«Hassan II, mon oncle»

Hicham Ben Abdellah El Alaoui
Jeudi 6 Août 2009 - 00:38


Voilà dix années que le roi Hassan II, mon oncle, a quitté ce monde. Peut-être est-il possible, tout en gardant l’attachement affectif intact, et en se méfiant de la nostalgie, de brosser un tableau de l’homme et de son règne. Car si le premier a disparu, nous vivons depuis dix ans les suites du règne. Un retour raisonné sur celui-ci peut contribuer à mieux comprendre notre situation présente et ce que nous réserve le futur.


«Hassan II, mon oncle»
L’homme était singulier. Dès son plus jeune âge, il faisait preuve de caractère et d’indépendance. Il semblait avoir cette capacité d’apprendre, d’en garder et de rejeter, de trier avec une liberté d’esprit peu commune. Il avait aussi cette habitude bien connue de ruer dans les brancards. Une histoire assez répandue rapporte que le Dr Dubois Rocquebert, ami et confident de Sidi Mohammed Ben Youssef (future Mohammed V), aurait dit à propos du jeune Prince héritier : «Sire, nous l’avons instruit mais nous ne l’avons pas éduqué !» Non pas que le Prince fut mal élevé, il avait en fait absorbé les us et coutumes des élites du Palais et de la société (traditionnelle et coloniale) de l’époque, et de son propre peuple à travers une vie liée à celle de ses camarades, d’extractions variées. Il prenait également ses libertés avec les mœurs et protocoles quelque peu confinés d’une vieille cour, revus par les autorités “indigènes” et coloniales dans le sens d’une réforme subtile des traditions.

