Irak: les forces antiterroristes mènent l'offensive finale à Ramadi


Mercredi 23 Décembre 2015 - 15:36
AFP


Les forces irakiennes traquaient mercredi les derniers jihadistes qui défendent la ville de Ramadi, dont la perte représenterait un nouveau revers pour le groupe Etat islamique (EI), placé sur la défensive en Irak comme en Syrie.


Au lendemain de leur entrée dans le centre de Ramadi, les forces antiterroristes irakiennes progressaient lentement en direction du complexe administratif du chef-lieu de la vaste province majoritairement sunnite d'Al-Anbar.

"Les forces sont maintenant sur le point d'entrer dans la zone de Hoz où est installé le siège du gouvernement", a indiqué à l'AFP un général de brigade.

La prise de ce bâtiment marquerait une étape clé dans la reconquête totale de cette ville conquise en mai par l'EI. Le porte-parole des forces antiterroristes a prédit mardi qu'elle serait achevée en trois jours.

Appuyés par les raids de la coalition internationale conduite par les Etats-unis, les soldats circulent avec prudence dans la ville déserte, entrant avec précaution dans les maisons à la recherche d'engins piégés laissés par les jihadistes.

Ils continuent de "purger" les quartiers résidentiels où une une grande quantité d'explosifs et de munitions ont été abandonnés par les combattants de l'EI.

La semaine dernière, des responsables militaires estimaient qu'il ne restait pas plus de 300 combattants de l'EI dans la ville située à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad.

"La chute de Ramadi est inévitable (...) mais la bataille va être difficile", a estimé mardi le porte-parole de la coalition, le colonel Steve Warren.

Selon lui, des milliers de civils se trouvaient toujours dans la ville, une partie d'entre eux étant utilisée comme bouclier humain par l'organisation ultra-radicale.

Devant l'avancée des troupes irakiennes, certains jihadistes tentent de fuir la ville par des tunnels, ont indiqué des responsables.

"Des dizaines de combattants de l'EI se sont retirés du centre-ville en direction de Sufiya et Sichariyah", des quartiers de l'est de Ramadi, le long de la vallée de l'Euphrate, a précisé Ibrahim al-Fahdawi, chef de la sécurité dans le secteur de Khaldiya.

Avec la perte de Ramadi, la ville de Fallouja, un autre fief de l'EI, se retrouverait de plus en plus isolée, ce qui pourrait affecter les approvisionnements du "califat" auto-proclamé.

- 'Guerre d'usure' -

En raison des opérations successives menées par les forces irakiennes et leurs alliés, la part du territoire irakien contrôlé par l'EI a chuté de 40% l'an dernier à 17%, a affirmé la semaine dernière le ministre de la Défense Khaled Al-Obaidi.

L'entrée dans le centre de Ramadi est le dernier fait d'armes des forces irakiennes qui tentent depuis des mois de reprendre le contrôle de la vaste province sunnite d'Al-Anbar.

Elles avaient réussi il y a une quinzaine de jours à reprendre le quartier de Tamim, dans le sud-ouest de Ramadi, ainsi que des ponts et des routes stratégiques de la province.

"Cela a été une épuisante guerre d'usure. Je pense que (les jihadistes de) l'EI sont à bout. La ville est encerclé depuis un moment", souligne David Witty, un colonel des forces spéciales américaines à la retraite et ancien conseiller pour les forces antiterroristes irakiennes.

Des voix en Irak et à l'étranger ont critiqué la lenteur des opérations pour reprendre Ramadi, appelant notamment à donner un plus grand rôle aux Unités de mobilisation populaire, une coalition de milices principalement chiites, qui ont démontré par le passé leur efficacité dans la lutte contre l'EI.

Mais le gouvernement a globalement maintenu sa stratégie et formé de nouvelles recrues originaires d'Al-Anbar et donc majoritairement sunnites.

La reprise de Ramadi est susceptible de redorer le blason de l'armée fédérale, qui avait été fortement critiquée pour son humiliante déroute face à l'EI. "Elle pourrait avoir une forte valeur symbolique et renforcer la résistance locale contre l'EI", estime David Witty.

L'objectif ultime de Bagdad est la reprise totale des territoires perdus en 2014, en particulier la deuxième ville du pays, Mossoul.


           

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