Le numéro spécial de Charlie Hebdo en guerre ouverte avec la religion


Mercredi 6 Janvier 2016 - 16:38
AA - Bilal Muftuoglu


Paris - Le numéro spécial de Charlie Hebdo commémorant le premier anniversaire des attentats de janvier 2015 qui ont décimé sa rédaction est arrivé mercredi en kiosque avec une couverture et la majorité des caricatures et articles consacrée à la critique de la religion.


Le numéro spécial consacre sa "une" à un Dieu barbu, armé d'une kalachnikov et portant un triangle avec un œil au milieu, sous le titre: "Un an après, l'assassin court toujours". Ce numéro comporte par ailleurs deux fois plus de pages qu'habituellement (32 contre 16) et est porté à près d'un million d'exemplaires, dont des dizaines de milliers qui seront vendus à l'étranger.

Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire, Riss, a dédié son édito aux attentats et au bilan de 2015, comme "l'année la plus terrible de toute l'histoire de Charlie Hebdo". Les attentats qui ont visé les six caricaturistes de l'hebdomadaire étaient "quelque chose qu'on avait imaginé, mais jamais réellement envisagé", a-t-il noté dans son article.

Charlie Hebdo verra "crever" tous ceux qui souhaitent sa mort, a martelé Riss, dénonçant à cet égard des "fanatiques abrutis par la Coran" et "des culs-bénits venus d'autres religions".

La majorité des articles et caricatures du journal a abordé des thèmes similaires avec des contributeurs faisant l'éloge de la laïcité et du droit de blasphème. Par ailleurs, la philosophe Elisabeth Badinter, qui a rédigé un article pour le numéro spécial, a soutenu mercredi matin qu'"il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe [pour défendre la laïcité]", sur France Inter.

En revanche, les représentants religieux en France se sont montrés hostiles à la "une" du journal, y voyant une "attaque" aux religions. "Je pensais qu'il y aurait plus un souvenir, une commémoration à l'égard des victimes", a estimé Abdallah Zekri, président de l'Observatoire de l'islamophobie sur LCI.

"Son titre est violent, il s'attaque à tout le monde, il s'attaque aux religions, il s'attaque aux intellectuels, il s'attaque à ses confrères. Quand je vois ça, je vous avoue que je n'ai pas l'intention de commémorer quoi que ce soit le 7 janvier", a-t-il encore noté.

Dire que les religions voulaient la mort du journal, cela ne veut rien dire. C’est quoi les religions? Ce sont des personnes et personne ne réclamait la mort du journal. J’aurais tendance à traiter cet éditorial par l’indifférence", a commenté Monseigneur Di Falco, évêque de Gap.


           

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