Du roman au film : à chacun sa grammaire et son vocabulaire


Paris - "Transposer un roman au cinéma, c'est partir de plusieurs centaines de pages pour arriver à un scénario de 100 pages, avec une grammaire et un vocabulaire tout à fait différents de ceux du livre", souligne Richard Berry qui adapte le roman de Morgan Sportès sur le Gang des barbares.


Du roman au film : à chacun sa grammaire et son vocabulaire
"Je ne sais pas encore quand sortira le film, j'espère pouvoir commencer le tournage en octobre, pour une sortie à la rentrée 2013", confie à l'AFP le comédien, réalisateur et co-scénariste de ce film avec l'auteur du roman "Tout, tout de suite" (Fayard), prix Interallié 2011.

Pour Morgan Sportès, "le film va encore élargir le public, même si le livre a déjà pas mal de lecteurs parmi les jeunes de banlieue", dit-il au Salon du livre de Paris qui organise des rencontres entre écrivains, scénaristes et réalisateurs ainsi qu'un marché des droits audiovisuels, une manne pour les éditeurs.

Dans ce roman-enquête, l'auteur offre une autopsie glaçante de l'odieux crime du Gang des barbares, en 2006. Le jeune Ilan, de milieu plutôt modeste, supposé riche par ses ravisseurs parce que juif, est enlevé, séquestré, torturé et assassiné par une bande d'une vingtaine de jeunes, menée par Youssouf Fofana.

"Tout le monde se souvient de ce fait divers atroce et de son dénouement, c'est pourquoi nous avons choisi de ne pas faire un récit linéaire, avec du suspense, mais de commencer par la fin, quand les bourreaux sont arrêtés", explique Richard Berry, qui avait déjà joué dans le premier film adapté d'un roman de Sportès, "L'Appât" de Bertrand Tavernier en 1995. L'auteur n'avait alors pas pris part au scénario.

Quant à la violence de "Tout, tout de suite", les deux co-scénaristes ont choisi de la suggérer par son récit pendant les interrogatoires.

"Les acteurs seront des non-professionnels et ce sera un film à petit budget, dans les 5 millions d'euros", précise Richard Berry.

Chair

On ne compte plus les romans ou bandes dessinées adaptés au cinéma, les dizaines de films sortant chaque mercredi en témoignent, comme la semaine prochaine, "Les adieux à la Reine" de Benoît Jacquot, adapté du roman de Chantal Thomas ou "Hunger Games" (Pocket Jeunesse), l'oeuvre de la nouvelle coqueluche des adolescents, Suzanne Collins, transposée à l'écran par Gary Ross.

Pour Jérôme Salle, qui adapte avec Julien Rappeneau le polar de Caryl Férey, "Zulu" (Gallimard), prix des lectrices de Elle 2009, après avoir porté "Largo Winch" à l'écran, "on se méfie des mots au cinéma. Un film, c'est raconter une histoire avec des images et la chair des acteurs".

Caryl Férey ne participe pas au scénario mais l'a lu et approuvé.

"Tout le travail du scénariste, c'est de savoir trancher dans le vif pour ne garder que les moments forts, faire des ellipses, sans trahir l'auteur", relève Jérôme Salle, également présent au Salon avec son co-scénariste.

L'histoire policière de "Zulu" se déroule dans l'Afrique du Sud post-apartheid. "Le tournage se déroulera cet été dans ce pays, avec des acteurs africains pour une sortie au printemps 2013. Le film sera en anglais", dit-il à l'AFP, ajoutant avoir déjà passé beaucoup de temps en Afrique du Sud pour "affiner les dialogues avec des consultants".

"La violence du livre est aussi atténuée dans le scénario. C'est un dosage subtil à évaluer quand on passe à la mise en scène. Il ne faut pas être complaisant avec la violence, ne pas la faire subir au spectateur", ajoute Julien Rappeneau, fils du réalisateur Jean-Paul Rappeneau.

Et tous sont d'accord : paradoxalement, faire l'adaptation d'un livre en collant trop au texte peut trahir l'essence même du roman. C'est la liberté de la réinterprétation.

Lundi 19 Mars 2012 - 14:01
AFP

           

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