Proche-Orient: Israël resserre son étau sur Gaza


Lundi 14 Juillet 2014 - 16:34
AFP


Jérusalem - Israël bombardait lundi pour le 7e jour consécutif la bande de Gaza, malgré les appels internationaux à une trêve, mais sans exécuter sa menace d'intervention terrestre pour faire cesser les tirs de roquettes du Hamas.


 la première fois depuis le début de l'opération à Gaza, un Palestinien de 20 ans a été tué en Cisjordanie dans des heurts avec l'armée lors d'une manifestation lundi matin au sud de Hébron.

Parallèlement, Israël a poursuivi sa campagne de répression en Cisjordanie, en arrêtant 23 Palestiniens dans la nuit, dont 11 députés du Hamas.

A Gaza, de nouvelles frappes ont touché des bases des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas. L'armée a fait état de 40 "sites terroristes" visés dans la nuit de dimanche à lundi.

Mais si l'armée poursuit ostensiblement ses préparatifs pour une opération terrestre de grande envergure, les médias israéliens ont indiqué qu'une réunion du cabinet de sécurité s'était achevée tard dimanche sans que la question soit tranchée.

En près d'une semaine, les bombardements israéliens ont fait 175 morts et 1.280 blessés, des civils pour la plupart, selon les secours palestiniens.

Lundi, les frappes ont fait cinq morts. Ces dernières 48 heures se sont révélées moins meurtrières que samedi, lorsque 56 Palestiniens avaient été tués. Selon les journalistes de l'AFP sur place, les bombardements israéliens ont baissé d'intensité.

Ces bombardements ont néanmoins endommagé des immeubles à Gaza (centre) et dans le nord de l'enclave, dans une zone proche de la frontière qu'Israël avait appelé les habitants à évacuer.

Lundi, beaucoup de familles parties dimanche à la hâte retournaient chez elles, les unes pour chercher des effets personnels, les autres dans l'espoir que l'accalmie se prolonge, selon des journalistes de l'AFP.

Selon l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), quelque 17.000 personnes ont trouvé refuge dans les écoles qu'elle gère sur place.

"Tout indique, c'est dramatique, que les femmes et les enfants représentent une large part des victimes des frappes aériennes. A l'heure actuelle, plus du quart des décès sont des enfants", a déploré à Gaza le patron de l'UNRWA, Pierre Krahenbuhl.

Mais l'accueil dans les écoles est difficile. "Il y a très peu d'eau, de nourriture et les enfants n'ont rien à faire. On dort à même le sol", a raconté Rehab, une réfugiée de 27 ans.

- Le Hamas lance un drone -

Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle Gaza, ne semblait pas enclin non plus à déposer les armes. Tôt lundi, l'armée a lancé un missile sol-air Patriot pour neutraliser un véhicule aérien sans pilote (UAV) au-dessus d'Ashdod, à 30 km au nord de Gaza.

Selon la radio militaire, le drone palestinien transportait probablement des explosifs.

Dans un message en hébreu sur Twitter, les brigades al-Qassam ont proclamé avoir lancé "plusieurs UAV au coeur de l'entité ennemie".

Dans le même temps, 12 roquettes tirées de la bande de Gaza ont touché Israël et sept ont été interceptées par le système de défense. Depuis le début des hostilités, environ 1.100 projectiles ont été lancés, dont 780 ont atteint Israël, sans faire de mort.

La spirale de violences a été enclenchée après l'enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens près de Hébron en juin, attribués par Israël au Hamas, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem par des extrémistes juifs.

Il s'agit du conflit la plus meurtrier depuis une opération similaire en novembre 2012 à Gaza, déjà destinée à faire cesser les tirs de roquettes.

- Toujours pas de trêve -

Les appels de la communauté internationale à une trêve continuaient pour leur part à se multiplier, sans qu'aucune avancée ne se profile.

"Trop de civils palestiniens ont été tués" et une offensive terrestre ne ferait qu'alourdir ce bilan, a prévenu dimanche le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, réitérant son appel à un cessez-le feu.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a en revanche promis dimanche de frapper "avec de plus en plus d'intensité", accusant le Hamas d'utiliser "la population comme un bouclier humain".

La Ligue arabe, dont les ministres des Affaires étrangères doivent se réunir lundi au Caire, a exhorté la communauté internationale à protéger Gaza, faisant écho à une demande dimanche du président Mahmoud Abbas de "placer officiellement l'Etat de Palestine sous le régime de protection internationale de l'ONU".

Le ministre allemand des Affaires étrangères est attendu en Israël et en Cisjordanie mardi. Son homologue italienne doit aussi s'y rendre.

La radio militaire israélienne a néanmoins cité des sources de sécurité "au plus haut niveau" évoquant "quatre canaux pour tenter d'arriver à un cessez-le-feu: la Qatar, l'Autorité palestinienne, les Américains et Le Caire".

Mais l'Egypte, habituel médiateur, n'entretient plus les mêmes liens avec le Hamas depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi et semble avoir adopté un profil bas dans cette nouvelle crise.


           

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