Après la supervision bancaire, les Européens s'engagent sur la croissance


Vendredi 19 Octobre 2012 - 14:58
AFP


Bruxelles - Les dirigeants européens se sont engagés vendredi à accélérer la mise en oeuvre des mesures pour la croissance et l'emploi, alors que l'austérité fait des ravages, après s'être engagés la veille à instaurer en 2013 le mécanisme clé de supervision des banques de la zone euro.


Francois Hollande et Antonis Samaras, Herman Van Rompuy et Elio Di Rupo
Francois Hollande et Antonis Samaras, Herman Van Rompuy et Elio Di Rupo
Dans les conclusions du sommet qui s'est achevé à la mi-journée, les chefs d'Etat et de gouvernement rappellent qu'il est "essentiel que l'Union européenne fasse sans délai tout ce qui est en son pouvoir pour mettre en oeuvre les mesures qui ont été décidées d'un commun accord ces derniers mois en vue de relancer la croissance, l'investissement et l'emploi, de rétablir la confiance et de rendre l'Europe plus compétitive".

Le président français, François Hollande, qui avait insisté pour obtenir le pacte de croissance doté de 120 milliards d'euros sur lequel les Européens se sont mis d'accord en juin, a insisté vendredi pour ne "pas perdre de temps" dans sa mise en oeuvre.

La réaffirmation de ces engagements intervient sur fond de fronde sociale grandissante face à l'austérité imposée dans plusieurs pays d'Europe, notamment pour rétablir les finances publiques plombées par la crise de la dette. Une grève générale et des manifestations ont été organisées jeudi en Grèce, au premier jour du sommet.

Toujours dans l'esprit de soutenir la croissance, la Commission va lancer la semaine prochaine le processus pour instaurer la taxe sur les transactions financières sous forme de coopération renforcée. Elle a reçu les lettres en ce sens de 10 pays, a indiqué M. Hollande. Il en fallait neuf pour que le processus, soutenu par la France et l'Allemagne, puisse démarrer.

La réunion de vendredi matin n'a pas duré plus de deux heures, après une longue nuit de discussions sur la supervision bancaire, étape clé dans la stratégie européenne de sortie de crise, qui a débouché sur un compromis franco-allemand.

Les Européens se sont engagés à mettre en oeuvre ce mécanisme en 2013 comme le souhaitait la France, mais de manière progressive, selon les voeux de l'Allemagne. Il a aussi été décidé lors du sommet que la supervision unique s'appliquerait à toutes les banques de la zone euro. Cela faisait l'objet de débat jusque-là, l'Allemagne ne souhaitant pas que les petites banques régionales soient concernées.

Le calendrier choisit éloigne la possibilité pour Madrid de bénéficier d'une recapitalisation directe de ses banques par le pare-feu de la zone euro, le MES, car le mécanisme de supervision unique doit être "effectif" pour qu'elle puisse avoir lieu.

De plus, il n'y aura "pas de recapitalisation directe à titre rétroactif", a pris soin de préciser la chancelière allemande, Angela Merkel, qui s'est défendue d'avoir cherché à retarder sa mise en oeuvre pour des raisons de calendrier électoral en Allemagne.

L'Espagne semble faire contre mauvaise fortune bon coeur. "Je suis très content", a déclaré dans la nuit le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, se disant satisfait que la supervision bancaire ait avancé "dans la bonne direction".

La situation de la Grèce a été évoquée à la marge: les dirigeants de la zone euro ont "salué les progrès" du pays, dans un communiqué laissant entendre qu'Athènes va obtenir sans tarder de ses créanciers (UE, BCE et FMI) la tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros dont elle a un besoin urgent.

Vendredi matin, Mme Merkel a eu un entretien bilatéral avec son homologue grec, Antonis Samaras, pour aborder "la mise en oeuvre des réformes". François Hollande doit se rendre prochainement à Athènes.

Quant à la proposition de Mme Merkel de doter d'un droit de véto sur les budgets nationaux le commissaire européen aux Affaires économiques, elle a fait un flop auprès des autres dirigeants européens.

"Nous avons un commissaire chargé des affaires économiques et financières, il ne semble pas utile d'ajouter de nouveaux mécanismes ou un super-commissaire", a estimé le chef du gouvernement italien, Mario Monti.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, s'est dit par ailleurs prêt à mettre son veto au projet de budget pluriannuel 2014-2020 de l'Union européenne s'il prévoyait des hausses de dépenses "inacceptables", laissant augurer de longues et difficiles négociations lors du sommet extraordinaire des 22 et 23 novembre.


           

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