Egypte: deux acteurs critiquent Sissi et le soutien de la France


Mercredi 17 Avril 2019 - 11:37
AFP


Paris - Deux acteurs vedettes égyptiens, Amr Waked et Khaled Abol Naga, ont dénoncé mardi à Paris la réforme constitutionnelle qui doit être votée mardi par le Parlement égyptien et critiqué le soutien de Paris au président Abdel Fattah al-Sissi, accusé de graves violations des droits humains.


"Ces amendements (constitutionnels) font revenir l'Egypte à une dictacture digne du Moyen-Âge", a déclaré Amr Waked lors d'une conférence de presse dans les locaux de la Ligue des Droits de l'Homme à Paris. 

"Où est la stabilité dans un pays qui emprisonne des enfants (..) qui maltraite et qui tue ?", a renchéri Khaled Abol Naga, en racontant l'histoire d'un jeune de 11 ans emprisonné pour avoir porté un t-shirt arborant l'inscription "un pays sans violence". 

Les deux acteurs, connus pour leurs critiques du pouvoir égyptien, sont interdits d'exercer dans leur pays et vivent à l'étranger. Suivis par des millions d'abonnés, ils ont joué dans plusieurs films et séries télévisées en Egypte et à l'étranger. 

Le parlement égyptien doit octroyer mardi la possibilité au président Abdel Fattah al-Sissi, réélu en 2018, de rester au pouvoir jusqu'en 2030. A ce jour, la Constitution limite le nombre de mandats à deux, de quatre ans chacun. 

Des défenseurs des droits de l'Homme redoutent aussi que cette réforme constitutionnelle ne musèle le pouvoir judiciaire. 

L'Egypte connaît un "glissement vers une forme de totalitarisme", avec une "prise de contrôle simultanée de l'appareil d'Etat, de la société et des individus", a estimé la chercheuse Claire Talon, ancienne directrice du burau Moyen-Orient de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH). 

"Ces amendements vont permettre au régime militaire de mettre sous tutelle l'intégralité du régime juridique, judiciaire", a-t-elle déploré, en évoquant le "droit de nomination" du président, notamment du procureur général, ou "l'élargissement de la compétence des tribunaux militaires, dont celle pour juger des civils". 

Les deux acteurs en ont appelé à "l'esprit de Tahrir", en référence à l'épicentre de la révolte contre la présidence d'Hosni Moubarak en 2011 au Caire, et au Printemps arabe en pleine résurgence en Algérie et au Soudan. 

"Le régime ne voit comme solution que la main de fer (...) mais le Printemps arabe est toujours vivant", a lancé Khaled Abol Naga. 

Ils ont aussi mis la France en garde contre son soutien appuyé à Abdel Fatah al-Sissi, au nom de la stabilité régionale et de la lutte contre le terrorisme, même si le préident français Emmanuel Macron a publiquement soulevé la question des droits de l'Homme lors de sa visite en janvier au Caire. 

"Si vous pensez que les dictatures instaurent la stabilité, pourquoi n'êtes-vous pas une dictature? Il n'y a pas de stabilité dans un environnement d'oppression", a affirmé Amr Waked. 

"N'attendez pas l'explosion et qu'il soit trop tard. L'Egypte va se libérer et tout partenaire de cette oppression va le payer cher", a-t-il averti. 


           

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