Evaluations des élèves: les notes restent, d'autres arbitrages en avril


Vendredi 13 Février 2015 - 16:26
AFP


La suppression des notes jusqu'en 6ème n'aura pas lieu: Najat Vallaud-Belkacem écarte cette recommandation de la Conférence nationale sur l'évaluation des élèves, dont le jury remet sa copie vendredi, et arbitrera sur les autres préconisations en avril.


Evaluations des élèves: les notes restent, d'autres arbitrages en avril
La ministre de l'Education nationale et le président de la République ont toujours dit qu'"une suppression des notes chiffrées n'était pas à l'ordre du jour", a-t-on fait valoir rue de Grenelle, précisant que l'objectif était d'aboutir à une évaluation "plus fine, plus exigeante" mais qui "ne décourage pas" les élèves.

Dans la pratique, les écoliers sont souvent déjà évalués autrement (lettres, codes couleurs...) et les élèves notés sur 20 à partir de la 6e.

La Conférence sur l'évaluation des élèves, organisée les 11 et 12 décembre, avec des témoignages d'experts et enseignants innovants, avait été lancée par l'ancien ministre Benoît Hamon qui espérait atteindre un "consensus" sur un sujet pourtant polémique. Cette conférence s'inscrit dans le sillage de la loi sur l'école de Vincent Peillon prônant une "évaluation bienveillante".

"La question n’est pas de savoir si l’évaluation telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée est trop sévère ou trop laxiste, mais de regarder si l’on peut - ou si l’on ne peut pas - trouver des moyens de rendre les pratiques d’évaluation plus efficaces, plus adaptées et plus motivantes, le but étant de susciter et d’encourager le désir d’apprendre chez tous les élèves, quel que soit leur niveau et leur environnement social et familial", explique le rapport du jury. Composé pour moitié d'usagers de l'éducation et pour moitié de professionnels, le jury est présidé par le physicien Etienne Klein.

Il recommande notamment une bonne distinction entre l'évaluation "formative", celle qui intervient en cours d'apprentissage, et l'évaluation "sommative" qui permet de vérifier les acquis des élèves.

L’évaluation sommative, régulière mais moins fréquente que l'évaluation formative, "interviendrait à des moments précis" correspondant à des "points d’étapes". Son calendrier serait "préalablement connu de tous les acteurs concernés et elle serait adaptée s’il apparaissait que les besoins particuliers des élèves le nécessitent", notamment pour les élèves handicapés, indique le rapport.

- L'erreur, 'combustible même de la formation' -

Si un élève "réalise une mauvaise +entrée en matière+, celle-ci ne devrait pas peser sur l’évaluation finale de ses acquis dès lors qu’il finit par parfaitement atteindre les objectifs", fait valoir le jury, pour qui l'erreur est "le combustible même de la formation".

Dans cet esprit, il plaide pour un "contrat de progrès individuel" grâce à la création d'un "livret national et numérique de suivi de cycle", permettant d'identifier notamment les niveaux de maîtrise, d'organiser les apprentissages et la meilleure façon d'y parvenir.

Constatant "des usages très hétérogènes de la notation" (fréquence des notes, prise en compte ou pas des devoirs à la maison...), le rapport prône une "harmonisation" pour que "la place et le rôle de la notation soient semblables dans tous les établissements".

Outre la suppression des notes chiffrées jusqu'en 6e, qui ne sera donc pas suivie d'effet, le jury prône, de la 5e à la 3e, des grilles de références avec des niveaux et un livret de suivi, retirant ainsi "toute pertinence au principe de moyenne". Plus question donc de compenser un 5 en français par un 15 en maths. L'oral, la conduite de projets ou des travaux collectifs devraient être pris en compte.

Au lycée, le rapport évoque une "notation plus traditionnelle", en "préservant cependant le lien avec les compétences, la distinction entre évaluation formative et sommative, et une certaine prudence vis-à-vis du principe de moyenne".

Alors qu'en matière d'évaluation "chacun croit être spontanément compétent", il faudrait aussi sensibiliser les enseignants aux biais qui ont été démontrés par la recherche, lors de leur formation initiale comme continue.

Les méthodes et critères utilisés pour évaluer devraient enfin être clairement expliqués aux familles, en tenant compte de leur diversité.


           

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