Maroc : ce que les jeunes attendent des élections législatives

Nathalie Brion - leplus.nouvelobs.com
Vendredi 25 Novembre 2011 - 17:23


C’est aujourd’hui, vendredi 25 novembre, que se déroule un scrutin très attendu au Maroc, dans un contexte marqué par les événements du "Printemps arabe" et les résultats du récent vote tunisien.


Panneaux des partis politiques en lice aux élections législatives du 24 novembre 2011, Casablanca, Maroc (Abdeljalil Bounhar/SIPA)
Panneaux des partis politiques en lice aux élections législatives du 24 novembre 2011, Casablanca, Maroc (Abdeljalil Bounhar/SIPA)
Le 16 novembre, la société Tendances Institut, en partenariat avec l’Institut Thomas More, publiait une analyse des attentes de la jeunesse exprimées sur la blogosphère marocaine francophone autour de ces élections. Tendances Institut livre les principales conclusions de cette enquête.

La "Blogoma", un espace de liberté pour briser les tabous

Avec plus 80.000 blogs et 20 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux, le web social marocain témoigne d’un dynamisme plus ancien qu’ailleurs. Dynamisme qui s’est intensifié en 2011 avec les multiples appels à manifester lancés par le Mouvement du 20 février sur Facebook.

485.000 mots ont été "absorbés" sur les médias sociaux francophones (blogs, forums, plateformes de partages de vidéos etc.), lieux d’expression des leaders d’opinion de la société civile issus de la jeunesse citadine et connectée. L’analyse quantitative et qualitative des données a permis de mettre au jour l’opinion online vis-à-vis des partis politiques en lice, mais aussi des principaux enjeux sociétaux des élections.

 Une génération de plus en plus politisée mais en perte de repère

La jeunesse, de plus en plus politisée, exprime largement sa perte de confiance dans les personnalités politiques actuelles, jugées obsolètes et peu en phase avec les aspirations d’une génération en pleine modernisation. Les internautes affichent également une réelle défiance envers les institutions et stigmatisent la corruption.

 Si le renouvellement et le rajeunissement de l’élite politique constituent à n’en pas douter l’une de principales revendications des jeunes Marocains, ces derniers attendent aussi des futurs élus une prise en compte des défis socio-économiques. Tiraillée entre modernisation de la société et attachement aux valeurs culturelles traditionnelles, la jeunesse marocaine exprime sa quête de repères, son inquiétude pour l’avenir et aspire à la stabilité : le "développement", le "travail" et la "famille" sont au cœur de ses préoccupations.
 
Une opinion fragmentée : aucune force ne domine dans les urnes

Les messages de soutien indéfectible au roi Mohammed VI sont nombreux sur la toile, mais la plupart du temps assortis d’une demande de réformes structurelles concrètes : les internautes perçoivent en effet ses discours comme "en phase avec les changements qui s’opèrent dans le pays" et attendent leur concrétisation ce qui pèse sur la perception de l’Alliance pour la démocratie, dit le G8. Trop vue comme un outil visant à contrer le Parti de la justice et du développement (PJD, principal parti d'opposition) quand des projets concrets sont attendus. 

 Le PJD suscite le débat moins par conviction et intention de vote que par volonté de provoquer un débat politique pluraliste. En effet, si certains voient dans le PJD une alternative à l’immobilisme du gouvernement actuel, beaucoup expriment leur réticence et leur méfiance, vis-à-vis d’un parti perçu comme "archaïque" et en décalage avec le Maroc moderne.

Les prévisions sur les intentions de vote demeurent donc aléatoires, les internautes déplorant se trouver face à une "multitude de partis sans réelle importance ou portée politique ou influence populaire".

 Un taux de participation plus élevé qu’en 2007 ?

Entre la multiplication des manifestations pour le boycott organisées par le Mouvement du 20 février d’un côté, et la récente intensification des appels au vote émanant de la jeunesse de l’autre, le taux de participation concentre les débats.

Le Mouvement de contestation du 20 février appelle au boycott, Casablanca, Maroc, 20 novembre 2011 (Abdeljalil Bounhar/SIPA)
Le Mouvement de contestation du 20 février appelle au boycott, Casablanca, Maroc, 20 novembre 2011 (Abdeljalil Bounhar/SIPA)
Sur ce point, Tendances Institut estime peu probable que le taux atteigne celui du référendum du 1er juillet sur la Constitution (72,56 %). Toutefois, le climat actuel, imprégné des évènements du "Printemps arabe", du référendum constitutionnel et des résultats tunisiens pourrait favoriser une fréquentation des urnes plus élevée que lors des élections de 2007, soit supérieure à 37%.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/217255;maroc-ce-que-les-jeunes-attendent-des-elections-legislatives.html


           

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