Mort d'un petit garçon dans un hôpital, victime d'une erreur d'une infirmière

Le Point.fr/AFP
Vendredi 26 Décembre 2008 - 13:55


Un enfant de trois ans est décédé mercredi soir à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris (XIVe), victime d'une erreur de médicament administré par une infirmière qui a reconnu s'être trompée et a été placée en garde à vue, une procédure contestée par des syndicats.


Mort d'un petit garçon dans un hôpital, victime d'une erreur d'une infirmière
"Dès les premiers moments, l'infirmière est venue dire à son chef de service qu'il s'agissait d'une erreur", a déclaré jeudi à la presse la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

Le petit garçon de trois ans, décédé mercredi dans cet hôpital, avait été admis en pédiatrie générale pour une angine pour laquelle cette infirmière lui aurait administré par erreur du chlorure de magnésium, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête.

"Il est venu aux urgences pour un truc bénin, ça s'est détérioré et il a été emmené en réa", a expliqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat un médecin de garde de l'hôpital Cochin-Saint-Vincent de Paul.

L'enfant, dont les parents habiteraient Joinville-le-Pont dans le Val-de-Marne, est décédé mercredi vers 20H00. Une infirmière, dont l'âge n'a pas été précisé, a été placée en garde à vue, mercredi un peu plus tard dans la soirée, dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) chargée de l'enquête par le parquet de Paris.

La direction de l'AP-HP, qui avait dès mercredi avancé l'hypothèse d'une erreur humaine, a annoncé jeudi matin à l'AFP qu'elle avait "demandé un audit interne pour comprendre les circonstances de ce drame".

Cette infirmière a fait une erreur sur la nature du médicament à administrer, et non la dose, a précisé Jean-Marie Le Guen, président du conseil d'administration de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP).

Sa garde à vue, toujours en vigueur jeudi en milieu de journée, "est la procédure normale dans ce cas", a assuré Mme Bachelot, en marge d'une visite à l'hôpital Robert-Debré à Paris (XIXe).

"J'ai demandé une enquête à la DDASS de Paris", a ajouté Mme Bachelot, selon laquelle "la famille est prise en charge à l'intérieur du service pour l'accompagner dans son grand malheur".

Le Parquet prendra sa décision jeudi soir sur une prolongation éventuelle de la garde à vue, a précisé une source policière tandis que deux syndicats ont jugé cette procédure disproportionnée.

Sud, deuxième syndicat de l'AP-HP, a déclaré jeudi à l'AFP que l'"erreur" d'une infirmière ayant débouché sur une "catastrophe", à savoir la mort d'un enfant, n'est pas un "crime" justifiant une garde à vue.

"La mort d'un enfant c'est toujours une catastrophe. Je comprends que les parents soient effondrés. Ce qui me pose problème, c'est la façon dont on réagit aujourd'hui en mettant les gens en garde à vue", a expliqué Marie-Christine Fararik (Sud AP-HP) à l'AFP.

"La ministre peut toujours dire à la télé +vous voyez comme nous sommes du côté des victimes+, comme si ça avait été fait exprès, comme si c'était un crime", a-t-elle dénoncé.

Jugeant le "risque zéro" impossible, Mme Fararik a souligné que l'accroissement "à tout prix" de la "productivité" à l'hôpital "peut favoriser" ce type d'erreur sur fond de "manque d'effectifs" et de "restriction budgétaire".

Un responsable de la CGT-santé, Christophe Prudhomme, interrogé par l'AFP, a également souligné qu'"à partir du moment où l'erreur n'est pas intentionnelle, la garde à vue est disproportionnée".

"Aujourd'hui, du fait de la tension qui existe dans les hôpitaux, liée notamment au manque d'effectifs et à la dégradation des conditions de travail", a-t-il ajouté, "on peut prévoir que ce type d'accident, qui devrait rester exceptionnel, risque de se multiplier".


           

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