Syrie: raids russes intenses sur des fiefs rebelles avant le cessez-le-feu


Vendredi 26 Février 2016 - 17:19
AFP


L'aviation russe a intensifié ses frappes sur les bastions rebelles vendredi en Syrie à quelques heures de l'entrée en vigueur attendue d'un cessez-le-feu parrainé par les Russes et les Etats-Unis qui ont tous deux reconnu la difficulté de la tâche dans ce pays morcelé.


Cette trêve entre régime et rebelles, la première du genre en près de cinq ans de guerre, doit commencer à partir de samedi à 00H00 locale (22H00 GMT vendredi) mais son application est très complexe vu les alliances sur le terrain entre insurgés et jihadistes exclus de l'accord du cessez-le-feu.

Le régime de Bachar al-Assad, une centaine de factions rebelles et les forces kurdes ont dit qu'ils respecteraient le cessez-le-feu dans le conflit qui a fait plus de 270.000 morts, déplacé plus de la moitié de la population et déstabilisé le Moyen-Orient et l'Europe avec son lot de réfugiés notamment.

Mais le régime aidé de son allié russe, ainsi que la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis continueront à cibler les groupes jihadistes Etat islamique (EI) et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, qui occupent plus de la moitié du territoire syrien.

Les rebelles syriens sont d'ailleurs très affaiblis par la montée en puissance de ces jihadistes et ne contrôlent plus qu'une partie minime du territoire, notamment près de Damas, à Alep (nord) et à Homs (centre) et dans une partie du sud du pays.

Ce sont ces bastions rebelles que l'aviation russe a violemment bombardés. "Les frappes sont plus intenses que d'habitude sur la Ghouta orientale à l'est de Damas, dans les provinces de Homs et d'Alep", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

- 'Marquer des points' -

Des dizaines de raids ont visé la Ghouta orientale, un important bastion de la rébellion, et les forces du régime bombardent violemment avec obus et roquettes sa principale ville, Douma, où un homme, ses deux enfants, son neveu et une femme ont été tués, selon l'OSDH. "Il y a beaucoup de blessés graves ou sous les décombres".

D'intenses raids ont également frappé Jobar, quartier périphérique de Damas où Al-Nosra est influent. Des colonnes de fumée noire s'élevaient de la zone et le bruit des explosions a été entendu jusqu'au centre de la capitale.

"C'est comme s'ils (Russes et régime) voulaient soumettre les rebelles dans ces régions ou marquer des points avant la trêve", a expliqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

L'application de la trêve devrait être très compliquée, vu que le Front Al-Nosra et les rebelles sont alliés dans plusieurs régions, face au régime. "Les territoires sont très mixtes, notamment à Idleb et Alep", a dit M. Abdel Rahmane.

C'est à Genève, que les tractations vont se tenir pour tenter de finaliser les modalités de la trêve.

Une "task force" regroupant les représentants des 17 pays et organisations et dirigée par Washington et Moscou devait se réunir dans l'après-midi, avant une conférence vidéo à 20H00 GMT de l'émissaire spécial de l'ONU Staffan de Mistura avec le Conseil de sécurité.

Le Conseil de sécurité devrait au même moment adopter une résolution entérinant l'accord de cessation des hostilités, selon des diplomates.

Mais à Moscou, le président russe Vladimir Poutine a voulu insister sur le fait que son pays continuerait, après l'entrée en vigueur de la trêve, sa "lutte implacable" contre l'EI, le Front al-Nosra et les "autres organisations terroristes" sans préciser lesquelles.

Cette mention "d'autres organisations terroristes" va davantage compliquer la donne sur le terrain, vu que le régime Assad comme l'allié russe qualifient de "terroristes" tous les opposants au pouvoir syrien.

D'ailleurs, l'opposition syrienne a mis en garde le régime et ses alliés contre le fait de profiter de l'exclusion d'Al-Nosra pour "poursuivre les hostilités".

- 'Trêve entre Russie et Amérique' -

Pour M. Poutine, un règlement pacifique du conflit sera "difficile"et la trêve est destinée à "créer les conditions pour qu'un tel processus (politique) débute".

Les Etats-Unis, qui eux soutiennent l'opposition à M. Assad, ont dit ne pas se faire "trop d'illusions" sur cette trêve. Le président Barack Obama a averti le régime et Moscou que "le monde regardera" s'ils la respecteraient.

"Toutes les parties (qui se sont engagées) doivent mettre fin aux attaques, y compris les frappes, et l'aide humanitaire doit pouvoir être acheminée vers les zones assiégées", a dit M. Obama alors que des civils sont morts de faim dans certaines zones encerclées.

Aux grandes puissances, s'ajoute la Turquie, un poids lourd régional frontalier de la Syrie qui s'est dit "sérieusement inquiet" de la viabilité du cessez-le-feu. La Turquie, où des F-15 saoudiens sont arrivés pour participer à la campagne anti-EI, bombarde par intermittence les forces kurdes syriennes et estime que la trêve n'est "pas contraignante" pour elle.

Un rebelle syrien à Alep, Abou Rifaat, résume: "C'est une trêve entre la Russie et l'Amérique. Ils nous imposent une trêve et considèrent comme extrémiste et terroriste quiconque ne l'accepte pas. C'est un prétexte pour qu'ils nous bombardent".


           

Nouveau commentaire :


Lire encore sur Hdhod:
< >

Lundi 16 Octobre 2017 - 15:17 Portugal : 27 morts dans des feux de forêts

Actus | Politique | Economie | Chroniques | Cultures | Société | Arts | Livres | Education | Médias | Science | Technologies | Divertissement | Sport | Hdhod


IOS
Anrdoid
Facebook
Twitter
Rss