L'innovation avance à toute vitesse dans le monde arabe

CGNews - Rasha Dewedar
Vendredi 25 Juin 2010 - 13:02


Le Caire – Lorsqu'il s'agit du monde musulman, les médias fixent souvent leur attention sur la politique étrangère, le terrorisme et les différences entre le monde musulman et l'Occident. Toutefois, dans son ouvrage 1001 inventions: le patrimoine musulman dans notre monde, Salim Al-Hassani, professeur à l'université de Manchester, donne une image fort différente des musulmans, soulignant les progrès artistiques et scientifiques qu'ils ont réalisés. Ces progrès sont en fait à l'origine de la plupart des progrès accomplis dès le XVIème siècle dans les domaines de la médecine, des mathématiques et des sciences.


L'innovation avance à toute vitesse dans le monde arabe
Aujourd'hui encore, les musulmans du monde entier participent à l'innovation. Au Moyen-Orient, l'expansion de la culture scientifique atteste de leur participation.

L'un de ces projets en cours s'intitule Stars of Science (Les stars de la science), un concours télévisé panarabe montrant à l'oeuvre de jeunes innovateurs arabes âgés de 18 à 30 ans. C'est une première dans le genre: une émission moyen-orientale de téléréalité qui repose sur la science.

A l'aube de la deuxième saison de cette émission, seize jeunes innovateurs ont été sélectionnés pour réaliser leur projet d'innovation dans un atelier spécialement conçu à cet effet dans le Parc scientifique et technologique du Qatar et équipé d'outils, de matériaux et de laboratoires de pointe. Les étudiants sont filmés pendant qu'ils relèvent de nouveaux défis et concourent pour remporter un prix d'un montant de US$300'000.-.

Dans la région, les programmes scientifiques ont rarement eu beaucoup de succès auprès des téléspectateurs. Cependant, la Fondation du Qatar pour l'Education, la Science et le Développement communautaire a frappé fort avec cette émission qui est diffusée sur dix-sept chaînes de télévision à travers le monde arabe.

Lors de la première saison, qui a débuté en mai 2009, les trois juges de l'émission avaient sélectionné seize étudiants originaires de onze pays arabes sur près de 6'000 candidats, ce qui montre la demande pour ce genre de programme. Les seize finalistes ont conçu des produits tels qu'un exceptionnel dispositif sous-marin qui capture et mémorise les fréquences des ondes et les convertit en une énergie utilisable; un gilet de sécurité à bas prix pour minimiser les blessures lors d'un accident de voiture et une chaise roulante qui peut lire les ondes du cerveau et ainsi aider les utilisateurs à se déplacer plus facilement.

Parmi les autres initiatives arabes visant à promouvoir l'innovation, il y a le récent Festival des Sciences du Caire, organisé en collaboration avec le Festival international et multiculturel des Sciences de Cambridge (Massachusetts) et qui a lieu en même temps que celui-ci.

Le Festival des sciences du Caire donne vie à la science à travers des programmes interactifs et des expositions (collection d'oeuvres d'art montrant la beauté du monde nano; pièces de théâtre, observation des étoiles; ateliers sur la propriété intellectuelle; patrimoine des sciences dans le monde arabe; encourager la créativité à la maison et à l'école). Les visiteurs de ce festival ont eu l'occasion de parler, en vidéoconférence, à cinq lauréats du Prix Nobel; et des activités étaient prévues pour les enfants, hôtes inattendus dans de tels rassemblements.

Ces événements scientifiques, sans précédent jusqu'ici, méritent le détour; d'où le rôle important des reporters dans la région. Bien que cet événement ait été largement couvert par les médias égyptiens, le journalisme scientifique n'est pas très courant dans le monde arabe. Un problème que l'Association arabe des journalistes scientifiques, née en 2004 suite à la Conférence mondiale des journalistes scientifiques (WCSJ), tente de traiter.

Parallèlement, l'Association des journalistes scientifiques arabes (ASJA) a travaillé dur pour bénéficier d'une reconnaissance mondiale et elle lève des fonds pour rester à flot. L'ASJA a officiellement été lancée durant la WCSJ de Melbourne et sponsorisée par la Arab Science and Technology Foundation (ASTF) aux Emirats Arabes Unis.

Deux ans plus tard, l'ASJA a obtenu d'organiser la prochaine conférence de la WCSJ qui se tiendra au Caire en 2011, écartant notamment l'Association finlandaise des éditeurs et journalistes scientifiques et l'Association ougandaise des journalistes scientifiques. C'est la première fois que la WCSJ se tiendra dans un pays en développement, offrant ainsi à ces pays une voix très attendue dans ce domaine spécialisé.

Il est remarquable de noter que le premier président de l'ASJA est une femme: la journaliste scientifique égyptienne Nadia El-Awady. Elle est aussi l'un des co-directeurs de la conférence et préside actuellement la Fédération mondiale des journalistes scientifiques.

Pour quelqu'un du Moyen-Orient, ces développements révèlent une nouvelle tendance dans la région. Les leaders arabes dans le domaine des sciences font pression pour extraire la science des livres et des laboratoires de recherche et l'introduire dans la culture populaire et les médias mondiaux. L'innovation scientifique arabe n'est pas que dans les livres d'histoire; nous la vivons aussi au présent.


           

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