Irak: les forces irakiennes ont "libéré" l'est de Mossoul


Mercredi 18 Janvier 2017 - 16:26
AFP


La partie est de Mossoul a été "libérée" par les forces irakiennes, a affirmé mercredi un responsable militaire, trois mois après le début de la vaste offensive pour reprendre la deuxième ville d'Irak au groupe Etat islamique (EI).


Le général Talib al-Sheghati, qui dirige les unités d'élite du contre-terrorisme (CTS), a annoncé "la libération (...) de la rive gauche", en référence à la partie est de la métropole du nord de l'Irak, coupée en deux par le fleuve Tigre.

"Les secteurs importants" de l'est de Mossoul sont désormais sous le contrôle des forces gouvernementales, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Bartalla, près de Mossoul. Il ne reste que quelques jihadistes à déloger d'une petite zone dans le nord, selon lui.

Cette annonce marque une étape importante dans la bataille de Mossoul, lancée le 17 octobre avec l'objectif de reprendre la dernière grande ville contrôlée par les jihadistes en Irak.

Cette opération de grande envergure implique des dizaines de milliers de combattants des forces irakiennes et kurdes, appuyés par la coalition internationale antijihadistes menée par Washington.

L'EI s'était emparé de Mossoul en juin 2014, à la faveur d'une offensive éclair dans le nord et l'ouest de l'Irak, et y avait autoproclamé un "califat".

Le groupe ultraradical sunnite contrôle toujours la partie ouest de Mossoul, où se trouve notamment la vieille ville, un entrelacs de ruelles impossibles à naviguer pour des véhicules militaires. C'est dans cette partie, un peu plus petite que l'est, que les jihadistes sont les mieux implantés.

Malgré l'annonce de la "libération", le général Yahya Rasool, porte-parole du commandement conjoint des opérations qui coordonne la lutte contre l'EI en Irak, a affirmé à l'AFP qu'il y aurait encore des combats dans l'est dans les jours qui viennent. "Il y a des quartiers (de l'est de la ville) qui sont encore en train d'être libérés et cela pourrait encore prendre quelques jours", a-t-il indiqué.

- Résistance affaiblie -

Les forces irakiennes, dont les CTS sont le fer de lance, sont entrées dans Mossoul en novembre et ont progressé lentement face à une résistance acharnée des jihadistes. Elles ont finalement réussi à atteindre le Tigre pour la première fois début janvier.

Des responsables irakiens et américains ont affirmé que la résistance de l'EI s'était étiolée ces dernières semaines et que ses attaques suicide à l'aide de camions bombes étaient moins efficaces.

La semaine dernière, un chef militaire américain estimait toutefois que d'importants combats restaient à mener pour reprendre l'intégralité de Mossoul aux jihadistes.

L'EI a mis en place des défenses "parfois plus importantes" dans l'ouest que dans l'est, expliquait le colonel Brett Sylvia, qui commande 1.700 conseillers militaires américains détachés en Irak.

En outre, tous les ponts sur le Tigre ont été détruits par l'EI et par les bombardements aériens de la coalition, ce qui risque d'obliger les forces irakiennes à se redéployer sur d'autres fronts pour envisager un assaut sur la partie ouest de Mossoul.

Des troupes sont ainsi en position depuis novembre près de l'aéroport, à la lisière sud de la ville sur la rive droite.

Les combats dans Mossoul sont rendus difficiles par la présence des habitants, qui étaient estimés à environ deux millions avant la prise de la ville par l'EI. Environ 150.000 personnes ont été déplacées par les combats depuis trois mois selon l'ONU.

Dans les quartiers repris, la vie a commencé à reprendre son cours même si les services de base n'ont pas été totalement rétablis. "La sécurité est revenue, les boutiques du marché ont rouvert et les clients sont là", s'était réjouit Haj Fawzi, un boucher interrogé la semaine dernière dans le grand marché d'Al-Zahraa.

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi avait initialement promis que Mossoul tomberait à la fin de l'année 2016, mais fin décembre, il a évoqué une échéance de "trois mois" supplémentaires.

Comme Mossoul en Irak, le principal bastion de l'EI en Syrie, Raqa, est actuellement la cible d'une offensive militaire. Elle est menée depuis le 10 décembre par des combattants d'une alliance arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis, qui sont toutefois encore loin de la ville même.


           

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