L'armée syrienne bombarde près de Damas avant les négociations


Lundi 20 Février 2017 - 19:23
AFP


Les forces gouvernementales syriennes ont accentué lundi leur campagne de bombardement sur les positions rebelles à la lisière de Damas à l'approche de nouvelles négociations à Genève.


Les représentants de l'opposition syrienne et du président Bachar al-Assad doivent se retrouver jeudi pour tenter une nouvelle fois de mettre fin à six ans de guerre qui ont fait plus de 310.000 morts.

Mais lundi, les forces du régime ont redoublé leurs bombardements à la périphérie de la capitale syrienne, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et des militants sur le terrain.

"Les raids aériens ont tué sept personnes, dont une femme et un enfant, et blessé 12 autres à Barzé", un quartier tenu par les rebelles dans le nord de Damas, a affirmé l'OSDH. Des obus ont également frappé Qaboun, un autre quartier rebelle du nord-est de la capitale.

Les rebelles et le régime s'étaient accordés sur un cessez-le-feu local à Qaboun en 2014, mais la violence a repris ces derniers jours.

Au moins 16 personnes ont été tuées samedi lorsque des obus tirés par l'armée ont frappé des funérailles à Qaboun, selon l'Observatoire.

"Aujourd'hui (lundi) c'est le troisième jour de bombardements, avec des tirs d'obus et de roquettes et des raids aériens", a confirmé à l'AFP Hamza Abbas, joint par internet, en précisant qu'il entendait le bruit incessant du pilonnage.

Une source militaire, interrogée par l'AFP, s'est refusée à tout commentaire.

- "Message sanglant" -

La principale composante de l'opposition a accusé dimanche le régime d'intensifier ses attaques et a dénoncé "un message sanglant" destiné à saboter les négociations de paix de Genève.

Les récents bombardements près de Damas, dans la province de Homs et ailleurs "mettent en danger les efforts destinés à aboutir à une transition politique en Syrie", a dénoncé le Haut comité de négociations (HCN).

Cette alliance, formée en décembre 2015, rassemble un large éventail de groupes de l'opposition et de la rébellion et les représentera pour le quatrième round de pourparlers.

"C'est un message sanglant de la part d'un régime criminel qui, à quelques jours de l'ouverture des négociations à Genève, démontre son rejet de toute solution politique", écrit le HCN.

La délégation du HCN sera dirigée par l'avocat Mohammad Sabra, qui remplace Mohammad Allouche, du puissant groupe regroupe rebelle l'Armée de l'Islam, implanté dans la Ghouta, la grande banlieue à l'est de Damas, qui est dans la ligne de mire de l'armée depuis plusieurs mois.

Le régime d'Assad est "absolument déterminé à se débarrasser de cette enclave rebelle d'une manière ou d'un autre", écrit Aron Lund, dans une analyse publiée par le Centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

"Même affaiblie et encerclée, la Ghouta orientale demeure un poignard pointé sur le cœur du régime d'Assad et mobilise des milliers de soldats", explique-t-il. Envahir cette région peut avoir un impact significatif sur les pourparlers de paix "car la délégation de l'opposition n'aura pas une grande valeur" sans l'Armée de l'Islam, précisé Aron Lund.

- "De l'encre sur du papier"-

Radwan al-Homsi, un militant anti-régime de Binninch (nord-ouest) ne se fait guère d'illusions avant le nouveau rendez-vous de Genève, et relève que la violence s'est toujours accrue après les autres sessions de pourparlers en 2012, 2014 ou 2016.

"Ce sera comme pour les autres conférence, juste de l'encre sur du papier", estime-t-il. "Nous avons maintenant très peur de tout ce qui s'appelle conférence car chaque conférence est suivi d'une campagne militaire" assure cet homme de 27 ans.

Depuis la dernière réunion en avril 2016, les rebelles ont perdu leur place forte d'Alep et doivent tenir en compte le nouveau partenariat entre leur principal allié, la Turquie, et la Russie, qui soutient le régime.

En compagnie de l'Iran, ces deux pays ont organisé deux sessions de pourparlers entre le gouvernement et les principaux groupes à Astana.

Quatre militaires russes ont été tués jeudi dans l'explosion d'une mine artisanale au passage de leur convoi en route pour Homs (centre), ont annoncé lundi les agences de presse russes citant l'armée russe.

Par ailleurs, huit civils ont été tués lors d'un raid aérien sur Raqa (nord), le fief du groupe État Islamique (EI), a indiqué l'OSDH sans pouvoir déterminer qui en était l'auteur.

Dans le sud, trois personnes sont mortes dans un attaque de Fateh al-Cham, ex-branche d'Al-Qaïda, contre un hôpital dans la ville méridionale de Deraa, a annoncé l'agence officielle Sana.


           

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