L’affirmation de la marocanité du Sahara

Abderrahmane Haddad
Samedi 20 Avril 2013 - 10:03



Abderrahmane Haddad
Abderrahmane Haddad
Le Sahara peut-il être autre que marocain ? La question n’est pas délibérément provocatrice. Et elle ne se veut nullement l’expression d’un quelconque sentiment chauviniste ou démagogique. Elle traduit plutôt l’attachement à une partie de la patrie, une et indivisible. Elle n’est pas celle de l’exclusion. Au contraire, elle est la concrétisation d’un vœu intégrationniste qui engage non pas seulement un territoire mais toute la région du Maghreb dont les chances d’un avenir meilleur se voient prises en otage d’un tiraillement ayant historiquement perdu toute raison d’être. L’affirmation de la marocanité du Sahara est donc un appel à la raison. Une raison prouvée par le passé et légitimée par le présent et les perspectives du futur.

En remontant à rebours de l’histoire, des études ont démontré le lien historique indéfectible qui a toujours existé entre le royaume du Maroc et la région du Sahara. Des spécialistes de l’histoire et de l’évolution des relations internationales ont pu révéler ce lien à travers les différentes visites sultaniennes dans la région et la nomination de responsables territoriaux jouant le rôle de relais entre le pouvoir central et les tribus locales. Les archives gardent encore trace d’écrits et de correspondances du Sultan à ses gouverneurs et caïds dans la région, portant entre autres sur la surveillance des ports et la protection côtière de la région.

Sur le plan des relations internationales, s’il est difficile en quelques lignes de survoler les conventions et traités reconnaissant, directement ou indirectement, la marocanité du Sahara, il y a lieu de rappeler la convention de Sintra établie entre les deux pays de la péninsule ibérique, l’Espagne et le Portugal, au 14e siècle déjà, et qui reconnaît que les frontières du Maroc, désigné sous l’appellation de gouvernement de Fès, s’étalait au-delà du Cap Boujdour. L’histoire nous enseigne aussi que c’est le pouvoir marocain qui était en charge de l’attribution des autorisations de pêche dans la région ou de l’assistance aux équipages des navires étrangers chavirant dans son large.

A cela s’ajoute, sur le plan interne, les actes d’allégeance entre les notables et représentants des tribus sahraouies et le Sultan du Maroc. Le dernier en date n’est autre que celui de Dakhla et Oued Eddahab, solennellement exprimé le 13 août 1979, signé par différents représentants des tribus de la région et mettant en avant le rôle régalien de l’Etat marocain en matière de garantie de la paix et de la sécurité dans la région.

Certes, les adversaires de l’intégrité territoriale n’ont pas manqué et ne manqueront pas de répondre à de telles « preuves » en les remettant au rang de pures « allégations ». C’est pour éviter ce débat byzantin qui risque d’hypothéquer pour longtemps encore les chances d’une négociation sérieuse, et afin d’aller plutôt de l’avant, que la raison nous rappelle au moins deux éléments. Le premier est que le conflit en lui-même est artificiel, concocté. Il est la survivance d’une période bipolaire révolue. Il n’est pas par ailleurs un conflit entre le Maroc et un Front sahraoui mais un dossier de discorde entre le premier et son voisin immédiat, l’Algérie. Le second élément est que ce conflit artificiel continue de mettre à mal les aspirations des peuples de toute la région maghrébine à un avenir meilleur. La génération des jeunes, ceux qui ont fait le printemps arabe, est préoccupée par les questions d’emploi et de vie décente et non par un quelconque référendum d’une quelconque autodétermination.

Abderrahmane Haddad
Professeur à la faculté de droit de Meknès


           

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