L'affaire Bygmalion tourne à l'affrontement Sarkozy/Copé


Mercredi 14 Octobre 2015 - 15:37
AFP


Après les déclarations choc de Jérôme Lavrilleux à l'Obs, l'affaire Bygmalion vire à l'affrontement entre Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé, à treize mois de la primaire à laquelle ils pourraient tous deux être candidats.


C'est la première fois depuis l'éclatement de cette affaire du dépassement des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 que M. Lavrilleux met en cause de façon aussi abrupte l'ex-président de la République.

Lorsqu’il était venu sur BFMTV détailler l'affaire, le 26 mai 2014, au lendemain des élections européennes qui l'avaient propulsé au parlement de Strasbourg, M. Lavrilleux avait assuré que ni Nicolas Sarkozy, ni Jean-François Copé, alors président de l'UMP dont il était le bras droit, n'étaient impliqués.

Changement de ton mercredi: "Nicolas Sarkozy ment", "il se défausse", il vit "dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles", assène-t-il dans une interview à l'Obs.

"Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire +Bygmalion+, mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy", ajoute le député européen.

Ce dernier assure, sans toutefois étayer son accusation, qu'au dépassement de 18,5 millions d'euros des frais de campagne de M. Sarkozy, imputés à l'UMP pour dissimuler une explosion du plafond légal des dépenses (22,5 millions d'euros), il faudrait ajouter la somme de 10 M EUR.

Interrogé par l'AFP, l'entourage du président du parti Les Républicains affirme "attendre que la justice fasse son travail sereinement. On n'accorde aucune importance à des déclarations successivement contradictoires sans fondement" ajoute-t-on, en rappelant que le parti s'est porté partie civile dans cette affaire.

"C'est une affaire qui concerne la société Bygmalion. Tous ceux qui sont cités sont liés ou travaillent dans cette société", a martelé Brice Hortefeux, ancien ministre proche de M. Sarkozy, sur France Info.

- "Cure médiatique" -

Il est loin le temps, en octobre 2012, où M. Sarkozy remettait la légion d'honneur à M. Lavrilleux. Derrière ces rebondissements, se profile la guerre entre deux probables futurs candidats à la primaire pour 2017, l'actuel et l'ex-président du parti de droite, M. Lavrilleux étant demeuré proche de son ancien patron, qu'il voit "une ou deux fois par mois" pour "une conversation amicale".

Ses déclarations arrivent d'ailleurs cinq semaines après l'audition libre, le 4 septembre, par la police de M. Sarkozy, au cours de laquelle ce dernier a évoqué l'existence d'un système de fausses factures mais à d'autres fins, entre l'UMP alors dirigée par M. Copé et Bygmalion, société dirigée par ses proches. Des accusations qui ont rendu furieux le camp Copé et fortement tendu les relations entre les deux hommes ces dernières semaines.

L'ex-UMP a été rebaptisée Les Républicains par M. Sarkozy désireux de remettre de l'ordre dans un mouvement durement affecté par les luttes intestines de fin 2012 entre copéistes et fillonistes et aussi, selon certains, pour tenter de "faire oublier" son lien avec l'affaire Bygmalion.

Depuis, l'ex-chef de l'Etat ne rate pas une occasion de rappeler à quel point la guerre Copé/Fillon avait affaibli le parti et l'ambiance est toujours très tendue entre les deux hommes à chaque bureau politique, comme en témoignent des participants. Dernier incident en date: l'affaire Morano. Jean-François Copé fait partie des trois membres du bureau politique qui se sont abstenus lors du vote sur le retrait de l'investiture de Nadine Morano pour les régionales en Meurthe-et-Moselle, après ses déclarations sur la France, "pays de race blanche".

En "cure médiatique" depuis sa démission forcée de la présidence du parti, M. Copé est néanmoins resté politiquement très actif, via son think-tank Génération France qui organise de nombreux séminaires. Mardi, il planchait sur le code du travail... deux semaines après la convention sur le même thème des républicains.


           

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