Espagne: Banco Popular vendue à Santander pour éviter la faillite


Mercredi 7 Juin 2017 - 13:07
AFP


Les autorités européennes ont annoncé mercredi la vente de la banque espagnole Banco Popular, au bord de la faillite, à sa compatriote Santander pour un euro, dans la première utilisation d'un mécanisme créé pour éviter la contagion des crises bancaires aux Etats.


Banco Popular, en plein naufrage boursier depuis la semaine dernière, a été jugée en état de "faillite ou de faillite probable" par la Banque centrale européenne (BCE), en accord avec l'article 18 du Mécanisme de résolution unique (MRU), a indiqué l'institution de Francfort dans un bref communiqué.

Il s'agit de la première décision de ce type pour la BCE, qui chapeaute ce mécanisme conçu pour une résolution ordonnée des défaillances des banques en affectant le moins possible le contribuable et l'économie réelle.

"La détérioration significative de la liquidité de la banque ces derniers jours a conduit à établir que l'entité aurait, dans un futur proche, été incapable de rembourser ses dettes ou d'honorer d'autres engagements à la date d'échéance", a expliqué la BCE.

Cette dernière a donc informé le Mécanisme de résolution unique (MRU), qui a adopté un plan "impliquant la vente" de Banco Popular à sa compatriote Santander, a poursuivi la banque centrale.

Pour sauver Banco Popular, plombée par les actifs toxiques immobiliers accumulés pendant la crise, un rachat par une entité plus grande semblait être l'option privilégiée par le patron de Banco Popular, Emilio Saracho. Les noms de Santander et BBVA étaient évoqués.

La crainte d'une faillite et l'absence d'offre ferme de rachat avaient fait plonger le titre Banco Popular ces derniers jours à la Bourse de Madrid: la banque a perdu la moitié de sa capitalisation boursière en une semaine et son action ne valait plus que 32 centimes d'euros à la clôture mardi soir.

Banco Santander, la première banque espagnole et l'une des premières de la zone euro, a expliqué dans un communiqué avoir été "sélectionnée" lors d'un appel d'offre lancé par les autorités européennes et espagnoles (le Fonds unique de résolution (FUR) et le Fonds public de restructuration bancaire espagnol (FROB). Pour Santander la reprise de Popular ouvre l'accès aux marché des PME.

Le MRU a pour sa part indiqué avoir transféré mercredi "toutes les actions et instruments de capital de Banco Popular vers Banco Santander", pour un euro. Cela signifie que la banque en souffrance "opérera dans des conditions normales de marché en tant que membre solvable et liquide du groupe Santander avec effet immédiat".

- Une opération sans "fonds publics" -

L'opération se fera "sans utilisation de fonds publics", a souligné le ministre de l'Economie Luis de Guindos, "et sans que se produise ainsi une éventuelle contagion entre risque souverain et bancaire, comme cela est arrivé par le passé".

L'Espagne est encore traumatisée par le souvenir du sauvetage européen en 2012 de son secteur bancaire, miné par la crise et l'explosion d'une bulle immobilière, à hauteur de 41 milliards d'euros.

Le pays avait alors frôlé un sauvetage national et la sortie de l'euro, et le prêt européen de 41 milliards d'euros avait été assorti de conditions macroéconomiques ne se limitant pas au seul secteur bancaire.

"La situation actuelle est très différente de celle de 2012, étant donné la bonne santé de l'ensemble du secteur financier et de l'économie espagnole en général", a souligné le ministre dans un communiqué.

La quatrième économie de la zone euro a enregistré en 2016 une croissance de 3,2% et devrait approcher les 3% en 2017. Le Fonds monétaire international (FMI) estimait fin 2016 que le système bancaire espagnol, assaini, était "sur le point de laisser derrière lui la majorité de l'héritage de la crise".

Septième banque espagnole par la capitalisation, Banco Popular avait refusé de recevoir de l'argent lors du sauvetage de 2012, préférant miser sur des augmentations de capital.

Mais elle n'a pas réussi à rentabiliser les milliers de biens immobiliers saisis pendant la crise à des particuliers ous de promoteurs incapables de rembourser leurs emprunts. Rien qu'en 2016, ces biens ont causé une perte nette de 3,5 milliards.

Son activité hors immobilier est néanmoins rentable. Avec le rachat de Popular, Banco Santander affirme devenir la banque "leader en crédits et dépôts" en Espagne, avec une part de marché de 25% sur les PME.


           

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