La grippe porcine, faux-nez du protectionnisme

RIA Novosti/Gazeta.ru
Mercredi 6 Mai 2009 - 16:00


La grippe qualifiée de "porcine" pour le grand public n'est pas plus dangereuse pour la santé de l'homme que les autres types de ce virus, lit-on mercredi dans le quotidien Gazeta.ru.


La grippe porcine, faux-nez du protectionnisme
La panique causée par cette maladie constitue au contraire un habile moyen de distraire les gens de la crise, une bonne source de profit pour les compagnies pharmaceutiques et les services vétérinaires, ainsi qu'un excellent prétexte pour permettre aux autorités d'introduire des mesures protectionnistes.
"La menace d'introduction" de l'infection sur le territoire russe, brandie par le médecin hygiéniste en chef de Russie Guennadi Onichtchenko, n'est qu'un prétexte formel à l'hystérie entourant une maladie somme toute assez ordinaire. Bien que la grippe ne soit ni nouvelle ou ni porcine, cette menace comparable à la grippe aviaire permet d'augmenter les ventes de scoops urgents et de faire des bénéfices, alors que les secteurs traditionnels de l'industrie sont en berne en raison de la mauvaise conjoncture de l'économie mondiale.
Les autorités russes élargissent de jour en jour la liste des pays, ainsi que des Etats américains et des provinces canadiennes faisant l'objet d'un embargo sur les importations de porc. Les compagnies pharmaceutiques russes envoient chaque jour des communiqués contenant des offres commerciales consacrées à la lutte contre cette "maladie affreuse" qui n'a jusqu'à présent contaminé qu'un peu plus d'un millier de personnes à travers le monde, en tuant une trentaine de personnes.
Dans un monde globalisé, la panique est depuis longtemps devenue un puissant levier politique et financier. Peu avant les Jeux olympiques de 2008 à Pékin, la grippe aviaire avait fait pendant des semaines les gros titres de toutes les chaînes mondiales de télévision, certains observateurs étant allés jusqu'à augurer l'annulation de l'Olympiade au cas où l'épidémie persisterait.
Les Etats et les médias exploitent à la perfection un trait de la psychologie humaine qui consiste à refouler les problèmes locaux au profit de problèmes globaux. Les gens se sont peu à peu habitués à la crise et la considèrent désormais comme une constante dans laquelle ils évoluent depuis longtemps et qui persistera pour une durée indéfinie. Voilà donc un danger plus frais. Dès que le monde subira de nouveaux bouleversements économiques ou politiques d'envergure, dès que le nombre des personnes contaminées diminuera, la "nouvelle peste du XXIe siècle" sera immédiatement reléguée aux oubliettes. L'invention d'une nouvelle pandémie ne devrait cependant pas se faire attendre: c'est un moyen parfait de distraire le public, soutenir les producteurs nationaux et faire de l'argent avec la peur des hommes.


           

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