COP 23: Les pays africains veulent plus de fonds pour s’adapter aux changements climatiques


Mercredi 8 Novembre 2017 - 13:12
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Le rendez-vous de la Cop 23 sur le climat, 6-17 novembre à Bonn en Allemagne, était très attendu par les Etats les plus vulnérables et les plus exposés aux risques climatiques.


Les Etats africains, en particulier, s’y sont préparés par la tenue de plusieurs réunions à la mi-2017, afin de rapprocher les points de vue et pouvoir, surtout, avancer sur une urgente mise en œuvre de l’accord de Paris contre le réchauffement climatique, adopté le 12 décembre 2015. 

Ainsi, alors que l’Organisation météorologique mondiale a affirmé lundi à Bonn (Allemagne) que l'année 2017 devrait être la plus chaude jamais enregistrée, les négociateurs africains délégués à Bonn pour la 23ème conférence des parties de la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP23) ont convenu «d’arracher plus.», a indiqué à Anadolu le professeur Jean-Aubert Tshimalanga, membre du groupe des négociateurs du Continent. 

L’expert affirme que malgré un engagement des pays développés, la question des financements climatiques n’est toujours pas tranchée, surtout après le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris. 

L’Afrique, elle, envisage d'exiger «plus des gestes palpables dans les déblocages des fonds promis», selon l’expert, renseignant que sur «les 41 milliards de dollars» annuels promis par les Etats développés ou «pollueurs», les déblocages n’ont pas atteint 50 % des sommes attendues. 

- Plus de moyens sont nécessaires

Des pays moins avancés comme la RDC et le Gabon qui regorgent un des plus importants massifs forestiers du monde, se sont «laborieusement» partagés des montants variant entre 4 et 8 milliards de dollars», a-t-il ajouté. 

Ce financement «qui doit être revu à la hausse» vise selon lui, à aider les pays en «voie de développement» ou les «moins équipés» à s'orienter vers un modèle de développement sans énergies fossiles, en particulier le charbon, pour se protéger contre les impacts du réchauffement climatique, dont les sécheresses, les inondations et la hausse du niveau des eaux des océans. 

Lors de la COP22, les Etats africains avaient accepté de diminuer leurs contributions à la pollution atmosphérique en s'adaptant aux effets des changements climatiques.

Cette attitude était en solidarité avec la communauté internationale qui s'est fixée comme objectif de contenir la hausse du thermomètre mondial (en dessous 2°C) et de revoir à la hausse les engagements des pays, pour respecter cette limite préconisée par les scientifiques. 

«Il sera difficile pour l’Afrique de s’en sortir sans des moyens conséquents. La Cop doit hisser l’adoption de la feuille de route financière du climat», selon Tshimalanga. 

Car, en réalité, ce plaidoyer de l’Afrique «est un dédommagement des désastres pour lesquels le Continent n’a aucune responsabilité», a soulevé auprès d’Anadolu A. Ndiaye, un activiste environnemental sénégalais approché à Kinshasa. 

«S’attaquer au changement climatique, implique de sortir rapidement des énergies fossiles et intensifier un soutien aux pays pauvres affectés par les impacts», a-t-il estimé, affirmant que l'Afrique, est la principale victime du changement climatique. 


- L'Afrique est la plus touchée, bien qu'elle contribue le moins

Si les 54 pays d'Afrique contribuent faiblement (à moins de 5 %) aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, le Continent demeure très vulnérable face aux effets du changement climatique, selon le quotidien rwandais The New Times. 

Un rapport de Global Climate Risk Index 2017 affirme que l'Afrique a été la région «la plus touchée» par les épisodes climatiques extrêmes de ces dernières années. 

«Depuis 1996, les événements climatiques ont causé la mort de plus de 530 000 personnes, et occasionné plusieurs milliers de milliards de dollars de dégâts», souligne le rapport présentant le Mozambique, le Malawi, le Ghana et Madagascar parmi les 10 pays les plus affectés au Monde. 

Le Monde connaît un réchauffement d'une rapidité inédite, lié à une concentration du CO2 dans l'atmosphère, sans précédent depuis près d’un million d’années. 

Lors de la COP 22 à Marakech au Maroc, l’Afrique espérait obtenir plus d’argent pour financer des projets d’adaptation comme des constructions de digues, la protection des logements. 

Cependant, non seulement «peu de promesses ont été faites, elles n’ont pas été tenues», selon l’activiste A. Ndiaye qui avait pris part à ces accises. 

Selon les experts, les pays de l’Afrique subsaharienne vont soumettre un plaidoyer sur les financements de plusieurs projets, dont celui de l’assainissement de grandes villes qui croulent sur des très chères ordures. 

À l'occasion de la COP23, le Maroc réputé pour «ses solutions» dans la lutte contre les changements climatiques cèdera la présidence aux îles Fidji. 

COP23 rassemblera jusqu’au 17 novembre des dizaines de milliers de participants, dont près de 200 chefs d’Etats ou délégués, des activistes, scientifiques et des chefs d’entreprises industrielles.

C'est l'un des rendez-vous planétaires les plus importants.


           

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