La queue du lézard sauteur, un balancier hérité des dinosaures ?

AFP
Jeudi 5 Janvier 2012 - 09:32


Paris - Certains lézards modernes utilisent leur queue comme le balancier d'un funambule pour se stabiliser dans les airs lorsqu'ils sautent et des petits dinosaures carnivores avaient probablement recours à la même technique pour sauter sur leurs proies, selon une étude publiée mercredi.


La queue du lézard sauteur, un balancier hérité des dinosaures ?
Mieux encore, des robots peuvent être équipés d'une queue similaire à celle de ces lézards pour leur permettre d'atterrir correctement sans s'écraser ou se retourner, ont démontré des experts en biologie et mécanique de l'Université de Californie à Berkeley (USA).

Pour les besoins de leur étude, ces scientifiques ont tout d'abord filmé des margouillats (Agama agama), d'agiles lézards répandus dans toute l'Afrique sub-saharienne et réputés pour leur agilité, en train de sauter d'une plateforme horizontale sur une paroi verticale.

Ces observations montraient clairement que les reptiles se stabilisaient durant leur saut avec leur queue. Pour atterrir en douceur sur la paroi verticale, les margouillats devaient en effet relever l'avant de leur corps vers le haut et compensaient ce mouvement dans les airs en orientant leur queue également vers le haut.

Cela revient au mouvement du balancier du funambule, qui annule le déséquilibre de son corps par rapport à la corde avec un mouvement équivalent de sa perche dans le sens opposé, de façon à maintenir la position de son centre de gravité.

Autrement dit, un mouvement du corps dans le sens des aiguilles d'une montre sera compensé par un mouvement de même ampleur dans le sens inverse, par la queue du lézard ou le balancier de l'acrobate.

Queue robotique

Même les margouillats qui s'élançaient depuis une surface rendue glissante parvenaient à corriger l'angle de leur corps une fois dans les airs en orientant leur queue de façon appropriée, souligne, vidéo à l'appui, l'étude publiée dans la revue britannique Nature.

Après avoir confirmé leurs observations via une modélisation mathématique, l'équipe dirigée par le biologiste Robert Full a dans un second temps réalisé un petit robot pour voir si la technique du margouillat s'appliquait également à lui.

Ce robot, voiture radio-commandée sommaire flanquée d'une queue contrô lée par un gyroscope, s'élançait dans le vide depuis une rampe semblable au tremplin utilisé dans le saut à ski.

A chaque saut, les roues avant commençaient à chuter alors que les roues arrière étaient encore en contact avec la rampe, ce qui faisait piquer du nez le robot. Mais la queue robotique a systématiquement réussi à compenser cette mauvaise posture, réalisant des performances encore meilleures que celle du margouillat en lui permettant d'atterrir en douceur plutô t que de s'écraser la tête la première.

Pour finir, forts de leurs expériences et de la modélisation mathématique en découlant, les chercheurs ont tenté de voir si les théropodes, des dinosaures bipèdes considérés comme de redoutables prédateurs, avaient pu à leur lointaine époque eux aussi utiliser leur queue comme un balancier.

Si les plus gros d'entre eux, comme les fameux tyrannosaures, étaient bien trop lourds pour sauter comme un margouillat, les plus petits, eux, auraient bien pu réaliser des exploits acrobatiques, conclut l'étude.

Avec seulement 20 kg pour 1,5 mètre de haut, le Velociraptor mongoliensis - rendu célèbre par le film Jurassic Park - "pourrait avoir battu les records du plus agile des margouillats".

"Les petits théropodes dotés de queues +actives+, comme le Velociraptor, auraient pu réaliser des acrobaties aériennes bien supérieures à celles des lézards arboricoles actuels", estime l'étude.


           

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