Vive protestation du Maroc contre les propos de Ban Ki-moon sur le Sahara


Jeudi 10 Mars 2016 - 12:11
AA - Khaled Mejdoub


Le gouvernement marocain a publié un communiqué quelques jours après la visite du Secrétaire général de l’ONU en Algérie.


Le Maroc a exprimé ses «plus vives protestations» contre les propos tenus par le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon sur la question du Sahara. 

Le gouvernement du Maroc a publié mardi un communiqué, après la visite, samedi dernier, du Secrétaire général des Nations Unies aux camps des réfugiés sahraouis et en Algérie et ses déclarations faites sur la question du Sahara. 

Dans son communiqué le gouvernement marocain relève avec "une grande stupéfaction les dérapages verbaux, les faits accomplis et les gestes de complaisance injustifiés de Ban Ki-moon, Secrétaire Général des Nations Unies, durant sa récente visite dans la région". 

«Aussi, le gouvernement du Royaume du Maroc exprime les plus vives protestations contre les propos du Secrétaire Général sur la question du Sahara marocain», poursuit le communiqué. 

«Des propos inappropriés politiquement, inédits dans les annales de ses prédécesseurs et contraires aux résolutions du Conseil de Sécurité. Ces propos outrageux blessent les sentiments de l'ensemble du peuple marocain», souligne la même source. 

Le gouvernement marocain relève, «s'agissant aussi bien du déroulement de cette visite, que du contenu des déclarations prononcées, que le Secrétariat Général s'est départi de sa neutralité, de son objectivité et de son impartialité». 

Ban Ki-moon a, ainsi, affiché, selon le communiqué, «ouvertement une indulgence coupable avec un Etat fantoche, dépourvu de tous les attributs, sans territoire, ni population, ni drapeau reconnu». 

Rabat «regrette, en outre, que le Secrétaire Général ait cédé au chantage des autres parties en procédant à des faits accomplis, en violation des engagements et des garanties données au Maroc par ses plus proches collaborateurs [du SG], de s'opposer à toute manipulation de ses déplacements», poursuit la même source. 

«Le Secrétaire Général s'est malheureusement laissé instrumentaliser pour donner crédit à des prétentions fallacieuses des autres parties», poursuit le communiqué. 

Par ailleurs, le gouvernement du Maroc «constate avec stupéfaction que le Secrétaire Général a utilisé le terme "occupation" pour qualifier le recouvrement par le Maroc de son intégrité territoriale, ce qui déroge de façon drastique avec la terminologie traditionnellement utilisée par les Nations Unies s'agissant du Sahara Marocain». 

«L'usage d'une telle terminologie est sans fondement politique ou juridique et constitue une insulte pour le gouvernement et le peuple marocains», relève le dit communiqué.
«Ce type de dérapage sémantique porte dangereusement atteinte à la crédibilité du Secrétariat Général des Nations Unies. Il faut espérer dans l'intérêt du processus de facilitation onusien qu'il ne s'agisse là que d'un lapsus», indique le communiqué. 

Le Maroc «constate avec grande surprise que le Secrétaire Général n'a pas daigné soulever la question des violations massives des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf en Algérie, y compris les cas de trois femmes sahraouies séquestrées depuis plus d'un an, dont il est régulièrement saisi tant par les victimes elles-mêmes, que par les Organisations Internationales des droits de l'Homme» . 

Le gouvernement marocain regrette, enfin, qu' «au moment où le Secrétaire Général projette d'organiser une conférence des contributeurs à l'aide humanitaire aux populations séquestrées dans les camps de Tindouf, il n'a à aucun moment évoqué, lors de sa visite, deux questions préjudicielles» . 

«La première est l'impératif du recensement de ces populations auquel il a lui-même appelé dans plusieurs de ses rapports, et qui est requis tant par le droit humanitaire international, que par toutes les résolutions du Conseil de Sécurité depuis 2011», explique la même source. 

«La seconde est le détournement avéré depuis quatre décennies, de l'aide humanitaire internationale destinée aux populations de ces camps, confirmé par les rapports du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et de l'Office de lutte antifraude de l'Union Européenne (OLAF)», relève le communiqué. 

«Loin d'atteindre l'objectif déclaré du Secrétaire Général durant cette visite, de relancer les négociations politiques, l'ensemble de ces dérapages risque de les compromettre, à quelques mois de la fin de son mandat», conclut le communiqué du gouvernement marocain. 

Ban Ki-moon avait visité, samedi 5 mars, les camps des réfugiés sahraouis en Algérie, discuté avec les réfugiés et affirmé qu’il «ne ménagera aucun effort pour faire progresser les choses afin de parvenir à une solution de l’affaire du Sahara». 

Stépahne Dujarric, porte-parole du Secrétaire Général de l’ONU, avait souligné, lundi, que l’objectif de Ban Ki-moon lors de sa visite était d’évaluer la situation et de contribuer à la recherche d’une solution à la question du Sahara. 

«Ban Ki-moon était affecté et s’est senti coupable de n’avoir pas réagi avant», a insisté le porte-parole. 

Colonie espagnole jusqu’à 1975, le Sahara est un territoire situé, au sud du Maroc, il est disputé par le Maroc et le Front Polisario, appuyé par l’Algérie. 

Un cessez-le-feu a été conclu en 1991 entre les deux parties sous les auspices des Nations Unies, qui maintiennent une Mission sur place, dont le mandat d'organiser un référendum d'autodétermination est renouvelé chaque année, en vertu de la résolution 690 du Conseil de sécurité (avril 1991). 

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