La victime du terrorisme n’est pas toujours quelqu’un d’autre

CGNews - Tahir Wadood Malik
Lundi 2 Mai 2011 - 12:41


Islamabad - Le terrorisme, ça n’arrive qu’aux autres.
Quand les actualités montraient encore un nième attentat, je zappais pour changer de chaîne. C’est effectivement ce que je faisais, jusqu’au 5 octobre 2009, lorsque je reçus un appel qui allait changer ma vie à tout jamais. La voix dans le téléphone me disait qu’une bombe avait explosé dans les bureaux des Nations Unies à Islamabad, là où Gul Rukh, ma femme, travaillait.


Tahir Wadood Malik
Tahir Wadood Malik
Je ne sais plus si j’ai pris ma voiture, ni comment je suis arrivé là-bas. Tout ce que je sais, c’est que j’y suis arrivé. Mais il n’y avait rien à voir, plus personne à voir.

Quelqu’un me dit que Gul Rukh avait été emmenée à l’hôpital. Comme un zombie, je remontai dans ma voiture, me demandant en chemin: “Pourquoi nous?”, la question éternelle que les gens se posent toujours dans ce genre de situation.

Je m’appelle Tahir Wadood Malik, je suis Major à la retraite de l’Armée pakistanaise. Ma carrière m’avait habitué à une vie confortable, et je me considérais comme un “privilégié” de la société pakistanaise. Par bien des côtés, je me sentais au-dessus du Pakistanais "ordinaire".

A mon arrivée à l’hôpital, c’était le chaos total, puis un médecin me conduisit à un chariot recouvert d’un drap blanc. Je soulevai le drap et vis le visage de Gul Rukh, sans couleur, sans vie.

Alors que je me tenais debout, pétrifié, incapable de réagir, j’entendis un bruit de bagarre. Levant les yeux, je vis un employé de l’hôpital repousser un caméraman de télévision pour l’écarter de moi. Il était en train de filmer le capharnaüm ambiant, y compris mes réactions, et je me rendis compte soudainement que j’étais devenu, moi, ce visage anonyme, cet inconnu hébété par le carnage d’un attentat terroriste qui allait passer à la télévision. J’étais devenu ce Pakistanais “ordinaire” que personne ne veut voir. Avant minuit, l’ensevelissement étant terminé, il ne restait plus personne autour de moi. Je restai seul à remâcher mes pensées, avec ma colère, épuisé, drainé, incapable de réfléchir clairement à ce qui s’était passé.

Plus les jours passaient, plus je me sentais seul. Personne à qui parler. Au Pakistan, on souffre en silence, le deuil est une affaire personnelle et la plupart des gens acceptent avec résignation la volonté de Dieu.

Pourtant, même si les gens semblent avoir la même réaction devant la mort, il n’existe pas de réaction type devant la mort, peut-être n’y a-t-il pas de mort typique. Notre douleur est aussi individuelle que notre vie.
Les jours suivants furent marqués par d’autres attentats. Je me sentais attiré par ces lieux. En parlant aux survivants, je me rendais compte que nous étions liés par un même sentiment, le sentiment d’une perte que personne d’autre ne peut comprendre.

Que fallait-il faire pour tous ces gens qui avaient si grièvement souffert? J’eus par la suite l’occasion de rencontrer des survivants du terrorisme dans tous les coins de la planète, à commencer par la Jordanie, où j’avais été invité pour l’inauguration d’un parc consacré à la mémoire des victimes des attentats de 2005 contre des hôtels d’Amman. Soixante personnes avaient trouvé la mort, 115 autres avaient été blessées. Cette solidarité des victimes du terrorisme de tous les pays m’a débloqué: j’ai trouvé un exutoire à ma colère et à mon impuissance, j'ai compris que je pouvais tendre la main à d’autres Pakistanais comme moi, mes frères. De retour au pays, je me mis à parler à d’autres survivants, à d’autres victimes, je fis des conférences dans des écoles et des universités pour que les jeunes comprennent ce qu’endurent les familles et les amis après ces événements. C’est ainsi que nous avons fondé le Réseau pakistanais des survivants du terrorisme, pour venir en aide aux victimes et survivants du terrorisme, pour leur permettre d’échanger, de se consoler, de partager leur douleur.

En parlant avec ces gens, j’ai compris que s'il est impossible d’oublier, nous pouvons tous apprendre à pardonner. Je demande à ceux qui partagent mon sort de faire tout ce qu'ils peuvent pour y parvenir.

Mais si jamais je devais me trouver en face d’un candidat au suicide meurtrier, je lui poserais quelques questions toutes simples: avez-vous bien lu ce que dit le Coran sur ces actes, ou vous êtes-vous borné à écouter les discours d’un idéologue? Savez-vous que le prophète Mahomet abhorrait la violence? Enfin, avez-vous bien conscience qu'un jour peut-être, un autre pourra commettre le même attentat, faisant peut-être des morts et des blessés parmi ceux qui vous sont chers?

Nous, victimes et survivants, ne sommes pas des gens "ordinaires". Nous avons souffert, une perte si bouleversante que je ne souhaite à personne de la comprendre ou de la connaître. J’espère que nos voix seront assez fortes pour être entendues par les jeunes extrémistes et leurs compagnons de route, qu’ils comprendront que leur actes ne feront que semer douleur, deuil et destruction.


           


1.Posté par NIRUPA PARMAR le 14/07/2011 13:30
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