Russie : Un puissant géoradar au service des égyptologues

RIA Novosti
Dimanche 10 Mai 2009 - 10:52


Les archéologues russes procédant à des fouilles en Égypte peuvent compter sur un appareil aux propriétés remarquables - un puissant géoradar à impulsions - élaboré par un institut russe, rapportent RIA Novosti et le site nkj.ru.


Russie : Un puissant géoradar au service des égyptologues
Le géoradar mis au point par des physiciens russes pour "lire" dans le sol permet d'éviter aux archéologues de remuer d'énormes quantités de terre dans le cadre de leurs fouilles. Il permet tout à la fois de gagner du temps et d'économiser des moyens humains, matériels et financiers, résume Pavel Morozov, chercheur à l'Institut du magnétisme terrestre, de l'ionosphère et de la propagation des ondes radio (IZMIRAN). C'est dans cet institut qu'a été mis au point ce géoradar. Grâce à lui, les archéologues peuvent concentrer leurs efforts sur l'étude des sites les plus intéressants.
Lors d'une table ronde qui s'est tenue récemment, Pavel Morozov a précisé comment les géophysiciens russes coopéraient avec les archéologues. "Nous utilisons un géoradar - un géolocalisateur à impulsions - qui envoie de courtes impulsions très puissantes sous la terre et, selon le signal qui provient en retour des structures géologiques, des objets archéologiques, on peut créer une coupe géologique jusqu'à 15 à 20 m et réaliser ainsi des découvertes archéologiques sans même remuer de terre".
Ce qui distingue le géoradar de l'IZMIRAN des autres appareils russes et étrangers du même type, souligne le chercheur, c'est la puissance de son émetteur, qui est de 10.000 fois supérieure à celle de tout autre appareil. "Cela permet de travailler sans limitations dans tous les types de sol, qu'ils soient complexes, humides, ou fortement absorbants.
Garantissant une puissance élevée de l'impulsion de sondage, le géoradar est capable d'enregistrer les signaux réfléchis par des objets, même si ceux-ci sont atténués de plus d'un million de fois. Il utilise, en outre, un système particulier d'enregistrement des signaux, ainsi que des antennes spéciales.
Cet appareil a été testé pour la première fois en 2006, lors des fouilles réalisées dans la partie orientale du plateau de Gizeh, où oeuvrait alors une expédition russe du centre d'égyptologie Golenichtchev, dirigée par Eleonora Kornycheva. "On nous avait demandé, explique Pavel Morozov, d'essayer de découvrir des tombes qui avaient été décrites il y a environ 150 ans par l'archéologue allemand Lepsius, et qui avaient ensuite été perdues, car elles avaient été recouvertes sous une épaisse couche de déchets par des expéditions venues plus tardivement. Après quelques tentatives, nous sommes parvenus, dès le début de nos recherches, à découvrir deux emplacements. Et par la suite, nous avons découvert les fameuses tombes".
Le géoradar s'est également illustré dans une autre circonstance, plus récente. Il a permis de découvrir la route antique menant du temple bas au temple haut de la pyramide de Khéops. Les clichés radio de la route ont fait apparaître clairement celle-ci, qui était enfouie sous 2,5 m de dépôts.
Le géoradar permet de voir la structure du sol, les frontières géologiques et les objets archéologiques, mais il ne pourra jamais remplacer les archéologues, prévient toutefois Pavel Morozov. "Il est appelé à aider les archéologues dans leur travail, à diminuer dans des proportions importantes le volume des terres déplacées. C'est particulièrement d'actualité en Egypte, en raison de la diminution de la durée des saisons de fouille, des difficultés financières liées à la nécessité de payer une main-d'oeuvre importante pour effectuer tous ces travaux de fouille". L'utilisation du géoradar et l'étude préalable du lieu des futures fouilles, conclut le chercheur, permettront de limiter l'aire des fouilles à des dimensions minimales, ce qui impliquera de retourner d'autant moins de terre.
Alexeï Krol, directeur adjoint du Centre d'études égyptologiques de l'Académie des sciences russe, a rappelé quant à lui qu'une expédition russe travaille depuis 2003 dans l'oasis de Fayoum. Lors de la dernière campagne de fouilles, elle a découvert dans une nécropole des momies avec des masques d'or, et plusieurs objets présentant un grand intérêt.
Le chercheur a également indiqué qu'entre autres sites, les archéologues russes travaillaient à Memphis, où ils étudient un territoire de 20 hectares. Dès la prochaine saison, ils envisagent d'y utiliser le géoradar de l'IZMIRAN, car les études qu'ils ont réalisées à l'aide des moyens géomagnétiques traditionnels n'ont pour l'instant débouché sur aucun résultat. "La méthode géomagnétique n'a pas fonctionné à Memphis, explique Alexandre Krol, car les couches supérieures ont été détruites par des fouilles de pillage. Il y a beaucoup de céramique, et cette céramique "bouche" le signal magnétique. Si bien qu'ici, l'utilisation du géoradar peut être salvatrice".
Les archéologues russes étudient aussi depuis 2006 la tombe d'un haut dignitaire, un scribe chargé de copier les dépêches à la cour du roi Mérenptakh, à côté de Louxor. Ils y ont découvert une grande quantité de momies et de peintures murales. Ces dernières sont restaurées par des spécialistes du Centre russe Grabar.


           

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