Ce que les Américains pensent des musulmans

CGNews - Dalia Mogahed
Mardi 9 Février 2010 - 13:15


Washington – La réussite de l’initiative d’ouverture tous azimuts du président Barack Obama, qu’il avait lancée le jour de son investiture en appelant à une nouvelle démarche à l’égard des musulmans, dépendra en grande partie des Américains, de leur désir d’ouverture envers les communautés musulmanes. Si changement il y a, il dépendra avant tout de l’état d’esprit du peuple américain. Il faut donc à tout prix comprendre comment les Américains voient les musulmans et l’islam.


Ce que les Américains pensent des musulmans
Au fait, les Américains, que savent-ils de l’islam et des musulmans ? Quelles sont les caractéristiques qui définissent le musulman aux yeux de l’Américain moyen ? Plus important encore, quels sont les aspects qui vont faire pencher la balance vers le préjugé ou vers la tolérance ?

Une étude publiée la semaine dernière par le Gallup Center for Islamic Studies permet d’y voir plus clair. Voici ce que nous avons découvert en interrogeant mille Américains représentatifs sur leur perception de plusieurs communautés confessionnelles et en procédant à une analyse de fond de leur perception des musulmans et de l’islam.

Selon cette enquête, les Américains admettent en général qu’ils ont plus de préjugés envers les musulmans qu’envers toute autre communauté religieuse. 43 % admettent éprouver au moins quelque préjugé envers les musulmans. Deux fois plus qu’envers les juifs, les bouddhistes ou les chrétiens.

Nous avons aussi découvert que l’anti-sémitisme, plus que tout autre facteur pris en considération dans l’étude, est annonciateur d’islamophobie. De toutes les variables analysées — âge, éducation, perception — le facteur le plus étroitement corrélé à l’islamophobie n’est ni le niveau d’instruction, ni la connaissance personnelle d’un musulman, ni même l’opinion personnelle qu’on a de l’islam —c’est l’anti-sémitisme. Ce résultat suggère qu’anti-sémitisme et islamophobie sont des phénomènes frères. Les organisations qui combattent ces maux sociaux doivent donc collaborer plus étroitement, dans la mesure où elles partagent un objectif commun.

L’assiduité à l’église réduit de moitié l’intolérance des Américains à l’égard des musulmans. Plus un Américain est pratiquant moins il exprimera de sentiments antimusulmans.

Le sondage révèle aussi que le préjugé (ou l’absence de préjugé) est plus étroitement associé à l’opinion qu’on se fait de l’islam qu’à la connaissance personnelle d’un musulman. Si la personne interrogée n’a jamais rencontré de musulman personnellement, elle aura plus tendance à exprimer des préjugés extrêmes contre cette collectivité. Plus surprenant, peut-être, ce n’est pas parce que la personne interrogée connaît un musulman qu’elle en exprimera moins de préjugé.

On peut en conclure que la connaissance personnelle d’un musulman peut atténuer le préjugé extrême, mais ne suffit pas à l’éliminer.

Notre enquête nous dit également que l’idée que se font les Américains de ce que pensent les musulmans est parfois radicalement différente ce que les musulmans pensent vraiment. Huit Américains sur dix environ (81 %) sont convaincus que la plupart des musulmans n’attachent pas de valeur à l’égalité des sexes. Pourtant, selon les recherches effectuées par l’Institut Gallup dans des sociétés à majorité musulmane dans le monde entier, la majorité des musulmans, y compris 85 % des Saoudiens et 89 % des Iraniens estiment en fait que la loi doit reconnaître les mêmes droits aux hommes et aux femmes.

Les résultats ne sont pas très encourageants. Mais ils témoignent que l’opinion que se font les Américains des musulmans et de l’islam a progressé en gros depuis deux ans. En outre, sept Américains sur dix environ estiment qu’un rapprochement entre les deux communautés serait plus bénéfique que négatif. La majorité des Egyptiens, des Saoudiens et des Indonésiens partagent cette opinion. Dans l’ensemble, les musulmans apprécient de plus en plus les Etats-Unis et leurs dirigeants.

Finalement, cette étude prouve que les perceptions ne sont pas immuables, ce qui est encourageant. Encore faut-il éduquer l’opinion en matière de réalités musulmanes. Ainsi, les Américains qui croient que la plupart des musulmans sont en faveur de l’égalité sont deux fois moins enclins à ressentir un préjugé. Ils font donc faire comprendre à l’opinion que la plupart des musulmans de tous les pays sont en faveur de l’égalité. L’enquête nous montre aussi que les préjugés ne sont pas l’apanage d’un seul groupe social, ce qui semble militer en faveur d’un rapprochement interconfessionnel.

Pour la plupart, tant les Américains que les musulmans de la planète préfèrent le rapprochement à l’isolement. Ce travail doit commencer chez nous, c’est à nous de mieux analyser nos propres perceptions.

* Dalia Mogahed est Directeur exécutif du Gallup Center for Islamic Studies. Avec John Esposito, elle a cosigné Who Speaks for Islam? What a Billion musulmans Really Think (Gallup 2008). Elle siège aussi au Conseil consultatif du Président sur les partenariats interconfessionnels et de quartiers. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews), paru d’abord dans le Jerusalem Post.


           


1.Posté par Malika le 18/02/2010 07:40
Vraiment ::::Je te felicite Monsieur Mouhyi Ladicani:::pour le bon choix des articles difusès,,,,,
Sincerment,,,Un très bon articles,,,il est très interrissent

Milles Bravo:

Malika

Nouveau commentaire :

Actus | Politique | Economie | Chroniques | Cultures | Société | Arts | Livres | Education | Médias | Science | Technologies | Divertissement | Sport | Hdhod


IOS
Anrdoid
Facebook
Twitter
Rss