La passion du pouvoir. Par son caractère actif, son intelligence et son intuition des hommes et des femmes, il eut très tôt l’ascendant sur son entourage et ses camarades qui comptaient pourtant certaines personnalités brillantes, ainsi que d’autres qui l’étaient beaucoup moins, ou carrément  donnaient des signes de faiblesses humaines. Le jeune prince semble avoir eu, très tôt, un sens aigu de son statut et de sa vocation, et gare à ceux et celles qui auraient eu l’imprudence de se mettre en travers de sa route. Le père observait rigoureusement les manières et l’éthique des relations, et vivait dans le sens d’une certaine mesure entre la piété, la modération et les jouissances permises par la loi et le statut de sultan. Sa mère se chargea de la transmission des coutumes du Palais et des manières et règles d’une vie qui veille jalousement sur la différence, et dessine les exclusives sans ménagement pour les incartades de ceux qui se seraient laissé aller à les commettre. Et puis il y avait tous les autres : les talebs et les ouléma, les grands dignitaires musulmans dont les membres de la famille proche, les gouvernantes, les attaches, les grands dignitaires français du protectorat, les amis de la mère, les chambellans, les anciens esclaves, et les femmes importantes du harem. Il y avait l’apprentissage de la politique et des arts martiaux, le sport et la chasse qui formaient le caractère, le jugement, le reflexe et l’endurance. Et, bien sûr, les plaisirs dans lesquels s’exerçait une autre trempe, celle de la virilité et du privilège sur le commun des mortels… Le tout était porté par la tradition et la patiente volonté de Mohammed V. Le jeune Prince traversait ainsi des domaines différents et s’y faisait. Les études bordelaises achevaient l’ouverture à la culture technique et moderne et la cohésion du cercle des compagnons. Cela donnait un prince conservateur quant à l’ordre social, politique et esthétique, modernisateur dans la limite des privilèges hérités du passé et d’un pouvoir royal absolu. Dans ce cadre s’inscrivait le grand dessein d’un Maroc fort, grâce à l’infrastructure technique, bureaucratique et économique, mais surtout fort par la force de la monarchie et du monarque. Très jeune, celui qui deviendra le roi Hassan II développe la passion du pouvoir, et du pouvoir de transformer les hommes et les choses selon ses inclinations. Ceci, à la différence de Mohammed V qui tenait à une certaine distance et à des manières plus douces et consensuelles. Cette passion du pouvoir, alliée à une raison d’Etat sans merci, pouvait triompher de tout, y compris des passions amoureuses, marocaines et étrangères, qui monopolisèrent à divers moments le cœur du Prince. Elle pouvait aussi triompher de la fête nocturne dont il avait un goût plutôt immodéré, et sommer le Prince au travail. Avec le don de l’intelligence rapide et de l’intuition sûre, les décisions idoines pouvaient être prises rapidement. Cela, bien sûr, ne le mettait pas à l’abri des erreurs. Celles-ci arriveraient, et en nombre, à divers moments avant l’intronisation et après. Mais les deux qualités précitées favorisaient la décision adéquate et limitaient les dommages. On l’a vu, lors des deux coups d’état manqués et des ajustements à la suite des troubles sociaux graves qui ont marqué le règne. La passion du pouvoir et la raison d’Etat au goût du prince et du roi furent à l’origine de grandes tragédies: des répressions massives, des liquidations, de l’apprivoisement des élites par la violence, l’intimidation, la séduction, ainsi que la corruption et l’abaissement. Les personnels étaient réduits à la fonction et aux flagorneries de serviteurs obséquieux. Tout ce monde fut dressé a baiser les mains, les pieds et la terre que foulaient les souliers du monarque. Ce dressage prenait également certaines formes extrêmes d’humiliation: ainsi ce conseiller puissant qui fut interdit de palais, renvoyé en disgrâce, puis réhabilité au prix d’une apparition publique à la cour, vêtu d’un sac de jute (qui sert traditionnellement à transporter le sucre).
Il faut ajouter à ces expériences celle de l’exil avec toute la famille et quelques proches. Ce fut sans doute une période de souffrance et de mûrissement. Egalement de resserrement des liens et de connaissance approfondie des membres de la famille, les uns par les autres, vivant ensemble en permanence et pendant suffisamment longtemps. Madagascar permit aussi le contact avec un peuple africain, ces diversités ethniques et religieuses qui se trouvaient sous la même domination française que la mère patrie. Ce fut enfin, malgré la distance, un moment de forte communion avec les dirigeants du mouvement national dont Mehdi Ben Barka, l’ancien professeur de mathématiques tant admiré.

