Choléra au Yémen: les rebelles appellent à l'aide internationale


Lundi 15 Mai 2017 - 13:35
AFP


Les rebelles au Yémen ont déclaré l'état d'urgence face à une épidémie de choléra et appelé à la rescousse la communauté internationale qui est confrontée à la difficulté d'acheminer les secours dans ce pays en guerre.


Ces rebelles chiites qui contrôlent Sanaa, ont limité cet état à la capitale après la multiplication des cas et lancé plusieurs appels à une assistance internationale.

Les cas recensés dépassent les "moyennes habituelles" et le système de santé de la capitale est "incapable de contenir cette catastrophe", a déclaré le "ministère" de la Santé de l'administration des Houthis.

Ce département a lancé, dans un communiqué, un appel à l'aide auprès d'organismes internationaux pour contenir l'épidémie.

De son côté, le "ministre" de la Santé des rebelles Hafid ben Salem Mohammed, a assuré que "l'ampleur de la maladie dépasse les capacités" de ses services.

Dimanche, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a constaté que le choléra s'était répandu au Yémen, faisant état de 115 décès en deux semaines dans ce pays en guerre.

"Nous sommes maintenant confrontés à une grave crise de choléra", a averti devant la presse à Sanaa Dominik Stillhart, directeur des opérations du CICR.

Citant un bilan du "ministère" de la Santé, il a indiqué qu'entre le 27 avril et le 13 mai 115 personnes étaient mortes du choléra et plus de 8.500 cas suspects avaient été recensés dans 14 provinces du Yémen.

Amine Mohammed Jamaan, qui assume les fonctions de maire de Sanaa, a promis de faciliter le travail des organisations internationales qui viendraient aider à combattre le choléra.

"Les autorités de Sanaa fourniraient toutes les facilités, soutien et coopération à toute opération" d'aide, a-t-il souligné selon l'agence Saba.

- Au bord de la rupture -

La guerre au Yémen a dévasté les infrastructures de santé du pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, et aggravé les conditions générales d'hygiène des Yéménites.

Le directeur adjoint de l'hôpital Sabyne de Sanaa a décrit à l'AFP une situation catastrophique dans son établissement.

Entre 150 et 200 malades s'y présentent chaque jour avec des symptômes du choléra et "nombreux sont hospitalisés".

"On a mis quatre patients par lit, installé des lits dans des tentes et sous les arbres du jardin".

"Mais la pluie et le froid ont compliqué les choses", a-t-il raconté, faisant état d'une pénurie de médicaments et de cadre médical.

"Les cadres étrangers sont partis, les sudistes se sont enfuis et pour les autres les salaires ne sont pas versés", a-t-il expliqué.

Les opposants aux Houthis accusent toutefois les rebelles de dramatiser la situation pour obtenir la levée de l'embargo aérien imposé à l'aéroport de Sanaa et prévenir une attaque contre le port de Hodeida, principal point d'entrée des importations yéménites.

"Ils (les Houthis) ont provoqué cette crise sanitaire qu'ils veulent utiliser pour obtenir la levée de l'embargo sur l'aéroport de Sanaa et prévenir une opération militaire contre le port de Hodeïda", accuse Hussein Hanachi qui dirige un centre d'études à Aden.

La coalition arabe anti-rebelles dirigée par l'Arabie saoudite impose un embargo aérien à Sanaa et menace de prendre le port de Hodeida sur la mer Rouge en affirmant qu'ils sont utilisés pour introduire des armes iraniennes au profit des Houthis.

Des organismes de l'ONU ont averti qu'une opération contre le port de Hodeida aurait des effets dévastateurs sur le pays et aggraverait la crise humanitaire.

Environ 19 millions de personnes au Yémen, soit environ deux tiers de la population, ont un besoin urgent d'aide humanitaire, dont 17 millions souffrent de la faim, selon l'ONU.

La guerre oppose les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par une coalition militaire arabe, à des rebelles Houthis alliés aux partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

Selon l'OMS, les combats ont fait plus de 8.000 morts et plus de 44.500 blessés depuis mars 2015. Quelque 19 millions de personnes, soit 60% de la population, vivent en situation d'insécurité alimentaire, selon l'ONU.


           

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