Vers une redynamisation du secteur agricole marocain : le cas du pôle agro-industriel de Berkane

Centre d’Etudes Internationales
Mercredi 25 Juillet 2012 - 14:10


S’il est vrai que le secteur agricole marocain souffre d’un déficit structurel de croissance, dû, en partie, à une sécheresse de plus en plus endémique et à un manque de visibilité des différentes politiques agricoles mises en œuvre depuis l’indépendance, le secteur demeurait l’ossature principale de l’économie nationale. En effet, à défaut de l’adoption d’une approche systémique, les politiques agricoles n’ont pas su répondre aux problématiques enchevêtrées du développement économique et social, du chômage et de la pauvreté, ayant engendré un exode rural massif, formant, ainsi, une ceinture de précarité autour des principales villes du royaume.


Vers une redynamisation du secteur agricole marocain : le cas du pôle agro-industriel de Berkane
Conscient des enjeux vitaux du secteur, un projet structurant a été lancé en avril 2008, à la veille de l’ouverture, au Maroc, du Salon international de l’agriculture qui se tenait à Meknès. Présenté au roi Mohammed VI, ce projet structurant, baptisé « Plan Maroc Vert », ambitionne de faire de l’agriculture le principal levier de croissance de l’économie nationale dans les dix à quinze prochaines années. Financé principalement par le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, ce plan vise à mettre en œuvre une stratégie d’envergure tendant à relancer l’agriculture marocaine et à l’extirper de sa léthargie. A travers ce plan d’envergure, les pouvoirs publics réaffirment, sans ambages, l’importance du secteur primaire dans le tissu économique du royaume, et leur ferme volonté de le développer conformément aux règles de la bonne gouvernance.

En effet, dans un contexte mondial moribond et en pleine mutation, l’agriculture marocaine devra relever deux défis de taille. D’un côté, il lui faudra atténuer l’exode rural, et de là, démanteler la ceinture de précarité qui entoure les villes marocaines. Ce qui permettra de concourir activement à l’accomplissement de l’ambitieux programme structurant « Villes sans bidonvilles ». De l’autre, exploiter le potentiel de développement que recèle le secteur, en modernisant l’agriculture marocaine « traditionaliste » à travers la création, entre autres, de pôles d’excellence.

C’est dans ce sillage que le Plan Maroc Vert prévoit la création de six agropoles dédiées au secteur agroalimentaire, en vue de renforcer l’offre du secteur. Deux de ces agropoles sont opérationnelles aujourd’hui, l’une étant située à Berkane et l’autre à Meknès. Pour accompagner les choix stratégiques du royaume, les concepteurs du plan ont scellé, notamment, un partenariat avec deux groupes bancaires de renom. Il s’agit en l’occurrence, de la Société de financement pour le développement agricole, filiale du Crédit agricole, et du groupe Attijariwafa bank ayant lancé tous deux des produits bancaires dédiés aux petits agriculteurs. Soucieuses d’accompagner les chantiers structurants lancés par le royaume, les entreprises marocaines ont toujours été au rendez-vous en vue de bâtir un nouveau Maroc, résolument tourné vers un avenir prospère.

Etalé sur une superficie globale de 102 hectares et situé à 12 km de la ville de Berkane, le nouveau parc agro-industriel y concentrera sur un même site plusieurs plateformes affectées au regroupement, à la commercialisation, à la transformation et à la distribution des produits agricoles. Basée sur le partenariat entre l’administration et le secteur privé, l’agropole permet de suivre tout le processus de transformation du produit agricole, de la matière première jusqu’à l’obtention du produit « fini ». D’un investissement de plus de 1,25 milliard de dirhams, le projet permettra la création, à terme, de 5000 emplois directs et d’une dizaine de milliers d’emplois indirects. Outre la position stratégique de l’oriental, situé au carrefour du Maghreb et de l’Europe, les conditions propices, l’importance et la diversité du potentiel agricole et agro-industriel sont autant d’atouts qui font de l’agropole de Berkane une aubaine, non seulement pour la région mais également pour le royaume. Aussi, l’agropole permet-elle la valorisation des filières clés de la région de l’oriental, notamment, l’arboriculture, les cultures maraîchères et la production de viandes rouges et blanches. Ce parc d’envergure accueillera des activités de commercialisation et de distribution des fruits et légumes, des activités de commercialisation de viandes rouges et blanches, un parc industriel pour la transformation des produits agricoles et une zone logistique.

Basé sur des programmes de développement structurants, ce pôle donnera une impulsion forte à l’activité économique et sociale de la région. L’originalité du parc découle, en outre, de sa composition hétéroclite. Dans la mesure où il comprendra une zone de services, un espace dédié à la formation et à la recherche, ainsi qu’une zone commune de support réservée aux activités tertiaires.

A l’image de plusieurs régions du royaume, la région de l’oriental, à travers ce projet, ne constitue pas une exception à la règle d’un Maroc en plein mouvement, résolument inscrit dans le sillage d’une dynamique réformiste d’envergure. Laquelle dynamique fait de l’agriculture un levier de croissance, en mesure d’améliorer les prestations des petits agriculteurs et d’éliminer les disparités sociales qui tendent à en résulter.


           

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