Du récurrent et stérile débat sur l’élargissement du rôle de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental : Une aberration juridique et opérationnelle

Ahmed Naji
Samedi 20 Avril 2013 - 11:55



Du récurrent et stérile débat sur l’élargissement du rôle de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental : Une aberration juridique et opérationnelle
Le débat, devenu récurrent, sur le rôle de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), est lassant puisque tout à fait stérile. Le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur le Sahara est pourtant tout à fait clair à ce sujet. Dans sa recommandation au Conseil de sécurité des Nations Unies pour la prorogation d’un an du mandat de la MINURSO, M. Ban Ki-moon détaille de manière explicite les raisons d’être de cette opération de maintien de la paix. La MINURSO serait « à la fois garante de la stabilité du cessez-le-feu et témoignage visible de l’engagement de la communauté internationale en faveur du règlement du conflit ».

Les choses étant évidentes sur le plan juridique, il est quand même intéressant de revenir sur ce faux débat portant sur l’élargissement du mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’Homme pour ce qu’il peut apporter comme éclaircissements sur l’état d’évolution de l’affaire du Sahara.

L’ensemble de la communauté internationale semble, d’abord, très préoccupé par l’émergence de la menace terroriste dans la sous-région du Sahara et du Sahel et de sa possible expansion vers l’Afrique du nord et les pays d’Europe. L’intérêt renouvelé pour la question du Sahara en découle de manière directe, sauf que les slogans du « politiquement correct » l’emportent sur l’analyse objective des faits.

Un feuilleton de la tragi-comédie qui se joue à l’est du mur de protection des provinces du sud du Maroc est  parfaitement relaté dans le rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur le Sahara, une source intéressante d’informations. Comme « les risques d’enlèvements restent extrêmement préoccupants » aux alentours des camps de Lahmada et même à l’intérieur, où ont été kidnappés trois travailleurs humanitaires, en octobre 2011, « en mai 2012, les autorités militaires du Front Polisario ont fait savoir qu’elles s’inquiétaient pour la sûreté du personnel de la MINURSO » ! Le sujet est malheureusement trop sérieux pour en rire. Et quelle a été la réaction de la MINURSO face à la menace ? « Des mesures de sécurité supplémentaires ont depuis été prises en collaboration avec les responsables du Front Polisario pour escorter les observateurs militaires et le personnel des organismes humanitaires » ! Cela se passe de tout commentaire.

La MINURSO, selon les chiffres officiels de l’Organisation des Nations Unies, arrêtés au 31 mars 2013, ce sont 482 personnes, dont 206 membres de la composante militaire, sur un total autorisé de 231. Une mission normalement de tout repos pour les soldats onusiens, le cessez-le-feu ne risquant pas d’être rompu de sitôt, le Maroc étant respectueux de la légalité internationale, au point de laisser parader les miliciens polisariens en zone démilitarisée, à Tifariti, sans tenter de les en chasser, alors que les polisariens n’ont tout simplement plus les capacités militaires de reprendre les armes, même s’ils en brandissent de plus en plus souvent la menace pour susciter l’intérêt de l’opinion publique internationale et éviter de sombrer dans les limbes de l’oubli. A l’ouest du mur de protection, donc, les membres de la MINURSO jouissent de tout le confort et la sécurité assurés par le Maroc dans ses provinces du sud. Ils y circulent comme ils veulent, quand ils veulent. A l’est, c’est plutôt la crainte de se faire enlever par un groupe jihadiste ayant des accointances dans les camps de Lahmada qui terrorise les membres de la MINURSO. Dans leurs déplacements, ils se font « escorter » par les miliciens même du Polisario.

Parler d’élargissement du mandat de la MINURSO à la surveillance des droits humains est une aberration, aussi bien juridique qu’opérationnelle. Aucun responsable onusien mandaté pour effectuer des visites dans les provinces du sud du Royaume n’a jamais été empêché de remplir sa mission par les autorités marocaines. Les organisations marocaines des droits humains sont tout aussi présentes qu’actives à travers tout le territoire des provinces du sud et les journalistes, aussi bien marocains qu’étrangers, y effectuent souvent des reportages. Les personnes ayant des contentieux avec les autorités peuvent librement ester en justice, ce qu’ils ne manquent pas de faire, d’ailleurs, comme dans tout Etat de droit. Bref, le Maroc n’a rien à cacher, mais en tant qu’Etat souverain, il n’a pas non plus à tolérer d’être placé sous la « surveillance » de quelque partie que ce soit, pour quelques raisons que ce soit.     

 Ahmed Naji
Journaliste


           

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