Coup de filet anti-jihad syrien dans plusieurs régions françaises


Lundi 15 Décembre 2014 - 16:49
AFP


Paris - Les services antiterroristes ont démantelé lundi une filière d'acheminement vers la Syrie de candidats au jihad, procédant à une dizaine d'interpellations, notamment dans la région de Toulouse, a-t-on appris de sources policières.


Coup de filet anti-jihad syrien dans plusieurs régions françaises
"Le démantèlement des filières jihadistes organisées est une priorité absolue des services de police, en parfaite coordination avec l’autorité judiciaire", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Il a souligné dans un communiqué "la détermination totale du gouvernement à lutter sans trêve ni pause contre le terrorisme".

Au total, selon lui, dix personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans une filière jihadiste qui organisait des départs vers la Syrie.

Les interpellations ont été conduites en Ile-de-France, en Haute-Normandie, en Aquitaine et en Midi-Pyrénées, par la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire française et des hommes du Raid (unité d'élite de la police) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI, services de renseignements), assistés d'autres forces de police.

A Toulouse, une source policière a précisé que quatre interpellations, trois hommes - dont deux frères - et une femme, avaient eu lieu à Toulouse et Graulhet (Tarn), une petite ville de 13.000 habitants à mi-distance entre Castres et Albi.

D'autres sources proches de l'enquête ont fait état d'une interpellation en Gironde, dans le secteur de Langon (50 km au sud-est de Bordeaux), d'une autre dans l'agglomération du Havre. Les Yvelines, en région parisienne, sont également mentionnées.

Selon une source judiciaire, l'opération a été menée dans le cadre d'une information judiciaire ouverte début décembre 2013, à l'initiative de la SDAT, mise sur la piste de cette filière après que des proches eurent signalé un possible départ en Syrie.

Le profil des personnes interpellées n'était pas encore connu lundi après-midi. Parmi elles, selon une source proche du dossier, figurent plusieurs jeunes nés à la fin des années 80 ou au début des années 90.

La police pense que des départs ont déjà été organisés et que plusieurs autres étaient en cours.

La France a été en 2014 confrontée à une explosion du nombre d'apprentis-jihadistes partant pour la Syrie et l'Irak, avec en corollaire l'angoissante question de leur retour et d'une éventuelle action terroriste sur son sol.

- Appel du jihad -

Le nombre de candidats au jihad syrien a bondi de plus de 80% depuis début janvier, selon de récentes déclarations de Bernard Cazeneuve.

Ils seraient actuellement près de 400 sur place, plus de 200 ont manifesté des velléités de départ et environ 120 sont déjà revenus, avec près de 200 en transit. Une cinquantaine de Français ou résidents en France seraient morts en Syrie.

Le procureur de Paris indiquait en novembre que plus de 1.100 Français étaient impliqués à des degrés divers dans les filières jihadistes.

Parmi eux, un visage a marqué le pays: celui de Maxime Hauchard, 22 ans, décrit par ses voisins du petit village normand de Basc-Roger-en-Roumois comme "un gentil garçon", "sans problème", qui est apparu, en novembre, dans les rangs des égorgeurs de soldats syriens fidèles au régime de Damas dans une sanglante vidéo.

Comme lui, ils sont des dizaines de convertis (20% du total) à avoir répondu à "l'appel du jihad", qui touche des jeunes gens mais aussi des adolescentes, des ruraux, des urbains, parfois des familles entières.

Malgré l'une des législations les plus répressives du monde, encore durcie en novembre avec la possibilité de confisquer son passeport à un suspect, la vague de départs continue.

Fin avril, dans le cadre d'un plan antijihad, un numéro vert (08.00.00.56.96) a été mis à la disposition des familles et des proches de jeunes radicalisés afin qu'ils puissent prévenir les services de police de leurs doutes, d'un départ ou d'un départ imminent.

Selon un bilan établi début novembre, 625 signalements "pertinents et avérés" avaient été recensés, ayant permis d'éviter, selon le ministre de l'Intérieur, 70 ou 80 départs pour la Syrie.

En tout, environ 3.000 personnes sont parties d'Europe pour mener le jihad en Syrie et en Irak, un chiffre également en forte hausse ces derniers mois, indiquait fin septembre le coordinateur européen pour la lutte antiterroriste.


           

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