Yémen: cessez-le-feu et pourparlers de paix en Suisse


Mardi 15 Décembre 2015 - 16:49
AFP


Le cessez-le-feu entré en vigueur mardi au Yémen était relativement respecté alors que s'ouvraient en Suisse des pourparlers sous l'égide de l'ONU en vue de mettre fin au conflit meurtrier qui ravage ce pays pauvre de la péninsule arabique.


"Le début d'une cessation des hostilités" est "une première étape cruciale" pour établir "une paix durable dans le pays", a déclaré le médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed en confirmant le début de la trêve de sept jours, éventuellement renouvelable.

Le cessez-le-feu a pris effet à l'heure prévue, à 12H00 locales (09H00 GMT), a indiqué à l'AFP le général de brigade saoudien Ahmed Assiri, porte-parole de la coalition arabe agissant au Yémen.

Conduite par l'Arabie saoudite, cette coalition intervient depuis mars pour aider les forces gouvernementales à reprendre la capitale Sanaa et les régions conquises par des rebelles chiites Houthis, accusés de liens avec l'Iran.

Mais le bruit des armes a continué de manière sporadique après le début de la trêve. Des obus de mortier ont touché des positions des forces gouvernementales au sud de Taëz, troisième ville du pays, où des accrochages ont éclaté par intermittence, selon des sources militaires.

Des résidents de Taëz ont également rapporté des explosions, tandis que des affrontements étaient signalés au nord de Dhaleh (sud) et que deux combattants loyalistes étaient tués par des tirs rebelles au nord de Marib, à l'est de Sanaa, selon des sources militaires.

"Selon les ordres de nos supérieurs, nous ne répliquerons aux tirs des Houthis que s'ils avancent vers nous", a confié un combattant à un cameraman de l'AFP.

Avant la trêve, de violents combats et des raids aériens avaient été signalés sur différents fronts. La coalition arabe a reconquis l'île de Zuqar, en mer Rouge, dans la région du détroit stratégique de Bab al-Mandeb, selon des télévisions saoudiennes.

Le médiateur de l'ONU a exhorté "les différentes parties" à respecter le cessez-le-feu et à "oeuvrer pour un arrêt total et permanent du conflit".

Ce souhait est partagé par la population, qui paie un lourd tribut. "Nous demandons aux protagonistes de faire des concessions (...) car tous les Yéménites veulent désespérement voir le Yémen sortir de cette crise", a ainsi imploré Ali Hassan, un habitant de Sanaa.

La guerre a fait depuis mars quelque 6.000 morts et 28.000 blessés, dont de nombreux civils, et a directement affecté 80% de la population.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vouloir profiter de la trêve pour distribuer de l'aide médicale après avoir obtenu des assurances des belligérants.

- Droit de riposte -

Au vu des échecs passés, des experts restent prudents sur la durée de la trêve et l'issue des pourparlers entre les Houthis et leurs alliés et le camp du président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Le médiateur de l'ONU, qui a réussi à organiser des pourparlers "directs", a cependant affiché son ambition de favoriser "un cessez-le-feu permanent" et "un retour à une transition politique pacifique et ordonnée".

La trêve de sept jours sera "renouvelable automatiquement si l'autre partie (les Houthis et leurs alliés) la respecte", a indiqué le président Hadi. La coalition a d'ailleurs prévenu qu'elle se "réservait le droit de riposter en cas de violation" par les Houthis.

En Suisse, les discussions interyéménites se déroulent loin des caméras, dans un lieu gardé secret. Selon la radio suisse, elles se sont ouvertes dans un hôtel à Macolin, bourgade au nord de Bienne, dans le canton de Berne.

Les parties doivent y discuter d'un "plan" de mise en oeuvre progressive de la résolution 2216 du Conseil de sécurité, qui exige le retrait des rebelles et de leurs alliés, mais aussi de milices, des zones conquises depuis 2014, ainsi que la restitution des armes lourdes à l'Etat, selon une source onusienne.

Issus de la minorité zaïdite (une branche du chiisme), les Houthis, alliés à de puissantes unités militaires restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, se sont emparés depuis juillet 2014 de larges pans du pays, dont la capitale et des provinces du Nord-Ouest, de l'Ouest et du Centre qu'ils contrôlent toujours.

Les forces antirebelles ont reconquis cet été cinq provinces du Sud, dont celle d'Aden, deuxième ville du pays.

La situation est rendue encore plus complexe par l'influence grandissante des groupes jihadistes rivaux Al-Qaïda et Etat islamique (EI), qui ont renforcé leurs positions, en particulier dans le sud du pays.


           

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