Le Nobel de médecine à deux Américains et un Allemand

AFP
Lundi 7 Octobre 2013 - 17:24


Stockholm - Le prix Nobel de médecine 2013 a été décerné lundi aux Américains Randy Schekman et James Rothman et à l'Allemand Thomas Südhof pour leurs découvertes sur les transports intracellulaires, qui font mieux connaître des maladies comme le diabète.


Le Nobel de médecine à deux Américains et un Allemand
Le trio a été récompensé pour ses travaux sur ce système de transport à l'intérieur de la cellule, qui permet que "les molécules soient transportées à la bonne place dans la cellule au bon moment", selon le comité Nobel.

Cette mécanique impeccable, dans un environnement microscopique, et ses éventuelles perturbations étaient avant eux un mystère.

Leurs découvertes ont montré comment certaines maladies peuvent être déclenchées lorsque l'état des vésicules se dégrade, a expliqué le jury. Elles ont fait avancer la recherche sur les traitements contre des troubles neurologiques et immunologiques ou le diabète.

Ainsi, selon le jury du prix Kavli qu'il a reçu en 2010, M. Südhof travaille particulièrement sur l'autisme, la schizophrénie et la maladie d'Alzheimer.

"Les gens ordinaires peuvent bénéficier de cette recherche fondamentale sur la façon dont fonctionnent les cellules, qui a des implications inattendues et spectaculaires sur leur propre vie", a expliqué M. Schekman à l'AFP.

"Rothman, Schekman et Südhof ont établi le mécanisme sophistiqué qui permet le transport et la libération des molécules dans les cellules", a relevé le jury.

"Chaque cellule est une usine qui produit et exporte des molécules. Par exemple, l'insuline est fabriquée et libérée dans le sang et des signaux chimiques appelés les neurotransmetteurs sont envoyés d'une cellule nerveuse à une autre", a-t-il expliqué.

"Ces molécules sont transportées autour de la cellule dans de petits paquets appelés vésicules. Les trois lauréats du Nobel ont découvert les principes moléculaires qui gouvernent la manière dont ce chargement est livré au bon endroit au bon moment dans la cellule", a-t-il ajouté.

Les trois chercheurs travaillent dans des universités américaines.

M. Schekman, 64 ans, a obtenu son doctorat à Stanford et fait sa carrière à l'université de Californie à Berkeley. Le comité Nobel a indiqué qu'il avait "découvert un ensemble de gènes qui sont nécessaire au trafic des vésicules".

Il est le pionnier des trois, quand dans les années 1970, fasciné par cette mécanique ultraprécise, il s'est lancé dans la recherche génétique à partir de levures.

Ce chercheur a dit qu'il ne s'attendait pas à recevoir un Nobel. "Ma réaction quand je l'ai entendu a été l'incrédulité et la joie", a-t-il déclaré à l'AFP.

M. Rothman, 62 ans, a obtenu son doctorat à Harvard, puis est passé par le Massachusetts Institute of Technology et l'université californienne de Stanford. Depuis 2008, il est sur la côte Est à Yale. Il a "démêlé le mécanisme des protéines qui permet aux vésicules de fusionner avec leurs cibles pour permettre le transfert de leur chargement".

Dans les années 1980, en s'intéressant aux mammifères, il a établi avec M. Schekman la carte de "composants critiques de la machinerie de transport de la cellule".

"Tout le monde me disait que c'était dingue d'aller essayer de reproduire les choses mystérieuses et complexes qui surviennent dans une cellule", a-t-il expliqué dans un entretien diffusé sur le site internet de la fondation Nobel.

M. Südhof, 58 ans, a obtenu son doctorat à l'université de Göttingen en Allemagne. Il est aux Etats-Unis depuis 1983, et à Stanford depuis 2008. Il "a révélé comment les signaux donnent aux vésicules les instructions pour qu'elles libèrent leur chargement avec précision".

Dans les années 1990, il s'est penché sur la "précision temporelle" des cellules, pour lesquelles "tout est dans le timing", d'après le comité Nobel.

Le comité Nobel a eu du mal à le joindre car il était en route pour une conférence dans une petite ville du sud de l'Espagne, Baeza. "Vous êtes sérieux ?" a été sa première réaction, entend-on dans un enregistrement du coup de fil donné par la fondation Nobel.

"Ma femme pense que je suis fou", a-t-il dit, quand on l'interrogeait sur sa réputation de très gros travailleur.

Ces trois chercheurs se partageront un total de huit millions de couronnes suédoises (environ 915.000 euros).

Le trio succède au médecin et chercheur japonais Shinya Yamanaka et au biologiste britannique John Gurdon, lauréats 2012.

Le prix de médecine est le premier de la saison des Nobel 2013. Il doit être suivi de ceux de physique mardi, de chimie mercredi, de littérature jeudi, de la paix vendredi et d'économie lundi.


           

Nouveau commentaire :


Lire encore sur Hdhod:
< >

Actus | Politique | Economie | Chroniques | Cultures | Société | Arts | Livres | Education | Médias | Science | Technologies | Divertissement | Sport | Hdhod


IOS
Anrdoid
Facebook
Twitter
Rss