Syrie: après un mois de combats, les Kurdes résistent toujours à Kobané


Jeudi 16 Octobre 2014 - 16:10
AFP


Mirsutpinar (Syrie) - Un mois après le début de l'offensive du groupe Etat islamique sur Kobané, les combattants kurdes résistent toujours, aidés par les frappes de la coalition, mais les Etats-Unis se montrent davantage préoccupés par les "avancées importantes" des jihadistes en Irak.


Syrie: après un mois de combats, les Kurdes résistent toujours à Kobané
Le sort de Kobané, troisième ville kurde de Syrie frontalière de la Turquie devenue dans le monde entier le symbole de la lutte contre l'EI, reste totalement incertain après 30 jours de combats acharnés.

Les jihadistes y ont pénétré jusqu'au centre et occupé jusqu'à la moitié de la ville, mais les combattants kurdes semblent avoir repris cette semaine du terrain perdu grâce à l'intensification des bombardements aériens.

Les combattants des YPG (Unités de protection du peuple), principale milice armée kurde de Syrie, ont ainsi "progressé dans l'est et dans le sud-est de la ville", a indiqué jeudi un responsable kurde local, Idriss Nassen.

De telles affirmations sont impossibles à vérifier en l'absence d'observateurs indépendants et de journalistes à Kobané. L'EI ne communique pas sur l'évolution de ses opérations.

Le responsable kurde a insisté sur le fort impact des raids aériens de la coalition militaire multinationale, qui frappe l'EI "de façon plus efficace ces derniers jours" selon lui.

Les Etats-Unis ont annoncé avoir bombardé les positions de l'EI dans et autour de Kobané à dix-huit reprises mardi et mercredi, provoquant la mort de "plusieurs centaines" de ses combattants.

Mais "Kobané pourrait encore tomber", a mis en garde le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

Le coordonnateur de la coalition, le général américain à la retraite John Allen, a également averti que l'option militaire et les raids aériens ne suffiraient pas pour terrasser l'EI. Les frappes à elles seules ne produisent "ni gagnants, ni perdants", selon lui.

- 662 morts en un mois -

En un mois, "la bataille de Kobané" a provoqué la mort de 662 personnes, selon un décompte de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui ne prend cependant pas en compte les victimes des frappes aériennes.

L'EI y a perdu 374 combattants, les YPG 258, tandis que dix autres combattants Kurdes et vingt civils ont été tués au cours des combats.

La bataille a débuté le 16 septembre lorsque l'EI, qui a proclamé un "califat" sur les vastes régions qu'il contrôle à cheval sur la Syrie et l'Irak, a lancé une offensive pour conquérir la troisième ville kurde de Syrie, située à la frontière avec la Turquie.

Depuis, la région de Kobané s'est vidée de ses habitants: plus de 300.000 personnes ont fui, dont plus de 200.000 en Turquie et des milliers en Irak, selon les estimations.

- 'Urgence' en Irak -

Si les Etats-Unis considèrent avant tout Kobané comme une opération "humanitaire" et non "stratégique", ils se montrent davantage préoccupés par l'évolution en Irak.

"L'urgence en Irak est clairement en ce moment notre principale préoccupation", a affirmé le général Allen, en évoquant la situation militaire mais aussi les problèmes politiques à Bagdad.

Il a reconnu qu'"évidemment, l'EI avait réalisé des avancées importantes en Irak", notamment dans la province occidentale d'Al-Anbar que les jihadistes sunnites tentent de contrôler complètement.

L'armée irakienne, épaulée par des tribus, a cependant réussi mercredi à repousser un assaut de l'EI contre Ramadi, chef-lieu d'Al-Anbar.

Cette province majoritairement sunnite est un objectif majeur pour les jihadistes qui veulent prendre le contrôle des zones qui lui échappent encore. Ils la contrôleraient à 85%, selon un haut responsable de la province.

Les avions de coalition continuent à mener des raids quotidiens qui visent notamment des positions de l'EI dans le centre du pays, selon le Pentagone.

S'étant entretenus à plusieurs reprises ces derniers jours sur la stratégie militaire, les responsables des pays de la coalition ont appelé la Turquie à s'impliquer davantage, notamment en permettant l'utilisation de ses bases militaires, plus proches des lieux de frappes, notamment en Syrie.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a par ailleurs rejeté mercredi l'appel de la France à ouvrir plus largement le passage à la frontière avec le nord de la Syrie.

Il a insisté sur le fait que seuls les Syriens étaient autorisés à "repartir pour rejoindre la lutte" pour Kobané.

Ankara interdit aux combattants rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de rejoindre Kobané, provoquant la colère des Kurdes de Turquie.

"Nous ne laissons pas les citoyens turcs entrer en Syrie parce que nous ne voulons pas qu'ils prennent part au conflit syrien", a justifié M. Davutoglu.

Le président français François Hollande avait estimé que la Turquie devait "absolument ouvrir sa frontière" à des renforts pour empêcher la chute de cette ville.


           

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