des attentats revendiqués par l'EI. Des jihadistes s'étaient fait exploser dans le métro et à l'aéroport de Bruxelles, faisant 32 morts.

L'enquête avait montré qu'ils appartenaient à la même cellule que celle qui a frappé Paris le 13 novembre 2015, faisant 130 morts.


           

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