Entre optimisme et pessimisme, Israéliens et Palestiniens se parlent à nouveau

CGNews - Hussein Ibish
Vendredi 1 Octobre 2010 - 16:40


Washington – Pour la première fois depuis près de dix ans,, les pourparlers entre Israéliens et Palestiniens ont repris, sous l’aile des Etats-Unis. Dans l’ensemble, ils ont été accueillis avec un excès de pessimisme par de nombreux observateurs. Mais le seul fait de la reprise est déjà une réussite pour le président Barack Obama et son gouvernement. En fait, il a fallu presque un an de diplomatie intensive pour les faire redémarrer.


Barack Obama
Barack Obama
De part et d’autre, Israéliens et Palestiniens ont manifesté leur satisfaction à l’issue de la première ronde d’entretiens à Washington. Du côté de la délégation palestinienne en particulier, le moral était nettement meilleur à l’issue des réunions. Après la deuxième série de rencontres, en Egypte, les fonctionnaires américains, mais aussi M. Obama, Hillary Clinton et l’envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient, George Mitchell, se sont tous exprimés avec optimisme.

Avant que les entretiens ne démarrent, les observateurs du Moyen-Orient comme de l’Occident avaient tendance à pointer du doigt les obstacles évidents : faiblesse du pouvoir politique de part et d’autre, forte opposition interne, confiance zéro entre les parties, blocage sur la question des colonies, sans parler d’une totale incompréhension sur les éléments clef du statut final, à commencer par les frontières, le droit de retour des réfugiés, Jérusalem et la sécurité. La principale pierre d’achoppement reste Jérusalem. Plusieurs ministres israéliens affirment que toute négociation sur le contrôle de Jérusalem est exclu, les Palestiniens excluant pour leur part toute solution qui ne leur donnerait pas une capitale à Jérusalem Est.

Tous ces obstacles seront très difficiles à surmonter, certes, mais il serait prématuré et contreproductif d’évacuer la négociation au prétexte qu’elle ne sert à rien ou qu’elle est vouée à l’échec, du simple fait que la conclusion d’un accord sera douloureuse et compliquée.

Pourquoi ce pessimisme ? C’est que les observateurs se sont souvent braqués exclusivement sur les obstacles, plutôt que de considérer les éléments positifs qui permettraient de parvenir à un accord. Pour d’autres, il ne s’agit pas tant de pessimisme que d’une opposition à un accord négocié sur la base de compromis solides : du côté israélien, des concessions à court terme sur des problèmes tels que le contrôle territorial de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et, côté palestinien, le renforcement des mesures de sécurité. Sur le long terme, les deux parties devront céder du terrain — Israël sur Jérusalem et les Palestiniens sur le droit de retour.

A l’inverse, un optimisme déplacé s’est imposé dans certains milieux à mesure que se déroulent les pourparlers, malgré une absence criante de résultats. La politique à grand spectacle déployée par la Maison Blanche a bien fait fléchir certains sceptiques notoires, à commencer par Aaron David Miller, un ancien de l’équipe de négociations américaine, atténuant leur « non » retentissant en un discret « peut-être ». A force de taper sur le clou, soutenu par les dirigeants israéliens et palestiniens affirmant en chœur qu’un accord est possible, le gouvernement de M. Obama paraît avoir rallié à son camp, fût-ce provisoirement, certains des ces cyniques.

De plus, si l’on voit que les Américains exercent bien une influence sur les parties, cela ne veut pas dire que celles-ci manifestent un enthousiasme délirant pour la négociation. L’assassinat par le Hamas de quatre colons à Hebron, à la veille de l’ouverture des pourparlers, n’a pas fait renoncer les Israéliens à la négociation, et les Palestiniens n’ont invoqué ni l’attaque de la flottille pour Gaza au mois de mai, ni le perpétuel affrontement sur les colonies, pour s’esquiver.

Le fait que les pourparlers continuent malgré ces difficultés considérables prouve qu’il existe bel et bien une volonté des négociateurs, une influence réelle des Etats-Unis et un refus d’Israël et des Palestiniens d’endosser la responsabilité d’un échec. Rien de tout cela ne fera changer d’avis qui que ce soit. Mais les pessimistes ne doivent pas oublier que, pour que les négociations aboutissent à un accord de paix, elles doivent forcément démarrer en mode mineur.


           

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