Face à une reprise molle, Hollande tente de booster l'investissement


Vendredi 3 Avril 2015 - 17:06
AFP


François Hollande a annoncé vendredi une série de mesures en faveurs de l'investissement, l'un des talons d'Achille de l'économie française, pour tenter de relancer la croissance et l'emploi, proclamant sa foi dans "l'avenir" industriel de la France.


Face à une reprise molle, Hollande tente de booster l'investissement
"L'industrie a un avenir en France", a lancé le chef de l'Etat, alors que l'exécutif tente de reprendre l'initiative sur le terrain économique après le revers cinglant subi par la gauche aux départementales.

François Hollande s'exprimait devant les salariés des Forges de Trie-Château, dans l'Oise, un site menacé de disparition en 2008 mais devenu selon lui un "exemple de redressement et de vitalité" depuis son rachat en 2013 par le groupe familial français Lebronze Alloys.

Si "certains" avaient pu imaginer une économie sans "capacité industrielle" - allusion à l'ancien PDG d'Alcatel, Serge Tchuruk, qui avait évoqué une France "sans usine" à la fin des années 90 -, François Hollande en est convaincu: "Il n'y a pas de vitalité" de l'économie française sans industrie.

Reste à conjurer les prévisions de l'Insee. Dans sa dernière note de conjoncture, publiée jeudi, l'institut prévoit une reprise au premier semestre 2015, mais insuffisante pour enrayer la hausse du chômage ou provoquer le "déclic" de l'investissement des entreprises, au point mort depuis sept années. Faute d'avoir restauré la confiance des entrepreneurs, les investissements resteront "atones" malgré un "net redressement" du taux de marge des entreprises, analyse-t-il.

D'où l'empressement du président, qui n'a pas l'intention d'"attendre la prochaine note de l'Insee" pour "stimuler" et "encourager" l'investissement, "clef" de voûte de la reprise.

- "Plus fort et plus vite" -

"La croissance repart et elle repart même significativement, on a des chiffres qui l'attestent, mais il faut aller beaucoup plus fort et beaucoup plus vite", a-t-il souligné.

François Hollande a ainsi multiplié les annonces d'initiatives en faveur de l'investissement.

En sa présence, l'ancien secrétaire général de l'Elysée devenu directeur général de la Caisse des Dépôts, Pierre-René Lemas, et plusieurs assureurs (Predica, Generali, AG2R La Mondiale) ont signé un accord visant à la création d'un fonds d'investissement dans le capital des PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire).

"Ce fonds, qui va représenter 500 millions d'euros, un demi-milliard, sera directement opérationnel dès le mois prochain", a assuré le chef de l'Etat, qui a également annoncé un mécanisme fiscal "exceptionnel" de soutien à l'investissement.

"Toutes les entreprises qui décideront d'accélérer leurs projets, d'aller plus vite pour investir, se verront accorder un dispositif fiscal qui améliorera leur trésorerie et la rentabilité de l'opération", a-t-il ajouté, précisant que ce dispositif "exceptionnel' est "applicable dès à présent".

Quant aux prêts de développement des entreprises de la Banque publique d'investissement (BPI), ils seront portés à 8 milliards d'euros.

Dernier point: les collectivités territoriales qui investissent bénéficieront d'un remboursement anticipé de la TVA.

Ces annonces seront suivies mercredi d'un nouveau train de mesures économiques présenté par le Premier ministre, Manuel Valls, dans la foulée d'un Conseil des ministres et d'un séminaire gouvernemental "exceptionnels".

François Hollande a par ailleurs évoqué la création d'un "compte personnel d'activité", véritable "capital des salariés" qu'ils pourraient garder "tout au long de (leur) vie professionnelle", sans toutefois l'annoncer formellement. Ce compte - droits à formations, compte pénibilité, compte épargne-temps et mutuelle - serait conservé par les salariés même s'ils changeaient d'entreprise ou de région.

Courtisés depuis la défaite de la majorité dimanche, les proches de Martine Aubry attendaient des signes sur ce point. Dans un texte préparatoire au Congrès du parti socialiste qui se tiendra début juin à Poitiers, l'ancienne ministre du Travail a réclamé la création d'une "sécurité sociale professionnelle", qui serait selon elle "la grande oeuvre sociale de ce quinquennat".

"Toute mesure qui va dans la relance de l'investissement accompagne la croissance", a approuvé Jean-François Pilliard (Medef), tandis que Laurent Berger (CFDT) a jugé "absolument nécessaire de relancer l'investissement en France".

Pour Jean-Claude Mailly (FO) cependant, le président aurait été mieux "inspiré" s'il avait consulté avant de "lancer comme ça des idées", tandis que Philippe Martinez (CGT) regrettait, à propos du "compte personnel d'activité", que l'on veuille "déjà passer à autre chose" alors que les mesures actuelles doivent encore faire leurs preuves.


           

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