France/ Présidentielle: Le mouvement de Macron gagne du terrain après la victoire de Hamon


Jeudi 2 Février 2017 - 09:56
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Paris - Les ambitions présidentielles d'Emmanuel Macron gagnent du terrain chez les élus socialistes après la désignation de Benoît Hamon comme candidat du Parti socialiste (PS) à l'élection Présidentielle française suite à sa victoire à la primaire de la gauche face à l'ancien Premier ministre, Manuel Valls.


De nombreux députés socialistes, notamment proches de Valls, affirment, depuis dimanche, leur ralliement au mouvement "En Marche" de l'ancien ministre de l'Economie tandis que certains ministres, dont le Premier ministre Bernard Cazeneuve, n'hésitent pas à remettre en cause la capacité du député des Yvelines de rassembler les différentes fractions de gauche.

Parmi les soutiens de Valls, Alain Calmette, député du Cantal (PS), a été le premier à confirmer officiellement son engagement derrière Macron, par le biais d'un communiqué sur son site publié peu après l'annonce des résultats de la primaire.

"Pour moi qui ai vécu de près la stratégie de destruction systématique des frondeurs, soutenir le plus emblématique d’entre eux est au-dessus de mes forces. C’est donc en toute logique et en conscience que je m’engage dès ce soir derrière Emmanuel Macron", a-t-il écrit sur son site.

Marc Goua, député socialiste de Maine-et-Loire, a également confirmé, dans une interview au Courrier picard qu'il voterait Macron à la Présidentielle. "Aujourd’hui, il y a un clivage avec ceux qui pendant les cinq dernières années ont saboté ce mandat. Moi je n’étais pas toujours d’accord avec le gouvernement, mais par discipline j’ai voté toutes les lois. C’est un peu bizarre que les mêmes disent aujourd’hui qu’il faut se plier à la majorité. Je confirme que je vais voter Macron", a ainsi déclaré le député.

D'autres élus, comme Frédéric Cuvillier, député du Pas-de-Calais et ancien ministre des Transports, et Dominique Baert, député et maire de Wattrelos, ont fait part de leur côté leur sympathie envers l'ancien locataire de Bercy sans pour autant confirmer leur ralliement à "En Marche".

"Si on en choisit un, il faut être sûr, après, de pouvoir rassembler. Il faudra être à côté d’Emmanuel Macron pour éviter l’extrême-droite", a estimé Cuvillier sur Europe 1 tandis que Baert affirmait sa préférence pour son "cousin" Macron contre son "faux frère" Hamon, selon ses propos rapportés par La Voix du Nord.

Christophe Caresche et Gilles Savary, députés PS, ont, quant à eux, annoncé avoir recouru à leur "droit de retrait" de la candidature de Hamon, dans une tribune qu'ils ont publiée au Monde au nom du pôle des Réformateurs, "aile droite" des socialistes.

"Socialistes nous sommes, socialistes nous entendons rester. Mais comment le nier : à l’issue de cette primaire qui n’a rien résolu, nous sommes confrontés à un cas de conscience inédit : comment porter un projet présidentiel conçu comme l’antithèse d’une action de mandature que nous avons soutenue et dont nous revendiquons les avancées ?", se sont-ils interrogés.

Les députés ont également accusé Hamon d'avoir entrepris une "fausse route" sur le droit de travail, s'estimant exclus de son programme d'une "gauche radicalisée".

Les "réformateurs", dont Caresche et Savary font partie, rencontrent par ailleurs Macron ce mardi, pour un éventuel ralliement à son mouvement. Le député Philippe Doucet détaillait ainsi les enjeux de cette visite, lundi, sur RTL: "On se voit demain [mardi], on va en discuter, mais je pense que ça n’est pas si simple que ça. D’abord parce qu’on ne sait pas ce que pense Emmanuel Macron. Et puis par ailleurs, quand vous êtes un député socialiste élu par des électeurs socialistes avec des militants socialistes, vous avez aussi des comptes à rendre à vos propres militants et à vos propres électeurs"

L'hésitation sur la candidature de Hamon règne également du côté du gouvernement, avec certains ministres affichant de plus en plus leur soutien envers Macron. "On peut être socialiste et appeler à voter Macron", estimait ainsi Jean-Marie Le Guen, Secrétaire d'Etat chargé du développement et de la francophonie, dans son interview au Parisien.

"La candidature de Benoît Hamon est indiscutablement très clivante. A lui de faire des gestes. Veut-il être le candidat des socialistes ou être dans la concurrence à gauche de la gauche ?", s'interroge-t-il.

Marisol Touraine, ministre de la Santé, a plané le doute sur son soutien au candidat de son parti, rappelant, lors d'une interview sur RTL, la responsabilité de Hamon de "rassembler la gauche".

"Je ne me suis pas reconnue dans le programme de la primaire de Benoît Hamon, sinon je l’aurais soutenu", a encore tenu à souligner la ministre.

Le Premier ministre, qui a, par ailleurs, reçu Hamon, lundi, à Matignon, a insisté pour sa part, sur la nécessité d'"assumer le bilan du quinquennat de François Hollande", chose à laquelle s'oppose le député des Yvelines en tant qu'une figure principale des frondeurs.

La gauche "ne réussira pas sans assumer le bilan du quinquennat de François Hollande, dont nous avons toutes les raisons d’être fiers des progrès qu’il aura grandement contribué à rendre possibles", a ainsi averti Cazeneuve.

La rencontre entre Hamon et Hollande, prévue ce jeudi à l'Elysée, devrait clarifier davantage la candidature du parti socialiste à l'élection présidentielle ainsi que le positionnement de Hollande, qui s'est abstenu jusqu'ici de trancher entre les différents candidats à la primaire de la gauche et d'orienter la campagne de son parti. 


           

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