France: Emmanuel Macron a-t-il réussi son oral dans l’Emission Politique ?


Samedi 8 Avril 2017 - 11:13
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Paris - Emmanuel Macron était l’invité, jeudi soir, de l’Emission Politique sur France 2, passage obligé des principaux candidats à la présidentielle du 23 avril.


Favori des sondages, le candidat d’En Marche de 39 ans s’est employé toute la soirée à contredire l’image de candidat du système et des banques qui lui colle à la peau, en précisant son programme et en prenant ses distances avec François Hollande. Une opération de « clarification » qui a convaincu 47% des Français, le meilleur score des cinq candidats, mais qui a montré ses limites à plusieurs reprises, notamment lors d’un échange avec le réalisateur François Ruffin. 

- Pour une intervention de la coalition internationale en Syrie 

Actualité oblige, c’est sur la Syrie qu’Emmanuel Macron a été interrogé en premier. Après l’attaque chimique présumée d’Idlib qui a fait des dizaines de morts, le candidat d’En Marche s’est déclaré favorable à une intervention militaire en Syrie pour sanctionner Bachar El Assad si les faits, à savoir l’utilisation de gaz contre les civils, sont « avérés ». Mais il n’ira pas seul, précise-t-il. L’opération devra être conduite « sous l’égide de l’ONU », sous condition que « la sortie indispensable» de Bachar-El Assad soit préparée en amont et discutée avec les partenaires, dont la Russie, même s’il ne partage pas « ses valeurs » : « Si une opération militaire n’est pas inscrite dans un calendrier politique ça ne mène à rien », a-t-il précisé, invoquant le dossier lybien. 

Des réponses qui n’ont pas convaincu les journalistes, qui lui ont reproché de « ménager la chèvre et le chou », relevant son tic de langage « en même temps ». Si le candidat s’est défendu d’entretenir le flou, estimant chercher à «refléter la complexité des sujets que l’on a à traiter » et ne pas être « réducteur ». Oui mais… S’il a jugé que le nucléaire avait un « avenir » en France, il veut cependant « une transition », être moins dépendant du nucléaire et développer les énergies renouvelables. Oui mais…Sur la construction de l’aéroport Notre Dame des Landes, il s’est dit pour le début des travaux, mais seulement après une période de médiation de six mois avec un médiateur pour faire évacuer la ZAD (zone à défendre). Oui mais…Sur le casting de son nouveau gouvernement, il a dit, en début d’émission, qu’il ne « gouvernera pas avec ceux qui ont gouverné », arguant que son mouvement n’était pas une entreprise de « recyclerie et de lessivage ». Néanmoins, en fin d’émission, il a concédé se réserver le droit de faire des exceptions pour « une ou deux individualités », sans se prononcer clairement sur des noms. 

- Le candidat des riches et du Cac 40 ? 

En tout cas, il n’a pas exclu l’hypothèse de nommer Jean-Yves le Drian, le ministre de la Défense de François Hollande. Concernant ce dernier, Emmanuel Macron a assuré « n’avoir jamais manqué de respect ni à l’homme, ni à la fonction» et ne pas avoir agi « en tireur couché » quand il a quitté le gouvernement à cause de « désaccords ». Il ne s’est toutefois pas gardé de lui adresser quelques tacles, comme lorsque François Ruffin lui a demandé s’il avait l’intention d’aller à la rencontre des salariés de l’usine Whirlpool, menacée de fermeture en 2018. « Une campagne n’est pas pour des propos d’estrade (…) Je vais faire quoi ? Aller sur un camion et dire qu’avec moi, ça ne fermera pas ? On sait très bien que ça ne marchera pas», lui a-t-il répondu. Une référence directe à François Hollande, qui en 2012, était monté sur un camion pour assurer son soutien aux salariés de Florange. Pareillement, invité à répondre su sa posture avec les médias, il a eu cette réflexion assassine : « Quand on est président, on n’est pas copain avec les journalistes », référence aux nombreux livres d’entretiens parus sur le président. 

Autre sujet sur lequel Emmanuel Macron a du se défendre : son programme économique. Après avoir justifié sa déclaration de patrimoine et imputé ses dépenses élevées à des travaux chez lui, il a assumé la mesure d’allègement fiscal pour la distribution d’action gratuites inscrite dans son programme pour être plus « attractifs » et défendu sa proposition de limiter l’ISF au patrimoine immobilier : « Si vous faites le choix de mettre tout votre argent dans le patrimoine immobilier : c’est un choix, je ne vous pénalise pas. Par contre si vous gagnez de l’argent et décidez de l’investir dans votre entreprise, dans l’entreprise d’un autre, dans une start-up, PME, chez un agriculteur, à ce moment-là c’est un argent que vous faites fructifier pour l’économie française et j’assume de le sortir de l’ISF », a-t-il déclaré. 
Face au journaliste et réalisateur du documentaire Merci Patrons ! François Ruffin, l’échange a été plus tendu, mais correct. Le journaliste lui a offert une carte d’Amiens pour dénoncer son silence face au sort des salariés de Whirlpool et trois chèques, deux pré-remplis pour rappeler les milliards versés chaque années aux entreprises avec le CICE et un en blanc, à l’attention des «cadeaux au CAC 40». « Je ne suis l’otage de personne et je ne sers personne » s’est défendu Emmanuel Macron, ajoutant : « Je ne suis pas contre le CAC40 (…) Je ne suis pas pour le favoriser mais pas non plus pour lui taper dessus comme on le fait à chaque campagne présidentielle. 

Dans un sondage publié en fin d’émission, 47% des personnes interrogées estiment avoir été convaincues par la prestation du candidat, et 51% l’imaginent capable de présider la France, soit le meilleur score des cinq candidats. Il était en effet le dernier à participer à l’émission, avant le premier tour qui arrive très bientôt. 


           

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