Algérie: les dates-clés d'une contestation populaire massive (CHRONOLOGIE)


Samedi 20 Avril 2019 - 12:13
AFP


​Alger - L'Algérie est secouée depuis février par des manifestations massives déclenchées par la candidature à un nouveau mandat d'Abdelaziz Bouteflika, qui se sont transformées en contestation de tout le régime.


Le 22 février, plusieurs milliers de personnes, répondant à des appels sur les réseaux sociaux, manifestent dans plusieurs villes. "Pas de 5e mandat", "Ni Bouteflika, ni Saïd" (frère du président), scandent les protestataires à Alger, où les manifestations sont interdites depuis 2001.

Au pouvoir depuis deux décennies, M. Bouteflika, très affaibli depuis un AVC en 2013, avait annoncé le 10 février qu'il briguerait un 5e mandat.

Le 1er mars, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent à Alger. "Le peuple veut la chute du régime", crient les manifestants. Oran et Constantine manifestent aussi.

Le 3, M. Bouteflika s'engage, s'il est élu, à ne pas terminer son mandat et à se retirer après une présidentielle anticipée.

Le 8, une marée humaine envahit les rues d'Alger. Importante mobilisation dans d'autres villes.

Le 10, M. Bouteflika regagne l'Algérie après deux semaines d'hospitalisation en Suisse pour "examens médicaux". Etudiants et enseignants occupent plusieurs universités.

Quelques jours après avoir présenté l'armée comme la "garante" de la stabilité, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major, déclare que l'armée "partage" les "mêmes valeurs" que le peuple.

Le 11, M. Bouteflika renonce à briguer un 5e mandat, et reporte sine die la présidentielle.

Le Premier ministre est remplacé par le ministre de l'Intérieur Noureddine Bedoui.

Le 15, une foule impressionnante envahit Alger. Des manifestations ont lieu dans 40 préfectures sur 48. Des diplomates évoquent "des millions" d'Algériens dans les rues.

Le 22, les rues du centre d'Alger sont noires de monde. "Dégagez tous!", proclame une banderole.

Le 26, le général Gaïd Salah demande que le président soit déclaré inapte à exercer le pouvoir, en vertu de la Constitution, ou qu'il démissionne.

Le lendemain, le Rassemblement national démocratique (RND), pilier de la majorité au côté du Front de libération nationale (FLN), demande "la démission du président". La principale centrale syndicale apporte son soutien à l'appel du chef d'état-major.

Le 29, nouvelles manifestations monstres.

Le 31, M. Bouteflika nomme un nouveau gouvernement, dirigé par Nourredine Bedoui.

Le 1er avril, la présidence annonce que M. Bouteflika démissionnera avant l'expiration de son mandat le 28 avril.

Mais le 2, le général Gaïd Salah demande que soit "appliquée immédiatement" la procédure constitutionnelle permettant de l'écarter.

Peu après, M. Bouteflika, 82 ans, démissionne.

Le 5, les Algériens descendent en masse dans la rue, déterminés à se débarrasser du "système". Les protestataires appellent au départ des "3B", Abdelkader Bensalah (président du Conseil de la Nation, chambre haute), Tayeb Belaiz (président du Conseil constitutionnel) et Noureddine Bedoui.

Le 9, Abdelkader Bensalah est nommé président par intérim. Les partis d'opposition boycottent la réunion du Parlement.

A Alger, des milliers d'étudiants protestent. La police tire des grenades lacrymogènes et fait usage de canon à eau.

Le directeur de l'Agence France-Presse (AFP) à Alger, Aymeric Vincenot, est expulsé par les autorités qui refusent de renouveler son accréditation.

Le 10, la présidentielle est fixée au 4 juillet.

Le 12, un cortège monstre défile à Alger pour réclamer le départ d'Abdelkader Bensalah. Des centaines de jeunes affrontent la police.

Le 16, le président du Conseil constitutionnel Taïeb Belaiz, fidèle de l'ex-président Bouteflika, démissionne.

Le général Gaïd Salah réitère l'importance d'une transition dans le cadre institutionnel actuel, rejetée par les manifestants, tout en faisant savoir que "toutes les options restent ouvertes". Il déclare que l'armée ne tournera pas ses armes contre le peuple.

Des dizaines de milliers d'étudiants manifestent à Alger, mais aussi à Oran, Constantine, Annaba ou Béjaïa. "Le peuple veut qu'ils partent tous", clament les étudiants.

Le 19, une foule immense remplit les rues du centre d'Alger, pour un 9e vendredi consécutif de manifestations, réclamant le départ de l'ensemble de l'appareil lié au président déchu. Des cortèges massifs sont signalés dans le reste du pays.


           

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