Un second père.
J’ai grandi à l’ombre de Hassan II, au sommet de son pouvoir. Il me traitait à l’égal de ses enfants, ceci bien qu’il marqua toujours et sans mystère l’étendue de ses pouvoirs vis-à-vis de mon père, son frère, et bien sûr de ses sœurs. Avec la disparition de mon père, le roi fut donc pour moi un second père, proche, attentif et affectueux. Il veilla à notre bien-être et à notre éducation. Jaloux de son pouvoir à l’extrême, cela n’avait diminué en rien son amour profond, mais quelque peu particulier, pour le Prince Moulay Abdallah. A la suite du décès de mon grand-père, le  vénéré roi Mohammed V, père de la Nation et héros de la libération de son peuple, l’homme qui assuma tous les pouvoirs était jeune et vigoureux. Il s’était assuré le commandement de l’armée et la loyauté de ses cadres, dont le capitaine Oufkir, et de bien d’autres, récupérés des armées française et espagnole. Il avait renoué des liens utiles avec les milieux politiques et économiques français. Il s’était assuré des rapports étroits avec certaines personnalités du parti de l’Istiqlal et des structures de l’ancienne Résistance. Et, dans la discrétion, il avait rassuré les réseaux des notabilités anciennes qui avaient servi le colonisateur. Il avait déjà, en tant que prince héritier, mené la répression sanglante contre les tribus soulevées du Rif, mit fin à la fronde Adi ou Bihi, et s’était ménagé la haute main sur les services secrets et la gendarmerie (bras fort pour le contrôle des campagnes). C’est ainsi qu’en quelques années, Hassan II a su atteindre sa vitesse de croisière, en construisant un système politique à sa mesure, mariant le discours religieux, la construction de coalitions politiques et l’élaboration juridique et institutionnelle par un recours aux compétences étrangères.
Il n’était pas facile d’échapper à la poigne de fer de mon oncle. J’en fis personnellement l’expérience à chacune des étapes importantes de ma vie. Par l’affection et la menace, par la séduction et la colère, par la surveillance et la poursuite, il tenta de garder, à chacune des épreuves, la haute main sur mon avenir. J’ai réussi en dépit de tout à tracer mon propre chemin et, de guerre lasse, il me laissa continuer mon chemin. J’ai réussi à conserver avec lui des rapports tantôt intimes, tantôt houleux, et toujours avec le respect et l’affection de part et d’autre qui n’ont pas cessé jusqu’à sa mort.
Hassan II fut un personnage hors du commun, un grand roi, à la fois doté de raison et emporté par la passion. Il ne reculait pas devant la violence tout en détestant son usage. C’était l’ultime recours, mais quand il le faisait, il passait souvent à l’extrême pour en faire un exemple. Il tirait sans doute satisfaction de représailles tout en expiant par des actes de compassion et de générosité à la mesure de sa grandeur. Il n’est pas, que je sache, un seul ami ayant eu besoin de son secours et qui ne lui fut pas accordé. Il faut sans doute aussi sortir du mythe d’une opposition angélique, et il serait grand temps de reconnaitre que celle-ci ne reculait pas devant des méthodes extrêmes et expéditives. Hassan II était aussi un fin comédien et un metteur en scène doué pour l’organisation du faste et de la puissance. C’était enfin un ami fidèle et attentionné dans son jardin secret, quand il donnait congé au Prince machiavélique porté par le feu shakespearien.

