Les villes nouvelles au Maroc : les exemples de Tamesna et de Tamansourt

Centre d’Etudes Internationales
Samedi 28 Juillet 2012 - 12:47


Depuis quelques années le Maroc connaît une forte croissance de sa population, concentrée massivement en milieu urbain. Ce phénomène est en grande partie dû à l’exode rural, qui a fait que la population urbaine a progressé en moyenne de 4% par an. Cette urbanisation massive a incité les pouvoirs publics marocains à réfléchir à des méthodes efficaces, à même de remédier à cette situation et de faire face à la pénurie de logements. L’idée de la mise en place de projets portant sur la création de villes nouvelles, disposant de tous les équipements nécessaires, a, dès lors, vu le jour. Il conviendrait de signaler, à juste titre, que ces projets sont étroitement liés à celui, dénommé, « Maroc sans bidonvilles », projet initié, en 2004, par SM le roi Mohammed VI. Rappelons que ledit projet vise essentiellement à lutter contre l’habitat insalubre et à améliorer les conditions de vie des citoyens marocains les plus nécessiteux.


Les villes nouvelles au Maroc : les exemples de Tamesna et de Tamansourt
Cela dit, le coup d’envoi a été donné par SM le roi, dans la même année, avec le lancement des travaux de la nouvelle ville de Tamansourt, située à 7 kilomètres de la ville de Marrakech. Avec un coût global de 24,5 milliards de dirhams, ce projet ambitionne d’accueillir, à terme, 300 000 habitants. Par ailleurs, construite sur une superficie de 1900 hectares, Tamansourt est indéniablement la plus grande ville nouvelle du continent africain.

Pour ce qui est de la ville nouvelle de Tamesna, dont les travaux ont débuté en 2006, celle-ci a été édifiée sur une surface de 840 hectares, avec une capacité d’accueil de 250 000 habitants. De plus, couvrant, à elle seule, 36% des besoins en logement dans la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer, Tamesna compte 54000 logements, dont 8300 logements à faible coût, 9800 logements économiques et 1500 villas économiques. En outre, pour la réalisation de ce projet gigantesque, dont le coût total généré est estimé à 22 milliards de dirhams, environ 30 promoteurs, nationaux et étrangers, se sont mis à l’œuvre en vue d’aboutir aux résultats escomptés. Ainsi, en plus de clairement renseigner sur le volontarisme des promoteurs publics et privés nationaux, l’implication des acteurs, étrangers en particulier, met en exergue la bonne santé de l’économie nationale et témoigne d’un climat concurrentiel sain.

Notons, par ailleurs, que l’Etat est fortement impliqué dans le projet des villes nouvelles à travers le financement, notamment, des logements à faible coût, à hauteur de 40 000 dirhams. De plus, conscient des difficultés rencontrées, en particulier par les jeunes ménages, l’Etat favorise le recours au crédit par le biais du programme de garantie, libellé, Damane Sakane, destiné principalement aux Marocains à revenus moyens. De surcroît, les pouvoirs publics ont veillé à l’installation des infrastructures de base et d’équipements, tels que les espaces verts, les hôpitaux, les écoles ou les haltes de transport, en vue de garantir le confort et le bien-être du citoyen marocain.

Sur un autre registre, au-delà de l’objectif primordial, visant à désengorger les grandes métropoles, les villes nouvelles alimentent le secteur économique du bâtiment et des travaux publics. En ce sens que les différents chantiers lancés tendent à la création de 800 000 emplois au niveau national. De même, ce secteur promet la création annuelle de 50 000 nouveaux emplois, participant ainsi à la réduction du chômage et, in fine, à l’amélioration de la vie du citoyen marocain, qui, rappelons-le, demeure au cœur de tout projet initié dans le royaume chérifien.  

En somme, le succès de Tamansourt et de Tamesna a poussé les pouvoirs publics marocains à amorcer d’autres projets de villes nouvelles couvrant l’ensemble du royaume. En 2006, par exemple, quatre nouveaux chantiers ont été lancés, à savoir Lakhyayta et Zenata, à proximité de Casablanca, Melloussa à Tanger et Tagadirt à Agadir. A terme, environ quinze villes nouvelles verront le jour d’ici 2020. Celles-ci permettront de répondre à un besoin réel ressenti en matière de logement, en particulier chez les populations habitant dans les bidonvilles. De cette manière, des projets d’une telle envergure permettent non seulement aux pouvoirs publics de s’acquitter de leur mission sociale, en termes de droit au logement et de résorption de la précarité et de la pauvreté, mais également de dynamiser l’économie nationale, à travers un partenariat entre le secteur public et le secteur privé, appuyé par la participation de groupes internationaux.


           

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