Bourse: Euronext pourrait être valorisé jusqu'à 1,75 milliard d'euros


Mardi 10 Juin 2014 - 10:56
AFP


L'opérateur boursier américain ICE a lancé mardi l'introduction en Bourse de sa filiale européenne Euronext, qui pourrait être valorisée dans l'opération jusqu'à 1,75 milliard d'euros.


Euronext, qui chapeaute les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne, va retrouver son indépendance après avoir été acquis en 2007 par le NYSE, le gestionnaire de la Bourse de New York.

NYSE Euronext a été racheté à son tour par son concurrent américain ICE (InterContinentalExchange) en 2013, mais ce dernier n'était pas intéressé par ses activités européennnes.

Selon un communiqué publié mardi par ICE, les actions seront proposées dans une fourchette de prix comprise entre 19 et 25 euros, ce qui valorise Euronext entre 1,33 milliard et 1,75 milliard d'euros.

Cette valorisation est conforme aux différentes estimations des analystes qui circulaient jusqu'à présent.

Le périmètre mis en Bourse correspond à celui de l'ancienne société Euronext indépendante, moins son activité londonienne de dérivés Liffe, conservée par ICE qui souhaite se renforcer dans ce secteur très concurrentiel à l'échelle mondiale.

En tout, ce sont entre 880 millions d'euros et 1,16 milliard d'euros qui seront effectivement levés puisque l'américain ICE confirme qu'un noyau dur d'actionnaires, qui s'est engagé à garder les titres pendant trois ans, va acquérir de son côté 33,36% des actions d'Euronext avec une décote de 4% par rapport au prix de l'introduction en Bourse.

Figurent parmi eux les banques BNP Paribas (et sa filiale belge Fortis) et Société Générale, la Caisse des dépôts (CDC) et sa filiale Bpifrance, bras financier de l'Etat français, ainsi que la chambre de compensation Euroclear. Les sociétés portugaises Banco Espirito Santo et BPI Vida e Pensões, néerlandaises ABN Amro et ASR Nederland, ainsi que la holding publique belge SFPI rejoindront également ce noyau dur.

La composition de ce groupe d'actionnaires a donné lieu à d'importants tiraillements entre les gouvernements et les banques, irritées par l'instauration d'une taxe européennes sur les transactions financières susceptible d'affecter l'activité et la rentabilité futures d'Euronext.

Par ailleurs, deux investisseurs institutionnels, le groupe d'énergie français GDF Suez, dont le PDG Gérard Mestrallet est également président de l'association de défense de la place financière parisienne Paris Europlace, ainsi que le bancassureur néerlandais KBC, se sont engagés à acheter environ 2% des actions lors de l'opération.

Orange ne fait pas partie de ces investisseurs, alors que l'opérateur télécoms avait pourtant confirmé son intention de participer à l'opération.

"Nous sommes ravis de lancer l'introduction en Bourse d'Euronext avec un tel engagement d'institutions de référence en Europe. (...) Notre rôle de soutien à l’économie réelle européenne sera renforcé par notre indépendance", a déclaré Dominique Cerutti, directeur général d'Euronext, cité dans le communiqué.

- Un paysage boursier européen redessiné -

L'opération débute ce mardi et s'achèvera le 18 juin pour l'offre au public (en Europe) et le 19 juin pour le placement privé (dans d'autres pays comme les Etats-Unis).

Le résultat de l'introduction en Bourse sera connu le 19 juin pour une première cotation prévue à la Bourse de Paris, Amsterdam et Bruxelles le 20 juin.

Le régulateur néerlandais des marchés a approuvé vendredi le prospectus d'introduction en Bourse d'Euronext, société enregistrée aux Pays-Bas.

Redevenue indépendante, Euronext entend se développer sur ses activités historiques au comptant, mais également sur les dérivés (le groupe conserve le contrat à terme sur le blé) et les services d'information.

Le groupe veut par ailleurs réaliser des économies de coûts d'environ 60 millions d'euros d'ici trois ans afin de pouvoir dégager un taux de croissance annuel du chiffre d'affaires d'environ 5% à moyen et long terme et une marge brute d'exploitation d'environ 45%.

Cette introduction en Bourse va redessiner le paysage boursier européen, qui sera désormais dominé par trois groupes: Euronext, Deutsche Boerse (Bourse de Francfort) et le London Stock Exchange (Bourses de Londres et de Milan).


           

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