Russie: des centaines de partisans de l'opposant Navalny interpellés


Lundi 12 Juin 2017 - 14:35
AFP


L'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, et des centaines de ses partisans ont été interpellés lundi alors qu'ils défiaient les autorités dans toute la Russie lors d'une nouvelle journée de mobilisation contre la corruption des élites.


Après des manifestations d'une ampleur inattendue le 26 mars, des milliers de Russes, souvent très jeunes, sont descendus dans la rue dans des dizaines de villes, y compris près du Kremlin à Moscou où les forces anti-émeutes tentaient de repousser la foule.

L'ONG spécialisée OVD-Info a a compté 121 interpellations à Moscou, 137 à Saint-Pétersbourg (nord-ouest) mais aussi des arrestations en nombre plus réduit dans des villes de province de Vladivostok (Extrême-Orient) à Norilsk (Grand Nord) en passant par Sotchi (Sud), a-t-elle indiqué sur Twitter.

"Poutine se trouve au pouvoir depuis 17 ans et ne compte pas en partir", a dénoncé Alexandre Tiourine, 41 ans, pendant le rassemblement moscovite sur la rue Tverskaïa qui débouche sur le Kremlin. "Il a usurpé le pouvoir, il y a une absence totale de société civile dans le pays, les tribunaux ne fonctionnent pas, la corruption s'est transformée en système".

La foule scandait "La Russie sans Poutine!" ou "Liberté pour Navalny!".

Ce dernier, qui compte se présenter contre Vladimir Poutine à la présidentielle de mars prochain, a été interpellé dès la sortie de son domicile, a annoncé son épouse sur le compte officiel de l'opposant: "Salut, c'est Ioulia Navalnaïa. (...) Alexeï a été interpellé à l'entrée de l'immeuble. Il a demandé de vous transmettre que nos projets n'ont pas changé: Tverskaïa".

La police a confirmé avoir emmené l'opposant de 41 ans en vue de le présenter à un juge pour violations des règles encadrant l'organisation de manifestation et refus d'obtempérer aux injonctions des force de l'ordre.

Le bloggueur, dont les film-enquêtes partagés sur les réseaux sociaux dénoncent la corruption des élus et oligarques, avait appelé à des manifestations dans toute la Russie lundi, jour férié où le pays commémore sa proclamation d'indépendance en 1990 avant la chute de l'URSS.

- "Alternance" -

Dans la capitale, un rassemblement avait été autorisé dans le nord-est de la ville mais Alexeï Navalny a décidé au dernier moment de le déplacer au motif que la mairie de Moscou empêchait, selon lui, les prestataires de lui louer une scène et des équipements sonores.

Il s'est donc déroulé à quelques centaines de mètres du Kremlin, où pendant ce temps Vladimir Poutine remettait à des écoliers leurs cartes d'identité.

A l'extérieur des murs épais du territoire de la présidence, les jeunes, y compris mineurs, étaient très nombreux dans le cortège.

"Nous voulons une alternance comme dans tous les pays normaux (...) Nous voulons une réponse des autorités", a expliqué Iégor, 16 ans, qui portait une pancarte "La corruption vole le futur" et se disait prêt à une éventuelle arrestation.

"Dans n'importe quel pays, il y a besoin d'une opposition pour contrôler les actes du pouvoir", a insisté Arséni, lycée de 16 ans également.

L'opposant numéro un au Kremlin avait créé la surprise le 26 mars en faisant descendre dans la rue des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux jeunes qui n'ont connu que Vladimir Poutine au pouvoir, dans toute la Russie.

Cette mobilisation, d'une ampleur inédite depuis plusieurs années, suivait la publication par l'équipe de M. Navalny d'un film-enquête accusant le Premier ministre Dmitri Medvedev de se trouver à la tête d'un empire immobilier financé par des oligarques.

La police avait interpellé plus de 1.000 personnes, dont M. Navalny qui a passé 15 jours en rétention. Depuis, sept personnes ont été placées en détention provisoire en vue d'être jugées pour violences envers les forces de l'ordre, dont deux ont été condamnées à des peines de prison ferme.

Avant les manifestations de lundi, l'équipe d'Alexeï Navalny ainsi que l'ONG Human Rights Watch avaient dénoncé des pressions de la part des universités ou des écoles pour dissuader les jeunes de manifester, avec parfois des menaces d'exclusion.

Fin mai, la présidente du Sénat russe Valentina Matvienko a indiqué que le Parlement réfléchissait à interdire aux mineurs de participer à des rassemblements non autorisés, sous peine de sanctions pour les parents.


           

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