Le chef du Pentagone à Bruxelles pour muscler la coalition contre l'EI


Mardi 9 Février 2016 - 14:46
AFP


Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter espère réussir à muscler la coalition contre le groupe Etat islamique, lors d'une rencontre cette semaine à Bruxelles avec 27 de ses collègues de la coalition.


La réunion des ministres de la Défense aura lieu jeudi, au lendemain d'une réunion ministérielle de l'Otan dans la capitale belge.

Ces dernières semaines, le chef du Pentagone a exprimé plusieurs fois sa frustration face aux moyens insuffisants engagés selon lui par des partenaires de la coalition.

Ce technocrate au langage toujours soigneusement contrôlé a ainsi évoqué une "soi-disant coalition", dont certains membres ne font "rien du tout".

"Carter demande des contributions dans plusieurs de domaines, qu'il s'agisse d'avions de combat, de moyens de renseignement, de ravitailleurs" ou autre, a indiqué le porte-parole du Pentagone, Peter Cook.

Même des propositions purement financières peuvent aider, a estimé M. Cook. "Regardez les destructions à Ramadi", la ville sunnite d'Irak reconquise par l'armée irakienne, après des mois de combat contre les jihadistes.

"Payer la note pour ramener l'eau et l'électricité dans des villes comme Ramadi est d'une importance cruciale pour le peuple irakien, et pour être certain que la victoire contre l'EI est durable", a-t-il poursuivi.

Jusqu'à maintenant, la campagne militaire contre les jihadistes a coûté 5,8 milliards de dollars, soit 11,4 millions de dollars par jour.

Ces derniers temps, les responsables américains ont toutefois vu avec satisfaction les Pays-Bas rejoindre les frappes en Syrie. Ils ne bombardaient jusqu'à maintenant que l'Irak. Et l'Italie a envoyé des carabiniers pour former la police irakienne.

Le Canada, s'il arrête les frappes aérienne, enverra plus de militaires, se préparant par exemple à tripler son contingent de forces spéciales pour l'instant de 70 hommes.

Malgré des succès récents de la coalition, comme à Ramadi ou à Sinjar dans le nord de l'Irak, ou dans le nord-est de la Syrie, le groupe Etat islamique n'a pas encore été délogé de Mossoul, la deuxième ville irakienne, ou de Raqa, son fief syrien.

La lenteur des progrès face aux jihadistes alimente les critiques sur l'efficacité de l'administration Obama.

- Changements importants -

Et les faucons américains mettent désormais la pression pour une action en Libye, avant que le groupe Etat islamique ne parvienne à se constituer une nouvelle place-forte.

Dans ses discussions avec ses homologues, le secrétaire américain évoquera aussi la situation à Alep, dans le nord de la Syrie.

La ville, ex-bastion des groupes rebelles syriens, est assiégée par les troupes du régime de Bachar al-Assad avec l'aide des Russes et des Iraniens, dans une bataille qui a provoqué un nouvel exode de réfugiés massés près de la frontière turque.

Avant la réunion de la coalition, M. Carter participera à une réunion ministérielle de l'Otan, destinée notamment à préparer le sommet de l'organisation en juillet à Varsovie.

"Il va y avoir des changements importants pour l'Otan", a expliqué un responsable américain sous couvert de l'anonymat. Ces dernières années, l'Otan s'est mobilisée sur sa capacité à envoyer des forces hors d'Europe, comme en Afghanistan, a expliqué ce responsable.

"C'est très important, mais maintenant de plus en plus nous regardons notre capacité à agir, à nous déplacer en Europe même, là où il pourrait y avoir un problème" un jour, a-t-il expliqué, en allusion à la menace russe sur des pays comme les nations baltes.

Le dernier budget de l'administration Obama, dévoilé ce mardi à Washington, prévoit de quadrupler à 3,4 milliards de dollars les dépenses destinées à muscler la présence américaine en Europe face à la menace russe.


           

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