Des opposants vietnamiens accusent Facebook d'aider le régime de Hanoï


Mardi 10 Avril 2018 - 12:22
Reuters


Hanoï - Des défenseurs des droits de l’homme vietnamiens et des groupes de presse indépendants ont écrit à Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, pour lui demander si, par certaines de ses pratiques, le réseau social qu’il dirige n’aide pas le pouvoir communiste vietnamien à réprimer la dissidence.


Rendue publique mardi par le groupe de défense des droits de l’homme Viet Tan (basée aux Etats-Unis) et signée par près de 50 autres associations, la lettre estime que la pratique de Facebook consistant à retirer automatiquement un contenu s’il se trouve un nombre suffisant de personnes pour s’en plaindre risque de “réduire au silence les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes citoyens au Vietnam”.

Malgré de profondes réformes économiques et une ouverture grandissante envers les changements sociaux, dont les droits des communautés homosexuelle, lesbienne et transgenre, le Parti communiste vietnamien exerce toujours une censure stricte sur les médias et ne tolère aucune critique.

L’an dernier, les autorités ont mis en place une cyber-unité chargée de surveiller le réseau internet, la “Force 47”, qui compte 10.000 agents.

Pour les auteurs de la lettre ouverte à Mark Zuckerberg, la Force 47 est une armée de “trolls sponsorisés par l’Etat” qui tire parti des pratiques de Facebook et qui dissémine de fausses informations sur les défenseurs des droits.

Le gouvernement vietnamien a déclaré que Facebook s’était engagé à coopérer avec lui pour empêcher que les contenus qui enfreignent les lois vietnamiennes n’apparaissent sur sa plate-forme. Facebook, selon Hanoï, s’est engagé aussi à éliminer les faux comptes et les faux contenus relatifs à de hauts responsables gouvernementaux.

A en croire les défenseurs des droits vietnamiens, la fréquence des retraits effectués par Facebook s’est accrue et le réseau social n’a pas rétabli les comptes et leurs contenus, depuis qu’une de ses responsables, Monika Bickert, a rencontré l’an dernier le ministre vietnamien de l’Information, Truong Minh Tuan.

Ce mois-ci, un défenseur des droits de l’homme, Nguyen Van Dai, a été condamné à une peine de 15 ans de prison au Vietnam pour avoir “cherché à renverser le pouvoir populaire”. Cinq autres opposants ont écopé de peines allant de sept à 12 ans de réclusion.


           

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