Dix ans après lui, que reste-t-il ? Des élites économiques et politiques émasculées, éduquées à l’obéissance mais tout de même formées à une certaine régularité. De longues années de services, d’affrontements et de passages à la limite ont appris à ces élites à se tenir. Mais elles ont aussi appris aux acteurs politiques la corruption, les faux-semblants et le cynisme. Cette classe politique a été mise à rude épreuve: les partis politiques ont dû ravaler leur superbe et leurs dirigeants accepter dans le silence et la trahison de soi la neutralisation de leurs dirigeants les plus décidés dont Ben Barka, symbole inouï et douloureux qui nous interpelle jusqu’à présent. Il va sans dire que bien des gens ont su pratiquer la résistance muette, la négociation et le courage raisonné. Ce fut le cas de Abderrahim Bouabid, Allal El Fassi, Abdallah Ibrahim, Aboubakr El Qadiri, Mohammed Aït Idder et d’autres comme Fkih Guennoun et Mokhtar Soussi pour ne citer que quelques exemples. Enfin, d’autres se sont épuisés dans une lutte à mort stérile ou des manigances qui ne craignaient pas les approches suspectes de chefs d’armée aveugles et violents. Ce fut le cas, par exemple, de Sheikh El Arab, assez tôt, et de Fkih El Basri et ses compagnons par la suite. La jeunesse militante à l’UNEM et en d’autres organisations fut systématiquement combattue, détruite ou mise sous les verrous. Elle n’était pas moins en porte-à-faux avec les secteurs les plus larges de la société, que ses haines socialisantes et tiers-mondistes… L’écoute de la société avait été déniée en faveur de concepts simplistes de la révolution. Malgré tout, l’héritage considérable de ces mouvements retrouvera sans doute un sens nouveau dans le futur. Et dans tous les cas, la survie d’une conscience opposée à l’autoritarisme, adossée aux inégalités et privilèges aussi exorbitants que non mérités, survit à tous ces sacrifices admirables.
Le monopole des pouvoirs et la coercition systématique ont laissé des séquelles indélébiles. L’opération de ratissage dans le Rif n’a pas encore été tirée au clair en détail. De même que les représailles des coups d’Etat des débuts des années 70, les exécutions sous les regards des caméras ou à l’écart de celles-ci, les morts mystérieuses de chefs importants des armées et des services, tout cela reste à élucider. De la même manière, la découverte de charniers n’épuise guère le nombre de morts et de blessés dans la répression des émeutes de 1965 et des années 80. Certes, les bagnes de Tazmamart, Agdz et Tamdakht ont été bien étudiés et leurs victimes identifiées, et l’on peut en dire autant du sort fait aux intellectuels et militants des gauches radicales “des années de plomb”. Le travail de l’IER a été sérieux et constitue un important pas en avant, sans égal dans les pays de la région. Il reste que le processus fut supervisé par la monarchie et par l’intermédiaire du très officiel Conseil consultatif des droits de l’homme. Cela a eu pour effet de circonscrire l’effort à l’intérieur d’une aire délimitée. Mais il faut dire qu’il était difficile de surmonter la contradiction de base, à savoir que l’on se trouve toujours dans une continuité de régime. Par contre, les recommandations de ladite instance n’ont pas été prises en compte par manque de volonté politique et de vision d’ensemble cohérente.

