Question : A côté de la quinzaine de paravents contemporains signés par des artistes marocains (Dounia Benamour, Sanae Sarghini Aida, Jacky M’Hammed Belhaj, Kenza Lahlou Amine, etc.) et choisis par le Syndicat marocain des arts plastiques, vous présentez une quarantaine du même genre relevant de votre collection particulière et regroupant de prestigieux noms de l'art européen tels Franco Costa, Etienne Hajdu, Calder, Roger Bezombes, Jilioli, etc. Qu'est-ce à dire et qu'est-ce qu'un paravent?
Daniel Couturier: Les gens prennent souvent un paravent pour un triptyque. Or c'est différent. Dans un paravent, chaque feuille est indépendante de l’autre, mais pourrait en être un prolongement. Posé par terre, on l'appréhende au niveau des yeux. Il peut être peint d'un seul côté ou des deux et offrir ainsi un double intérêt. Il peut devenir une toile utile, modifier les volumes, cacher la misère… C'est une toile-meuble, avec une partie décorative et une autre partie meuble. C'est pour cela qu'il est plus facile à vendre par rapport à un tableau proprement dit…
-Comment vous est venue l'idée de la collection de paravents?
A Angers, j'avais une galerie il y a quelque dix sept ans, aujourd’hui vendue. J’y avais montré une dizaine de paravents contemporains faits par des amis peintres assez connus nationalement, mais aussi par des artistes étrangers, gens en fin de carrière et qui ont abordé le paravent pour la première fois. Petit à petit, la collection s'est vue augmentée de nouveaux noms parmi eux des Marocains comme Raja Atlassi, Fatima Hajjaji, Housseine Maouhoub. Avec les temps, j'ai organisé des expositions à Angers dans des lieux historiques tels le Château de Monsoreau qui fait allusion au roman d’Alexandre Dumas père – la Dame de Monsoreau - , l'Abbaye de Bouchemain, le Château de Riveau. C'était dans les années 90. Il y a eu beaucoup d'écrits dans la presse à ce sujet, des couvertures télévisées, des rencontres, etc. La collection continuait de grossir et le point d'orgue ce fut l'exposition que j'avais montée à la grande piscine de Roubaix, à côté de Lille. Un excellent catalogue avait été édité à cet effet par le groupe Somogy, connu pour s'intéresser, en fait de publication, aux grands événements artistiques et culturels. Après ce coup d'éclat et la notoriété qui en a résulté, est venue une autre exposition non moins importante à la plus grande et la plus ancienne Bibliothèque Technique de Paris à Forney, dans le 1er arrondissement, exactement à l'Hôtel de Sens qui date du 16ème siècle.
Comment s'est opéré votre partenariat avec le Syndicat Marocain des arts plastiques?
Cela fait 18 mois que nous travaillons, Afif Bennani (secrétaire général du syndicat), Abdallah Yacoubi et moi au projet, aujourd'hui réalisé, d'une exposition de ma collection de paravents augmentée de celle que présente le syndicat, c'est-à-dire une quinzaine d'œuvres.
C'est l'artiste peintre Maouhoub susmentionné, que je connais depuis une dizaine d'années, qui est derrière l'idée d'une expo en partenariat avec le syndicat en question. Sur présentation du dossier de Afif Bennani, j'ai fait un papier sur son travail d'artiste, que je trouve fort appréciable, et c'est à partir de là que nous avons décidé d'organiser ensemble cette exposition-événement la première du genre au Maroc.