Indignations libyennes après la révélation d'une présence militaire française dans le pays


Vendredi 22 Juillet 2016 - 09:31
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Libye - Des institutions officielles gouvernementales et des partis politiques libyens ont condamné la présence militaire française dans leur pays, qualifiée d' "ingérence flagrante" et de "violation de la souveraineté du pays" .


Cette vague de condamnations fait suite à l’annonce, mercredi, par le président français François Hollande de la mort de trois soldats français, en mission secrète en Libye, dans un accident d'hélicoptère à Benghazi (Est).

Des manifestations condamnant l’intervention militaire française en Libye ont, ainsi, été organisées dans plusieurs villes du pays notamment à Tripoli, la Capitale, à Ezzaouia, Sabratha, Misrata et Ghariane.

Dans ce même propos, le Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale a exprimé le "grand mésestime [qu'il éprouve] face à la présence militaire française dans l’est libyen sans qu’il en soit informé et sans aucune coordination avec lui".

"la lutte internationale contre le terrorisme ne justifie guère une quelconque intervention sans l'aval [du gouvernement d'union nationale]", a indiqué le conseil dans un communiqué dont Anadolu a eu copie.

Il a ajouté avoir contacté les autorités françaises pour s’enquérir des raisons, des dimensions et des circonstances de cette présence militaire en Libye.

Le Haut Conseil de l’Etat (une des trois institutions politiques émanant de l’accord politique de Skhirat au Maroc) a, lui aussi, condamné l’intervention militaire française, considérant qu’il s’agit d'une «flagrante manigance de la part d’un membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui a par ailleurs parrainé l’accord politique inter-libyen”.

Le conseil a appelé dans un communiqué à la «condamnation des agissements de la France, notamment, l’appui qu’elle fournit aux forces de Haftar», appelant le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler, à " oeuvrer avec d’autres parties internationales pour prendre une position ferme face au non respect de la France de ses engagements".

La présidence de l'état-major général de l'armée libyenne, relevant du gouvernement d’union, a également condamné “l’ingérence militaire française” indiquant dans un communiqué être «étonnée face aux déclarations de responsables français qui appuient , d'une part, l’accord politique libyen ( signé à Skhirat en décembre dernier) et apportent de l'autre un appui aux parties opposées à l’accord en leur fournissant des armes et des soldats».

Le parti de la Justice et construction a, de son côté, condamné, "l’ingérence française dans les affaires internes de la Libye",appelant le conseil présidentiel à "prendre des mesures pour arrêter cette agression et éviter qu’elle ne se renouvelle à l'avenir ".

Le parti a également mis en garde contre le risque véhiculé par de telles opérations "d'alimenter la spirale de la violence dans la région", soulignant que "les efforts de lutte contre le terrorisme doivent se faire dans le cadre des institutions de l’Etat »

Le parti al Watan a également condamné par la voix de son président Abdelhakim Belhadj «l’ingérence» française et demandé «l’ouverture d’une enquête pour cerner les vraies dimensions de cette intervention, appelant le Conseil présidentiel à «dénoncer et à mettre fin à de telles interventions».

Le mouvement des Frères musulmans en Libye a lui aussi, condamné dans un communiqué une "ingérence française dans les affaires du pays", notant que "cette intervention n’a aucune légitimité et qu’elle constitue une violation de la souveraineté libyenne et du droit international". Le mouvement a en outre assimilé cette présence à une «guerre déclaré contre l’Etat libyen».

Plusieurs autres acteurs de la scène politique mais aussi religieuse libyenne ont également condamné cette présence française à l’instar du Mufti ( la plus haute autorité religieuse) Safok al-Ghariani et Fethi Bach Agha, membre du comité du dialogue libyen.

Le président français François Hollande, a annoncé mercredi matin la mort de trois soldats français qui effectuaient une mission secrète à Benghazi (Est du pays) dans un accident d'hélicoptère. 

"Saraya Eddifaa de Benghazi" avait annoncé le 17 juillet courant avoir abattu un hélicoptère du général libyen à la retraite Khalifa Haftar et tué son équipage. 
La reconnaissance par Hollande de la mort de trois soldats français en Libye est la première déclaration officielle concernant la présence de forces françaises en Libye.

Le journal français «Le Monde» avait publié le 24 février dernier un rapport sur la présence de forces spéciales françaises dans l’est libyen où elles conduisent des missions secrètes.

Le ministère français de la Défense a aussitôt ouvert une enquête sur le sujet sur fond de "divulgation de secrets militaires".

"Saraya Eddifaa de Benghazi" a été formé, le 2 juin dernier, par un groupe de rebelles qui avaient combattu le régime de Kaddhafi en 2011. La première opération menée par ce groupe a visé des positions pro-Haftar à Ajdabiya (Est).


           

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