Syrie: l'EI aux portes d'une grande ville du nord-est


Jeudi 4 Juin 2015 - 18:11
AFP


Le groupe Etat islamique (EI) était jeudi aux portes de Hassaké, chef-lieu d'une province du nord-est de la Syrie, malgré la poursuite des raids de la coalition internationale qui ont tué 10.000 jihadistes dans ce pays et en Irak.


Syrie: l'EI aux portes d'une grande ville du nord-est
Dans ce pays voisin de la Syrie, une frappe de cette coalition menée par Washington a détruit l'un des plus importants sites de fabrication de voitures piégées de l'EI, arme de prédilection de l'organisation extrémiste, tandis que des attentats jihadistes contre deux bases militaires ont été déjoués dans l'ouest du pays.

En Syrie, l'EI ne se trouve plus qu'à 500 mètres de Hassaké, une ville dont le contrôle est partagé entre le régime de Bachar al-Assad et les forces kurdes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La chute de cette ville donnerait à l'EI le contrôle d'une deuxième capitale provinciale en Syrie après Raqa (nord), son principal bastion dans ce pays ravagé par quatre ans de guerre.

Elle serait également le troisième chef-lieu d'une province à échapper au régime, la ville d'Idleb (nord-ouest) étant aux mains d'Al-Qaïda et de rebelles depuis le 28 mars.

- Familles en fuite -

La bataille pour Hassaké, commencée le 30 mai, se poursuivait jeudi à la périphérie sud et sud-est de la ville, limitrophes des quartiers tenus par le régime, selon l'OSDH et des militants.

"Des familles dans ces quartiers ont fui vers les secteurs kurdes dans le nord et l'ouest de la ville", a affirmé à l'AFP via internet Arin Shekhmos, un militant de la province.

"Ils ont peur de l'avancée de l'EI et des tirs au mortier" lancés par l'EI, a-t-il précisé, indiquant que le courant et les communications étaient coupés dans la ville après la prise par le groupe d'une station d'électricité à la périphérie sud.

D'après l'OSDH, l'EI a dépêché il y a quelques jours en renfort plus de 400 jihadistes de Deir Ezzor (est) vers Hassaké. Le régime a également fait état de l'envoi de renforts.

Le quotidien syrien Al-Watan, proche du régime, a critiqué le manque d'implication des forces kurdes dans la bataille se disant "surpris de la faiblesse de certains frères kurdes" pour défendre Hassaké.

- Nouveaux raids meurtriers à Alep -

Dans le nord du pays, de nouveaux raids aériens du régime ont tué 14 civils dans deux localités de la province d'Alep, contrôlée en majorité par les rebelles. La moitié des morts sont des enfants, dont quatre petits frères, selon l'OSDH.

Les ONG internationales dénoncent régulièrement l'utilisation des barils d'explosifs par le régime de Bachar al-Assad, qui dément recourir à cette arme destructrice et aveugle.

D'après l'OSDH, le régime veut punir les civils résidant dans les zones rebelles, après ses revers ces derniers mois notamment dans le nord du pays où il a perdu plusieurs villes frontalières de la Turquie au profit d'Al-Qaïda et d'insurgés alliés.

Après les revers du régime, des milliers de combattants irakiens et iraniens sont arrivés récemment en Syrie avec pour objectif principal de défendre Damas et sa banlieue, a affirmé une source de sécurité syrienne à l'AFP.

A Istanbul, l'opposition en exil a rencontré jeudi le médiateur de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

- La coalition défend son bilan -

En Irak, des responsables ont affirmé qu'une frappe de la coalition internationale avait détruit mercredi à Hawija (225 km au nord de Bagdad) l'un des plus importants sites de fabrication de voitures piégées de l'EI, une arme dévastatrice de plus en plus utilisée par le groupe. La coalition a confirmé le raid mais pas la cible.

L'EI a de plus en plus recours à ces "camions bombes", bourrés de tonnes d'explosifs, dans ses offensives en Irak qui lui ont notamment permis en mai de prendre Ramadi, capitale de la province d'Al-Anbar (ouest).

Alors que les forces irakiennes, soutenues par des milices chiites et des tribus sunnites, tardent à lancer leur contre-offensive pour reprendre Ramadi, le Premier ministre Haider al-Abadi a admis qu'entrer dans la ville était risqué à cause de ces "camions bombes".

Face aux critiques sur la stratégie de la coalition qui n'a pas réussi à empêcher l'EI de prendre Ramadi, le numéro deux de la diplomatie américaine Antony Blinken a défendu son bilan: l'EI contrôle "25% de moins de l'Irak depuis neuf mois", beaucoup de matériel a été détruit et plus de 10.000 jihadistes ont été tués, ce qui "va finir par avoir un effet".


           

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