Un prestige indiscutable. Il reste des disparus dont le sort reste inconnu, à côté de celui de Ben Barka. Il reste aussi qu’aucune compensation matérielle ne saurait remplacer le face-à-face entre victimes et responsables et la reconnaissance des responsabilités au plus haut niveau. La réconciliation et l’effacement des séquelles ne peuvent être achevés autrement. De même qu’on a eu tendance à négliger la répression et les souffrances physiques et morales des militants qui se réclament de la réforme islamique, dont Abdesslam Yassine qui a enduré les geôles ordinaires et psychiatriques, et les atteintes les plus graves à son intégrité corporelle et morale. Enfin, au lieu d’une réconciliation avec le peuple des militants pour la démocratie et le changement, il y eut plutôt un certain accommodement avec des militants repentis. Chose qui relève de la liberté de ces militants. Cela a contribué néanmoins à la fermeture de la parenthèse de la “transition.  Aujourd’hui, tout le monde reconnaît les coûts sociaux et moraux de cette période de notre Histoire. Le coût le plus élevé est l’abandon par la jeunesse du terrain politique tel que le système l’a formaté. Cet abandon, qui se manifeste par l’indifférence vis-à-vis des élections par exemple, ne signifie pas pour autant dépolitisation. Il signifie plutôt une certaine maturité qui décèle dans ces jeux électoraux un champ affairiste plutôt qu’un moyen d’accès à la décision politique réelle. Certes, on s’est familiarisé avec ces mécanismes ; cela est  un gain en soi, de même que l’apprentissage des gestions communales et urbaines. En revanche, cela finit par décrédibiliser le politique. Déjà l’amorce décidée par Hassan II à la fin de sa vie ne cédait rien sur le fond des rouages de commande. Cependant, cette amorce fut perçue par la société dans son ensemble comme l’annonce d’un processus graduel de réaménagement du système politique, et également comme un arrêt de l’affrontement ancien entre monarchie et opposition. De ce fait, cette amorce souleva un immense enthousiasme. Mais il faut bien noter que d’autres champs ont sollicité l’effort intellectuel de Hassan II et sa pratique éprouvée en même temps que l’ouverture proprement politique. Ce fut le cas de la naissance de ce que l’on appelle communément aujourd’hui la presse indépendante. Ce fut le cas de la libéralisation économique qui venait bien sûr à la suite de ses anciennes convictions quant à l’efficacité du secteur privé.
Mais déjà avant la mort du roi, les réalistes notaient les limites de cette nouvelle remise du jeu à côté de l’élargissement indéniable des libertés et du renouveau de la société civile. De toute façon, un seuil a été franchi, compte tenu de l’arrivée sur le marché de générations nouvelles. Celles-ci investissaient des intelligences brillantes et ambitieuses dans les affaires et  l’immigration. La société avait changé de par la modernisation contrôlée qu’avaient opérées les bureaucraties et technostructures du régime. En fait, le système, à l’heure de l’Alternance, avait pu élargir ses réseaux de cooptation, tout en pratiquant l’exclusion de ceux et celles qui disputaient à la monarchie son contrôle trop exclusif de la vitesse et de l’étendue du changement. En tout état de cause, une donne nouvelle et incontournable était apparue: désormais, la jeunesse la plus dynamique évitait le système, voire l’ignorait de plus en plus pour entreprendre, émigrer, se lancer dans des réseaux de terreur ou dans des organisations de la réforme au nom de l’identité religieuse et culturelle. Le tout dans un paysage politique de partis qui se délitaient, et de mouvements dont la modernité était peu crédible, face à quelques organisations des droits de l’homme et du travail social solides et bien structurées.
Malgré tout, et jusqu’à la fin de son règne, Hassan II avait conservé un prestige indiscutable, le respect de ses amis et de ses adversaires, et une visibilité internationale que ses talents d’homme d’Etat avaient su gagner. C’était bien sûr aussi une visibilité pour le Maroc et les Marocains que ces derniers savaient apprécier. Ceci bien qu’il nous ait laissé avec une question du Sahara qui perdure à cause d’une compétition régionale et des erreurs de gestion commises par l’administration et la diplomatie marocaines. A cela vient s’ajouter un manque d’imagination politique de part et d’autre.
Dix ans après sa disparition, même les adversaires de Hassan II reconnaissent la place qu’il avait donnée à lui-même d’abord, et à son pays par association. Cette reconnaissance pouvait être constatée également à la fascination qu’il exerçait sur les chefs d’Etat, les hommes de lettres et les artistes étrangers. On savait toujours d’une certaine manière où ce bateau qu’est le Maroc allait accoster à chaque fois avant de reprendre sa navigation. A ce gouvernail assuré de Hassan II sur le plan international répondait au plan intérieur le sentiment d’un ancrage et d’un pays conduit par un chef qui savait se faire écouter par l’autorité mais aussi par l’éloquence, la persuasion et l’esprit de décision. Hassan II savait mettre en oeuvre les facettes multiples et contradictoires de sa personnalité et de son règne. Le déploiement de ses facettes était devenu une technique d’exercice du pouvoir éprouvée. Ainsi, lorsque le roi amorça l’Alternance, il le fit en des termes tels que les démocrates pouvaient y voir une évolution à l’espagnole alors que les conservateurs pouvaient y voir une façon de maintenir le statu quo. Il en fit de même quand il entreprit de réguler le champ religieux : les démocrates y virent une manière de se protéger contre les troubles du voisin algérien alors que les conservateurs applaudirent au renforcement de la commanderie des croyants. Enfin, il en fut de même pour l’intégrité territoriale. La question a été menée de telle manière que l’ensemble des Marocains approuvaient la fermeté dans la défense de l’intégrité territoriale alors que les instances onusiennes y trouvaient les éléments conformes au droit international. En définitive, chaque facette de sa magie particulière séduisait des gens différents et attirait autour de lui un maximum d’acteurs dans leur grande diversité.
Avec dix ans de recul, les Marocains s’aperçoivent de plus en plus qu’ils ont vécu un autoritarisme dur qui a cédé la place à un autoritarisme plus doux où la continuité l’emporte sur la rupture, avec le risque, avéré pour le premier et réel pour le second, de constituer deux occasions perdues. L’un et l’autre ont bien reconnu la nécessité d’une gouvernance de type nouveau et admis une libéralisation poussée tout en continuant à refuser le passage à un nouveau contrat social institutionnalisé.


           

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