Droits de l'homme: Pyongyang sous le feu des critiques à l'ONU


Lundi 22 Décembre 2014 - 18:45
AFP


Nations unies (Etats-Unis) - La Corée du Nord doit s'attendre à être clouée au pilori lundi à l'ONU pour ses violations des droits de l'homme alors que Washington l'accuse déjà d'avoir monté une vaste opération de piratage informatique contre les Etats-Unis.


Droits de l'homme: Pyongyang sous le feu des critiques à l'ONU
Dix des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont réclamé la réunion de cette session spéciale du Conseil consacrée aux exactions commises par la dictature communiste, malgré des objections de la Russie et surtout de la Chine, alliée de Pyongyang.

La Corée du Nord fait déjà l'objet de sanctions internationales pour ses tirs de missiles balistiques et trois essais nucléaires mais c'est la première fois que le Conseil se réunit spécifiquement sur ce dossier.

Un rapport de l'ONU publié en février a confirmé une série d'atrocités "sans égal" en Corée du Nord: travail forcé, viols, exécutions sommaires. L'Assemblée générale de l'ONU a alors demandé au Conseil de saisir la Cour pénale internationale, afin de mettre Pyongyang en accusation pour crimes contre l'humanité.

Le Conseil ne prendra pas lundi de décision, ni de position commune et, selon des diplomates à l'ONU, Pékin mettrait de toute façon son veto à toute initiative de ce genre.

Le Conseil n'est pas non plus officiellement saisi des accusations de piratage informatique nord-coréen contre Sony Pictures, même si l'ambassadrice américaine Samantha Power et certains de ces collègues occidentaux pourraient y faire allusion.

"C'est certainement un élément pertinent dans le contexte général en Corée du Nord mais nous voulons nous concentrer sur les droits de l'homme", a souligné devant des journalistes l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant.

La cyber-attaque contre Sony, la plus grave jamais menée contre les Etats-Unis selon le FBI, a forcé le studio de cinéma à annuler la sortie en salles d'une comédie satirique sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un. La Corée du Nord nie formellement toute implication dans ce piratage.

Elle rejette aussi toute critique sur les droits de l'homme, a brandi comme à son habitude la menace de représailles et n'enverra pas de représentant à la réunion du Conseil.

Le président américain Barack Obama a cherché à calmer le jeu en parlant de "cyber-vandalisme", et non d'un acte de guerre. Tout au plus la Maison blanche envisage-t-elle de placer à nouveau la Corée du Nord sur la liste des Etats soutenant le terrorisme. "Notre réponse sera proportionnée", a souligné le président.

Pékin a réitéré lundi son opposition à "toute forme de cyberterrorisme" mais a refusé de se ranger derrière Washington pour condamner Pyongyang.

La Chine redoute l'effondrement d'un régime imprévisible et doté de l'arme atomique, même si elle se montre parfois irritée par ses frasques.

Pékin devrait s'efforcer de retarder le début de la réunion du Conseil, en vain puisque que les dix pays demandeurs ont la majorité, et défendre son allié.

Pékin et Moscou devraient en particulier faire valoir que c'est au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, qui siège à Genève, de s'occuper de ce dossier.

Pour Samatha Power en revanche, comme pour Londres et Paris notamment, par leur ampleur et leurs conséquences possibles, les exactions commises par Pyongyang "représentent une menace pour la paix et la sécurité internationales", domaine de compétence du Conseil de sécurité.


           

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