Conflit du Sahara : L’Organisation des Nations Unies veut un sommet entre le Maroc et l’Algérie

Abdelhak Najib
Samedi 20 Avril 2013 - 10:45



Christopher Ross
Christopher Ross
Le conflit du Sahara vient de prendre un nouveau tournant avec le rapport du Secrétaire général des Nations Unies qui sera présenté devant le Conseil de sécurité le 22 avril 2013. Christopher Ross, l’émissaire onusien, appelle à un sommet entre le Maroc et l’Algérie pour accélérer le processus de paix.

A peine 24 heures après la présentation par Ban Ki-moon de son rapport sur le Sahara, son Envoyé personnel Christopher Ross, a déjà entamé une deuxième visite au Maroc, où il a été reçu à Fès, par le roi Mohammed VI, le 10 avril 2013. C’est dire l’urgence des mesures à prendre dans une configuration actuelle où le conflit du Sahara pose problème à toutes les grandes puissances, conscientes de l’impératif de mettre un terme aux dangers et aux risques liés à la pérennité d’un tel différend territorial.

Tous les observateurs s’accordent à dire que dans la forme comme sur le fond, la position de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a changé. Aujourd’hui, son Secrétaire général, Ban Ki-moon et son émissaire pour le Sahara, Christopher Ross, estiment que le conflit qui dure depuis plus de 37 ans oppose dans les faits Rabat et Alger. Ces deux pays qui n’arrivent pas à s’entendre depuis la naissance du  conflit en 1975, sont à la fois le problème et sa solution. Pour l’ONU, la mésentente et les rivalités entre les deux pays voisins plombent le processus de paix. En effet, aucun dialogue n’est possible entre les deux capitales, Rabat et Alger. Pour les Marocains, seule la proposition de l’autonomie est viable et constitue la base de toute négociation avec le Polisario et l’Algérie. Pour les Algériens, c’est l’autodétermination devant mener à l’indépendance qui est censée être la solution au conflit. Deux points de vue diamétralement opposés sans le moindre consensus ni compromis.  

Ouverture des frontières

C’est dans ce sens que pour Ban Ki-moon, la réouverture des frontières terrestres entre les deux pays voisins constitue un premier pas vers la résolution du conflit du Sahara. Depuis de nombreuses années, les deux pays se privent d’une réelle collaboration économique et sociale qui est à même de les aider à plus de développement. Pourtant, le seul domaine où les deux pays s’adonnent à une course effrénée demeure celui lié à l’armement.  Pour les Nations Unies, il est temps de mettre la défiance de côté et de se pencher mutuellement sur une approche logique et rationnelle, acceptée par les deux parties pour mettre fin aux dangers liés à la question du Sahara. En effet, ce conflit a franchi un nouveau cap sécuritaire suite à la guerre au Mali et à l’expansion des réseaux d’Al-Qaïda dans la région sahélienne.

Rencontre de haut niveau

Christopher Ross estime qu’une rencontre de haut niveau entre les Marocains et les Algériens est aujourd’hui inévitable. Elle est même vitale pour les deux pays. Et c’est à la lumière de ce sommet que les deux parties peuvent définir l’avenir de leurs relations tant sur les plans politique et diplomatique que dans les domaines économique, social et culturel. Pour l’émissaire onusien, seul un rapprochement effectif et profond à tous les niveaux entre le Maroc et l’Algérie est à même de baliser le terrain pour mettre fin à la situation intenable et désormais dangereuse des camps de Tindouf. Cela passe d’abord par l’ouverture des frontières terrestres et par la libre circulation des personnes dans un cadre sécurisé. Ensuite, la fin du conflit sera un gage pour plus de stabilité dans toute la région du Maghreb et du Sahel, bouleversée par le terrorisme et l’extension des milices d’Al-Qaïda. Christopher Ross a aussi précisé que le rapport qui sera présenté devant le Conseil de sécurité le 22 avril 2013 va démontrer le bien-fondé et surtout l’urgence d’agir pour sécuriser toute la région.  Pour Rabat, il ne fait aucun doute aujourd’hui que la solution au conflit est tributaire d’un échange fructueux avec Alger. Mais en Algérie, la position de l’armée  retarde cette échéance quitte à voir tout le sud algérien et marocain s’embraser et tomber dans les rets des réseaux terroristes. Le Secrétaire général de l’ONU, dans son rapport, a bien expliqué les dangers qui guettent les deux pays. C’est à eux aujourd’hui de définir les modalités d’un processus de paix effectif et réaliste, respectant la marocanité du Sahara dit occidental.

Abdelhak Najib
Journaliste


           

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